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26 mars 2013

Printemps quand viendras-tu ? - faire des jeux en famille

Il se fait attendre, cette année, le printemps... Les arbres sont montés en sève, quelques bourgeons se sont développés, mais les feuillages vert tendre tardent à apparaître et les rayons du soleil sont bien chiches... Familles, nous sommes tous au bord de la crise... de nerfs ? L'épuisement vous gagne ? En attendant ces journées pleines de soleil et de douceur apaisante, je vous propose deux astuces pour tenir bon encore un peu :









Jouer en famille, à des jeux qui vous rassemblent ou vous ressemblent...
Ici, en ce moment, nous affectionnons particulièrement ces jeux :

- jeu du dictionnaire (de 8 à 100 ans et plus ) :  il faut savoir écrire et lire, ce jeu développe l'imagination, l'écriture, l'orthographe, la cohésion aussi...il suffit d'un dictionnaire, d'une feuille de papier chacun, et d'un crayon chacun, c'est tout !

- poker (de 6 ans pour certains (notre plus jeune miss n'a pas encore ses 6 ans, mais se débrouille plutôt bien, le plus dur étant de miser raisonnablement quand il le faut) à 100 ans  - Note : nous ne misons que des jetons, voire des gourmandises de temps en temps, jamais autre chose : le plaisir de passer un bon moment ensemble avant tout ! - et j'ai horreur des jeux d'argent de toutes les façons...) : il faut un jeu de 52 cartes, une table... et le sourire se déride tout seul ( attention à ne pas trop titiller ceux qui n'aiment pas du tout perdre, sinon le jeu se terminera sans doute en grognements, mais sinon, il déride toute la famille - par contre, selon l'ambiance, il peut finir en déploiements de joie ou bien dans la détente simple).

- chromino ( de 3 à 5 ans en version dominos simples, et de 5 à 100 ans et plus en version normale chromino) : un sorte de variante plaisante de dominos avec des couleur, mais bien plus enrichissante que le jeu des dominos à mon avis. Il faut le jeu... et une table.

- triomino (de 4 ou 5 ans à 100 ans et plus) : Il faut soit le jeu tout fait, soit le fabriquer en DIY avec de la plinthe de bois, un peu de peinture, un pinceau et un zest de patience... (une autre fois pour les liens qui ont permis à mon chéri de fabriquer ce jeu maison).

- belote (bon, un peu plus compliqué pour les moins de 10 ans, celui-là, mais jouable de 9  à 100 ans et plus) : ils aiment bien aussi, mais il faut penser à conserver un tableau ou un grand carton avec les valeurs des cartes inscrites selon atout ou sans ... Pas le jeu à présenter en premier, car il demande de bien connaitre les cartes...

- dessiner en famille : ici, ils adorent encore plus que de dessiner chacun de son côté ! ( pas d'excuse de ne pas savoir dessiner : faire ce qui nous fait envie suffit avec le fait de passer un moment calme ensemble !)

- se lancer dans un bricolage à plusieurs mains ou dans la confection d'un gâteau ou d'un plat que tout le monde apprécie !

- ils aiment souvent créer ensemble - sans nous mais pour nous - des pièces de théâtre ou des spectacles... mais à eux de trouver le contenu sinon le plaisir n'y est plus !

(allez, d'autres une autre fois !)

Une autre piste pour chacun, mais en solo, cette fois (chacun à tour de rôle) : faire le plein de belles images sur la toile ou dans de beaux livres... ça ne remplacera jamais le soleil, mais ça fait du bien, en tous les cas, ça marche pour moi : moins d'énervements à la clé !

Je ne sais pas où vous dénichez les vôtres, moi je les trouve sur de beaux blogs et aussi je les rassemble pour mieux en profiter - sans faire déborder la mémoire de mon pc - sur pinterest ici.

Image  : Inspire me now beast pillow (suivre le lien)


Si vos batteries sont suffisantes, ensuite, la lecture d'un bon livre, ou la relecture d'un livre que vous avez beaucoup aimé: un bon bol de bien-être en plus ! C'est bien plus efficace et durable qu'un film, à moins de s'émerveiller devant un chef d'oeuvre (positif) - auquel cas, c'est aussi efficace !

Bon, je file : le branle-bas du matin entame sa deuxième phase ...

27 janv. 2013

Panier de saison : janvier

Pour ne plus s'énerver après les fruits et légumes et autres aliments qui ne sont pas toujours de saison dans les supermarchés, marchés et ailleurs... je vous ai enfin préparé la fiche du panier de saison du mois de janvier, à imprimer et à conserver sur le réfrigérateur ou en évidence quand on prépare sa liste de courses. (Enfin, c'est comme ça que je la trouve la plus pratique) 

Source image : laprovence.com
source image : teafolie.fr
Comment ça vous ne faites pas de liste de courses ? Et les menus alors ?!  

Mais si, ça simplifie tellement la vie...





Allez, si ce n'est pas déjà fait, je suis sûre que vous allez pouvoir vous y mettre grâce aux paniers de saison - et un petit tour pour vérifier vos fonds de placards ! 


 Il n'y a plus qu'à chercher quelques idées de recettes ou à s'inspirer de celles qui contiennent les aliments de saison. 

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janvier


fruits
légumes
poissons
viandes
    Ananas
    Avocat
    Banane
    Citron
    Clémentine(fin) Datte
    Fruit de la passion Goyave Grenade
    Kaki
    Kiwi  
    Kumquat
    Litchi
    Mandarine
    Nashi 
    Noix
    Orange
    Orange sanguine Pamplemousse
    Poire
    Pomme Rhubarbe

    (les fruits en italique ne sont pas produits en Europe)
    Ail 
    Betterave Blette ou carde 
    Brocoli Carotte
    Chou blanc
    Chou de Bruxelles
    Chou frisé
    Chou rouge
    Chou-chinois
    Cerfeuil
    Céleri  
    Courge (fin) Cresson Crosne Échalote
    Endive Fenouil
    Mâche  
    Navet
    Oignon
    Panais
    Poireau
    Pomme de terre 
    Potiron (fin) Radis noir
    Salsifis
    Topinambour
Recommandés :
maquereau
sardine
carpe
rouget grondin
tanche
truite bio

Valables :
dorade
rascasse

bar de ligne, loup
calmar, seiche, poulpe

coques
huîtres

coquilles saint-jacques

Occasionnellement
rouget barbet
sandre
saumon du pacifique

saumon élevage bio
thon germon
agneau
bœuf
chapon
dinde

lapin
mouton
porc
poule
oie

Sources principales :
ecoloinfo.com
terrevivante.org/102-quels-poissons-consommer-.htm

Bon appétit !

21 janv. 2013

Ateliers Troc et DIY

Bricolage et troc en famille

Ateliers Récup Recyclage : partageons nos idées et/ou nos techniques !
Ateliers troc : troquer nos tissus et plus pour la famille
Ateliers DIY  : partager nos techniques et idées pour faire soi-même...
 
 réservé aux adhérents
gratuit

 Dates à proposer et convenir ensemble
Ateliers à partir de 3 inscrits 

Idées ateliers : 
 - fabrique de boîtes (en carton) pour tout ranger et décorer
- yaourts maison
- "guirlande" DIY déco de chambre, salon, cuisine... 
- vaporisateur ménager "magique" avec ce que tu as dans ton placard !
-  pâte à pizza maison (en Machine A Pain ou non)
- lingettes lavables (avec Machine à coudre ou non) 
- marionnettes faciles
- couds tes habits de poupée avec de la récup de tissus, vêtements... (avec ou sans Machine A Coudre)
-  comment planter dans un potager en carrés
- 
etc... 
................................................................................................................
Ateliers débutants et plus en couture 
 avec l'association Femme et Vie locale (partenariat) :  
sur demande (réservé aux adhérents) jeudis après-midi uniquement (sans enfant), dates sur demande.

2 janv. 2013

2013

Nouvelle année, le moment plus particulièrement de faire le point, de se remettre en cause, de se projeter et de s'efforcer de faire toujours mieux... Pour tous ceux qu'on aime !
Alors bonne mise au point et heureuse année à tous !

Source Pinterest : Julie Finn crafting a green world : DIY
Retrouvez quelques idées et inspirations sur Pinterest avec Poussière d'étoiles.

19 oct. 2012

Halloween - Petites douceurs faites maison à partager

 Aujourd'hui, je vous propose de sortir des sentiers convenus présentant bonbons et sucreries pleines de colorants et adjuvants chimiques plus ou moins négatifs pour nos enfants comme pour nous même s'ils sont faits pour y revenir... pour faire et partager (et manger, cela va de soi) ces quelques trouvailles simples à réaliser et très tentantes !
A faire pour la plupart et consommer avec tous les petits et grands gourmands ! Vous en surprendrez plus d'un !


Petites citrouilles fruits tirées du site Bluskies : c'est le tout début de saison pour ces fruits mais on craque devant cette ravissante idée gourmande pour accompagner ou remplacer les sucreries qui nous consolent des temps pluvieux et sombres... 


Pommes d'amour au caramel (plutôt qu'avec des tas de colorants) du site allrecipes : une tradition anglo-saxonne facile à faire aussi et qui en ravira plus d'un...


Maïs soufflé d'Halloween du site Recettes du Quebec  (par contre on peut remplacer le beurre d'arachide par ce qui nous conviendra le mieux à chacun ; pour ce qui est des bonbons en forme de maïs, je sèche, et vous ?) Etrange je me demande ce que donne le goût combiné des pop corn avec celui des chamallows... à tester aussi !

Fantômes à la meringue de l'Halloween du même site Recettes du Quebec : encore une fois tout simple, qui  nous fait saliver d'avance et trop craquant !


Les doigts de sorcières (sanglants ou pas, à vous de voir) étant pas mal non plus, je n'ai pas résisté à vous proposer cette troisième recette du même site ^^ Le nom de ces biscuits fait frémir mais j'en mangerait bien un ou deux moi...

Dur dur de trouver des recettes salées représentant visuellement Halloween, mais j'en ai trouvé une de sympa : 

Les petits feuilletés spécial Halloween viennent du site chespike. L'avantage est qu'elle est très facile à agrémenter à son goût, l'inconvénient est que sans l'emporte-pièce correspondant, ça doit prendre un temps fou...

Et vous, avez-vous quelques recettes faciles, sympas et délicieuses à partager ?
Allez, ce n'est pas tout, mais cela m'a donné faim ! Bon appêtit !

4 mai 2012

Le yoga des petits en famille ou en classe

Les enfants, qu'ils soient petits ou grands adorent pour la plupart les massages, mais parfois on ne se sent pas disponibles, les uns comme les autres ; alors on peut quand même prendre au moins cinq petites minutes (ou plus) pour une gym rigolote et toute douce avec les enfants !
Le livre "Le Yoga des petits" est simple, court, et très adapté pour les bambins et les enfants , que l'on ait envie de les initier au yoga ou tout simplement comme moi de passer un moment agréable ensemble , sans impératifs, juste pour le plaisir !
On peut commencer vers deux ans (testé ici) et même les grand(e)s de plus de dix ans apprécient (pas plus de quelques minutes, mais l'essentiel est bien de passer un vrai moment ensemble, non ?)  ; donc de 2 ans /2 ans et demie à 9-12 ans , c'est vraiment chouette, même s'il est d'abord proposé pour les 2-6 ans, le faire ensemble change tout !
Le livre présente une séance complète à suivre, si on le souhaite...

Nos préférés ici : "Petit yogi ... tire la langue comme un lion : "Haaa". Petit yogi ... fait le dos rond comme un chat (...) Petit yogi... se pelotonne comme une souris qui dort." sans oublier la grenouille ...

 «Douce et jolie invitation pour découvrir et initier les tout-petits au yoga. Des postures simples, faciles à imiter grâce aux jolies illustrations pleine page : les postures ayant des noms d'animaux, ceux-ci sont représentés en regard de chaque position. Peut-être des débuts d'histoires à inventer entre l'enfant et l'adulte qui feront ensemble cette expérience. À la fin de l'ouvrage, des conseils aux parents et aux éducateurs sur les bienfaits du yoga sur la concentration, la coordination et l'assurance chez les petits... Calme et détente en toute liberté seront au rendez-vous, au gré des pages de ce petit livre bien agréable à utiliser» ("La Revue des livres pour enfants").

«L'auteur de cet ouvrage, maman de trois jeunes enfants, pratique et enseigne le yoga depuis belle lurette. L'idée de ce livre lui est venue de sa fille
Scarlett qui essayait de l'imiter lorsqu'elle donnait ses cours. Le résultat est un album ludique qui propose dix positions faciles de yoga et des conseils simples aux parents. Ne pas rater la double page de photos à la fin du livre, où l'on admire les petits yogis en action. Aussi irrésistible qu'intelligent» ("Psychologies").

 «Des conseils avisés aux parents et éducateurs ponctuent l'amusante séance illustrée que la description rapide des postures précise avec une simplicité éclairée» ("Top nature").

«Une idée originale et peu traitée» ("ricochet-jeunes.org").

«Inédit!... Cette initiation au yoga est délicieusement illustrée» ("Famille et éducation").
 «Une introduction simple et attrayante au yoga» ("L'École des parents").

«Avec ses adorables dessins, ses conseils simples et judicieux, ses photos précises, cet album est une invitation irrésistible à initier au yoga les tout-petits (et les plus grands), tout en s'amusant» ("Le Journal des professionnels de la santé").


L'éditeur propose également la version pour s'endormir , que je n'ai pas encore testé : et vous?

Le mot de la fin : J'aime ce livre pour se recentrer en famille simplement et sans prétention, avec plaisir et tendresse !

Une petite pause toute douce pour les Vendredis Intellos !

21 avr. 2012

Mon panier de saison en Avril

Pour trouver quels menus ou repas faire en cette saison où nous attendons impatiemment les beaux jours qui se font désirer, rien de mieux que le tableau des aliments de saison : allez, bientôt les premiers fruits et légumes primeurs !



AVRIL


fruits légumes poissons et fruits de mer viandes fromages
Ananas (c'est la fin)
Avocat
Banane
Citron
Fraises (c'est le début)
Kiwi
Litchi
Mandarine
Mangue
Orange
Orange sanguine
Pamplemousse
Papaye
Pomme

Les fruits en italique ne sont pas produits en Europe





Asperges (début)
Betterave
Blette ou Bette
Carotte
Chou blanc
Chou rouge
Chou-fleur
Chou Chinois
Champignon de Paris
Céleri
Echalotte
Endive
Epinard
Fenouil
Laitue
Navet
Oignon
Oseille
Patate douce
Petit pois (début)
Poireau
Pommes de terre nouvelles
radis (début)
Romaine
Rutabaga
Salsifis
Topinambours
Recommandés :
hareng
sardine
tanche
truite bio

Valables :
moules
coquilles saint-jacques
lieu noir

Occasionnellement :
saumon du pacifique
saumon élevage bio
Agneau
pigeon
veau

Brie
Brillat-savarin
Broccio
Camembert
Cancoillotte
Coulommiers
Feta
Gorgonzola
Mascarpone
Mimolette
Morbier
Parmigiano reggiano
Roccamadour
Roquefort
Saint-Félicien
Sainte Maure
Selles-sur-cher
Valançay

Rappel : les poissons et fruits de mer proposés le sont en fonction des espèces qui ne sont ni en voie de disparition ni trop polluées ! source : terre vivante quels-poissons-consommer

A vos assiettes !

23 mars 2012

Les apprentissages autonomes Partie 2 - Solutions concrètes et pistes pour aider les enfants et adolescents à apprendre


La semaine dernière nous avons vu comment « les enfants transforment leur expérience en connaissance », exactement comme le chercheur ou le scientifique (mais contrairement aux clivages imposés dans les programmes scolaires, l'un et l'autre sont en fait un même processus). Nous avons vu avec John Holt, auteur des apprentissages autonomes (aux éditions l'Instant Présent), que « si nous essayons de contrôler, de manipuler ou de dévier ce processus, nous le dérangeons » et que « si nous prolongeons trop longtemps notre interventionnisme, le processus s'arrête et le scientifique indépendant en l'enfant s'efface. »
Permettre à l'enfant de faire ses propres connexions est un inestimable cadeau ! Ce devrait être un droit au même titre que l'amour, la nourriture et l'air... « Nous pouvons lui dire quelle est la connexion. Pour autant, nous ne devons pas supposer que, parce que nous le lui avons dit et parce qu'il peut le répéter , il en a réellement connaissance. Il doit la découvrir par lui-même.
Je ne dis pas que les enfants doivent tout découvrir sans aucune aide. Nous pouvons les aider de plusieurs façons. Nous pouvons mettre à leur disposition les ressources facilitant les découvertes. L'apprentissage est un processus de découverte, et si nous voulons qu'il se fasse, nous devons en créer les conditions favorables. Nous savons quelles sont ces conditions : elles comprennent le temps, le plaisir, la liberté et l'absence de pression. »

On « demande souvent aux enfants de répéter comme quelque chose de logique, quelque chose qui ne leur semble pas du tout logique, au point qu'ils renoncent à réconcilier ce que disent les gens sur le monde et ce qu'ils ressentent réellement de ce monde. Ils acceptent comme une vérité tout ce que l'autorité dit être la vérité. Ils n'essaient plus de vérifier ou de tester. Ils finissent très vite par oublier comment tester d'ailleurs. Oh bien sûr c'est facile de tester que l'eau bout à telle ou telle température ; mais la plupart de nos connaissances, la majeure partie de ce qu'on nous demande d'accepter comme vérité, ne peut être testée aussi facilement. Je ne peux pas mettre en place des contrôles expérimentaux pour tester ce que les gens me racontent au sujet de l'histoire, de l'économie ou de la nature humaine. Je dois confronter et assimiler ce qu'ils disent à l'aune de ma propre vision du monde. »

Comment accompagner l'enfant ou l'adolescent dans son parcours d'apprentissages ?

On peut déjà dire qu'il « apprendra plus et mieux si ses apprentissages sont motivés » par le « travail sérieux » d'un « adulte » référent ou de plusieurs, « plutôt que par des travaux scolaires. » Et pour ce qui est des « mathématiques, physique, etc C'est toujours mieux quand ces matières trouvent leur origine dans la réalité. » Adultes et jeunes de tous âges peuvent s'associer réellement et sans hiérarchie dans des recherches très sérieuses et à la rédaction de leurs travaux. (un exemple en est donné par John Holt dans son livre pages 62 et 63, que je vous laisse découvrir en le lisant)

Au pays des nombres

« Je suis sûr que bien des enfants auraient envie d'apprendre l'arithmétique et l'apprendraient facilement si c'était interdit. »
Les enfants et bon nombre d'adultes verraient les nombres comme une étrange « procession de petites créatures la première appelée Un, la seconde Deux, la troisième Trois, et ainsi de suite. Ensuite ces petites créatures se livrent sans doute à des danses mystérieuses et insensées que l'on commente en disant des choses comme « Deux et Deux font Quatre » (…) certainement , en partie, la raison pour laquelle ils avaient tant de problèmes avec » les nombres.
Les pédagogies « nouvelles » ont partiellement compris l'importance extrême que l'on n'enseigne pas à compter aux enfants en l'absence de vrais objets ; mais ils privilégient bien vite la comptine numérique (Un, deux, trois...) qui « n'a pas forcément grand rapport avec la compréhension de ce que sont les nombres. (…) Ça ne devrait jamais être d'abord « trois » ou « sept » tout seul, ais toujours « deux pièces », « trois allumettes », « quatre cuillères » ou toute autre chose qu'on a sous la main. Certains enseignants partagent bien cette idée et la pratique pour bonne partie, comme celle de permettre aux enfants de voir les nombres un coup alignés en rang, un autre arrangés en triangle ou en carré, pentagone, ou comme sur les dés, les nombres n'étant plus figés mais bien une représentation concrète , avec des correspondances à découvrir par soi-même autrement qu'en comptant, au moins pour les petits nombres jusqu'à dix... « De sorte [qu'un] nombre ne se réfère pas à un objet particulier, mais à la taille du groupe d'objets que l'on a mis de côté.  A un moment donné, on peut aussi introduire l'idée de nombres ordinaux : c'est à dire, les nombres qui indiquent la place d'un élément dans un tableau et non la taille d'un groupe d'éléments. »
Pour parvenir à faire comprendre les additions et les soustractions, la « complexification » enseignée le plus souvent n'est pas vraiment nécessaire :
« 2 + 3 = 5, 3 + 2 = 5, 5 – 2 = 3 et 5 – 3 = 2 ne sont pas quatre réalités différentes, mais quatre façons différentes de regarder une seule réalité. De plus cette réalité n'est pas une réalité de l’arithmétique qu'il faut absorber par foi et mémoriser comme des syllabes dénuées de sens. C'est une réalité de la nature, que les enfants peuvent découvrir par eux-mêmes, et redécouvrir ou vérifier par eux-même aussi souvent qu'ils en ont besoin ou qu'ils le désirent.
La réalité en question est la suivante :
***** ˂---˃*** **
(…) C'est vrai partout dans l'univers. (…) L'arithmétique est apparue (et apparaît) quand les homes ont commencé (et commencent...) à prendre conscience de cette réalité numérique de la nature et à y réfléchir. »
« Qu'est-ce que ça nous apporte ? Cela nous apporte la chose suivante : au lieu d'avoir à mémoriser des douzaines de choses » pour cette réalité, « quatre suffisent (…) En bref, toutes les tables d'addition ou de soustraction que l'on donne aux enfants à mémoriser, peuvent être redécouvertes et écrites par les enfants eux-mêmes. L'avantage de cette dernière méthode c'est que notre esprit est bien plus puissant à découvrir qu'à mémoriser, ne serait-ce que parce que découvrir est en soi beaucoup plus amusant. Un autre avantage, c'est que toute cette arithmétique (et par extension toutes les mathématiques) qui semblait pleine de mystères, de coïncidences et de contradictions, apparaît tout à fait sensée. »

John Holt explique comment faire une calculatrice artisanale toute simple avec du papier (et un crayon) , très pratique et efficace ! « Les enfants qui utilisent cette calculatrice artisanale vont rapidement découvrir des choses qu'un apprentissage par cœur ne leur aurait jamais révélé. »
Nous la testons ici, et ça semble presque magique... quand l'enfant est prêt.

« Même avec de très nombreuses explications, personne ne pourra interpréter un système de symboles non familier pour en déduire une réalité qu'il représente. Il faut d'abord faire l'opération dans l'autre sens. »

John Holt explique comment on peut comprendre ainsi les multiplications, les factorisations, divisions, fractions... à partir d'une donnée réelle toute simple, permettant aussi de comprendre et trouver les nombres « premiers ». Tellement simple expliqué ainsi !

De même tellement simples à connaître ses tables une fois qu'on a vu comment elles fonctionnent et de les utiliser. Se familiariser avec les tables est bien pratique au quotidien, et John Holt en fait un jeu, une sorte de challenge avec soi-même. Il montre comment faire remplir ses grilles à un enfant, en lui laissant le temps nécessaire, et sans y apporter de correction : l'enfant se familiarise au fur et à mesure avec les tables et leur structure, et remarquera bien que l'un des nombres introduit des contradictions et donc semble faux, « comme s'il n'était pas à sa place, exactement de la même manière qu'un enfant qui apprend à lire par lui-même remarque ce genre de contradictions quand il se trompe de mot.  Ce qui est bien plus important que de savoir les tables de multiplications en tant que telles, c'est que l'enfant acquière le sentiment que les nombres se comportent d'une manière sensée et ordonnée. (…) Quel que soit son rythme, arrivera un jour où l'enfant aura rempli tous les produits de la grille. Si la grille est (…) placée dans un endroit bien visible, remplir la dernière case va être un moment assez excitant. »
John Holt explique que même si l'enfant choisit de se servir d'une calculatrice (et sait s'en servir) pour remplir sa grille, il faut le laisser faire, « car même ainsi il pourra remarquer certaines structures ». « Le jeu peut aussi devenir : « Combien de cases est-ce que je peux remplir sans utiliser la calculatrice ? » Surtout ne pas lui demander de combien de cases il se souvient, car ils n'en sont pas là : ils n'ont pas encore conscience de s'en souvenir... mais après avoir rempli plusieurs grilles vierges (de plus en plus facilement et rapidement, mais de lui-même, pas comme pression), battant ses propres records, commençant par ceux qu'il trouve les plus faciles, et petit à petit intégrant les autres sans même faire l'effort démotivant d'apprendre ses tables par cœur.

« Le problème avec la plupart des exercices d'arithmétique c'est que soit les enfants les trouvent ennuyeux, soit ils leur font peur. Résultat, s'ils ont appris quelque chose, l'expérience a été si déplaisante qu'ils vont bien vite l'oublier. » Transformer en jeu facile l'assimilation des tables donne envie d'en savoir plus, cette excitation qui prend au ventre quand on comprend et/ou apprend quelque chose qui nous semblait mystérieux auparavant.

John Holt raconte des anecdotes de séances avec ses élèves très vives et enthousiasmantes. Multiplier des grands nombres, aborder et comprendre les fractions, comprendre que « l'infini » n'est pas un nombre et même pas un nom, mais plutôt un adjectif qui signifie sans limite, ou sans fin ; faire des jeux mathématiques, aborder l'économie domestique (que tout enfant devenu adulte indépendant sera un jour obligé de pratiquer, mais pourquoi attendre pour aborder du sérieux, après tout, les choses peuvent être sérieuses et amusantes?) , résoudre des problèmes , pas ceux sans intérêt qu'on propose souvent aux élèves, mais trouver la solution d'un problème que l'on a vraiment envie de résoudre est très motivant (…) Trouver comment fonctionnent les chose, résoudre des problèmes, c'est la chose la plus amusante que les êtres humains sachent faire »


Apprendre la musique

Apprendre à l'aimer avant tout, et pour l'aimer il faut l'écouter, écouter toute sorte de musique, tout ce qui peut toucher le cœur et les oreilles, épanouir les sens en quelque sorte. Mais il ne faut pas suggérer à un enfant d'apprendre la musique si son envie n'existe pas : jouer parce qu'on en a envie, et alors viendra l'envie d'apprendre à jouer autre chose... La tyrannie des répétitions devient un véritable plaisir du moment que celui qui joue ne le fait pas pour les autres mais pour soi avant tout... le plaisir de jouer pour les autres ne peut venir qu'après... john Holt évoque la méthode Suzuki, introduisant la musique au quotidien dès la grossesse et les premières années de l'enfant, et incitant les enfants à reproduire (d'abord assez maladroitement, évidemment) ce qu'ils entendent autour d'eux, de même que l'enfant est baigné dès ses premiers instants d'audition dans sa langue maternelle... Les airs sont devenus familiers et c'est d'abord cette familiarité qui rend facile et agréable l'apprentissage de la musique ou de la langue. Les récitals mélangent tous les niveaux, tous les âges, il n'y a pas de star, ni de sentiment de compétition : « juste un groupe d'enfants qui se réunissent pour jouer de la musique pour leur plaisir, le plaisir de leurs parents et de tous ceux qui sont là pour les écouter. »
Bien sûr tout n'est pas parfait : on n'autorise pas les enfants musiciens confirmés à apprendre à accorder leur instrument, alors que c'est important, par exemple. « Ce sont surtout des ressources très utiles pour les enfants qui apprennent la musique ainsi que pour leurs parents (qui peut-être apprennent eux aussi.). L'astuce c'est de les utiliser mais de ne pas s'y restreindre. Il faut étendre l'univers de vos enfants : encouragez-les à improviser, à écrire des petits morceaux. Encouragez-les à composer pour les autres et à commencer aussitôt que possible à jouer de la musique » de tout registre. « En bref, pensez à ramener l'apprentissage de la musique vers l'exploration, la découverte, l'aventure et par dessus tout, vers la joie et l'excitation qui en sont la véritable substance. » Les émotions que l'on ressent quand on travaille et joue d'un instrument (que l'on a choisi) « vont de l'effort pénible à une intense concentration, d'une grande frustration et exaspération à quelque chose qu'on ne peut appeler autrement qu'exaltation. Ces sentiments sont si profonds que parfois, on peut à peine jouer. On ne peut pas utiliser le mot « amusant » pour décrire cet éventail de ressentis. (…) L'effort, la concentration, la frustration, la persévérance, la résolution, les moments de surprise, de joie, et oui aussi d'exaltation, sont un tout autre monde. »


Lire et écrire

John Holt affirme que la confiance doit venir avant tout : « le maximum possible de confort, de réconfort et de sécurité ».
Dans une école près de Copenhague, il n'y a « pas de classes, pas de groupe, pas d'enseignement [de la lecture] (…) Les enfants (comme les adultes) lisent s'ils le veulent, quand ils le veulent, ce qu'ils veulent, avec qui et autant qu'ils le veulent. Cependant tous les enfants savent -ce n'est pas explicite, quand vous êtes dans cette école, vous savez- , que quand ils le veulent, ils peuvent aller voir (…) un grand gaillard d'enseignant à la voix grave qui parle lentement (…) et qu'ils peuvent lui demander : « Tu veux bien lire avec moi ? » il répondra « Oui ». L'enfant choisit quelque chose à lire, va avec Rasmus dans un petit coin, pas une pièce fermée mais un lieu douillet et privé, il s'assoit près de lui et commence à lire à voix haute. Rasmus ne fait presque rien. De temps en temps il dit doucement « Ja, ja », qui signifie : « C'est bien, continue... » Sauf s'il s'aperçoit que l'enfant panique, il n'indique et ne corrige jamais d'erreur. Si l'enfant l'interroge sur un mot, il répond simplement ce que ça veut dire. Au bout d'un moment, environ vingt minutes, l'enfant s'arrête, ferme le livre, se lève et part faire autre chose.
On peut difficilement qualifier cette d'enseignement. Pourtant Rasmus avait été formé pour enseigner la lecture. Il m'a raconté qu'il lui avait fallu bien des années pour arrêter de faire, d'un seul coup, toutes ces choses qu'on lui avait apprises à faire, car finalement il avait réalisé que ce minuscule soutien moral c'était tout ce dont les enfants avaient besoin, et qu'en faire plus n'était en fait d'aucune aide. »
« J'ai demandé à Rasmus combien de temps les enfants semblaient avoir besoin de ce « soutien » avant de se sentir prêts à explorer la lecture tout seuls. Il m'a répondu que, d'après ses souvenirs de ces sessions de lecture, la durée la plus longue qu'un enfant ait passé à lire avec lui était d'environ trente heures réparties en séances de vingt minutes à une demi-heure sur quelques mois. Et il a ajouté que de nombreux enfants passent beaucoup moins de temps que ça avec lui et que beaucoup d'autres ne lisent jamais avec lui.(...) Quelle que soit la manière et le moment où les enfants [de cette école] avaient appris à lire, ils étaient tous devenus de bons lecteurs. (...)
Trente heures. Une semaine d'école. Voilà l'ampleur de la tâche. »


Découvrir les lettres et découvrir les mots dans le contexte

Les « chemins qu'ils prennent pour explorer le monde autour d'eux, en particulier celui des lettres et des nombres, sont variés, ingénieux et inattendus. »
Nous voyons tous partout de l'écrit autour de nous, chez nous, dans la rue, lorsqu'on fait ses courses, et bien sûr sur et dans les livres... quels qu'ils soient, les mots griffonnés sur un bout de papier pour nos proches, pour une liste de choses à faire, pour un courrier , même un mail ou l'internet nous exposent ainsi que les enfants, s'ils sont avec un adulte – de préférence- à l'écrit...
Vient un jour où, que cela soit à un proche, parent ou non, ou bien à un enseignant, l'enfant demande ce que veut dire tel mot (il a compris depuis quelques temps déjà qu'un mot est une forme particulière entourée d'espace et qui signifie la même chose que ce qu'on peut dire, même s'il ne saura pas forcément l'expliquer). L'enfant commence ainsi par demander ce que font telle et telle lettre si on les met ensemble... ou voudra écrire une lettre à quelqu'un qu'il aime. Là, il a envie de se sentir « alors plus fort, plus compétent, plus utile et plus proche du monde des adultes » : il n'apprend pas pour plaire à l'adulte, même si ça peut plaire à l'enfant de montrer ce qu'il a compris, ce qu'il sait. Pour lui c'est sérieux et important. Comme un journal sérieux qui contient de l'information réelle, ou une carte routière ou un calendrier, les pages jaunes... tout ces trucs d'adulte « où tout le monde fait des choses mystérieuses et intéressantes ».

John Holt regrette que l'école ne permette pas aux enfants de faire leur propre progression de tâches de plus en plus difficiles, car les défis extérieurs sont souvent vus « comme des menaces (ce qu'ils sont souvent, car si vous échouez à les accomplir, vous prenez un gros risque d'être ridiculisé) [et] perdent peu à peu l'habitude de se stimuler eux-mêmes, même en dehors de l'école.

« Les enfants qui lisent pour leur plaisir s'arrêtent rarement pour poser des questions sur des mots. Ils ont envie d'avancer dans l'histoire. Si le mot est important, ils devinent son sens. (…) En ce qui concerne les mots compliqués, ils les comprennent en les rencontrant dans différents contextes.
Les gens deviennent bons lecteurs et acquièrent un riche vocabulaire grâce aux vrais livres et non pas grâce aux livres de classe ou aux dictionnaires. (…) un dictionnaire c'est une collection d'opinions de personnes différentes sur ce que les mots signifient et sur la façon dont les gens les utilisent. »

Les auditifs

John Holt nous évoque une enseignante qui « écrivait les paroles d'une chanson au tableau -parfois une chanson que les enfants connaissaient, parfois une nouvelle chanson qu'elle leur apprenait – et au fur et à mesure qu'elle pointait les mots, les enfants les chantaient et, ce faisant, ils apprenaient à lire. » Comme les parents qui à la demande de leur enfant lisent et relisent « son histoire préférée. Puis un jour, ils se rendent compte que l'enfant lit avec eux, voire même peut lire sans eux. Il a appris simplement en voyant les mots et en les entendant en même temps. » Sans tout maîtriser de cette façon, ils ont malgré tout « appris plein de choses sur les correspondances syllabiques. »

L'importance de savoir lire plutôt que d'apprendre à lire

« Si nous lisons et si nous écrivons, les enfants auront envie de le faire aussi ; et si nous ne le faisons pas, ils n'en auront pas envie. »

« Quand les livres ont du sens pour eux, les jeunes veulent lire, ils en ont besoin et ils aiment ça ; et quand ce style de livres est mis à leur disposition, tôt ou tard, sans qu'on leur « apprenne », avec juste un coup de pouce, ils arrivent bien à les lire. (…)
Les livres avec lesquels la plupart des enfants sont obligés d'apprendre à lire sont, au delà de toute compréhension, ennuyeux, stupides, superficiels, trompeurs, malhonnêtes et simplistes. » Un vocabulaire restreint et faible, à vouloir faciliter la tâche de l'enfant, ne lui rend pas honneur... Un livre doit avant tout être intéressant pour son lecteur, sinon à quoi bon ? Certains livres de lecteurs débutants sont assez intéressants, mais au vocabulaire et nombre de mots là encore navrant... Demandez donc à des enseignants ou à des parents d'élèves de CP et CE1...

Arrêtons de demander aux enfants de lire à voix haute en classe pour vérifier s'ils savent lire ou pour soi-disant les aider... « Et plus important, si les enfants étaient autorisés à lire tout seuls pour leur propre plaisir, ils remarqueraient et corrigeraient d'eux-même la plupart de leurs erreurs. »

apprendre à écrire

« Pour aider quelqu'un à apprendre à écrire, on doit lui montrer très clairement que l'écriture est un prolongement du discours, que derrière tous les mots écrits il y a une voix humaine qui parle et que lire est ce qui permet d'entendre ce que disent ces voix. »
« Ce qui est capital ici, c'est de faire la connexion entre l'ordre chronologique des sons dans un mot parlé et l'ordre dans l'espace des lettres du même mot écrit. Si tant d'enfants ont du mal à comprendre cette connexion, c'est que dans la plupart des consignes de lecture, on n'en parle pas. » Opposer les lettres minuscules et majuscules est aussi une absurdité, qui induit les enfants en erreur : il s'agit de sa forme et non de sa taille...Cela donne aussi à certains enfants l'impression que ce n'est pas la même lettre. Il y a plusieurs façons de tracer les lettres, et plusieurs manières d'écrire, et avec plusieurs objets différents également.

« Nous pouvons aussi faire toucher du doigt aux enfants que, tout ce qu'ils voient écrit autour d'eux, ce sont des messages délivrés par des gens. »
« Nous devons faire comprendre aux enfants qu'écrire, c'est une extension de capacités qu'ils possèdent et utilisent déjà pour leur propre compte : les capacités du langage. (…) Écrire, c'est un truc magique, comme des paroles congelées qu'utilise celui qui écrit, jour après jour, pour dire tout ce qu'il veut à celui qui le lira. C'est une extension de la voix, et comme les enfants ont le sentiment de leur petitesse et qu'ils aimeraient être plus grands et plus puissants, l'idée qu'écrire peut rendre plus large leur audience peut vraiment les motiver. »

L'orthographe

« La meilleure façon de bien apprendre l'orthographe est de beaucoup lire et écrire. Cela va remplir vos yeux avec l'apparence des mots, et vos doigts avec la sensation des mots. »
John Holt trouve ainsi inutile tous les exercices et règles d'orthographe pour tenter d'apprendre à bien orthographier, mais pour les « irréductibles » des exercices, il propose « un auto-test d'orthographe qui permet aux élèves de faire le tri entre les mots qu'ils connaissent et ceux qu'ils ne connaissent pas, et de travailler sur ces derniers » (page 166). « L'important dans tout ça, c'est que ce soit l'enfant qui contrôle le processus de test et de vérification. » John Holt demande expressément de ne pas faire cet auto-test avec des enfants qui commencent tout juste à lire et à écrire. Il ne recommande cette méthode qu'avec « des enfants plus âgés qui ont déjà une mauvaise orthographe » et « seulement de mots mal orthographiés dans leurs propres écrits. » Méthode qui « fonctionne aussi avec des adultes. »

John Holt nous démontre que l'on ne devrait pas imposer aux enfants d'utiliser uniquement l'écriture cursive mais leur laisser le choix entre le scripte et le cursif, car « l'essentiel, c'est qu'écrire signifie bien pour eux être lu par les autres. »

Citoyen du monde des livres

« Ce livre est le mien ! »
« Au lieu de démarrer par la porte étroite, le son d'une lettre, (…) commenc[er] par une idée importante : les livres nous appartiennent. Alors [le lecteur débutant structure] cette grande idée en plus petites, néanmoins toujours essentielles : des histoires habitent dans les livres ; il y a des mots dedans ; les histoires sont en quelque sorte contenues dans les mots ; la clé pour voir surgir et prendre possession des histoires consiste à saisir les mots ; et, ainsi, les histoires peuvent être partagées avec d'autres gens. » N'est-ce pas là le plus important ?


Conclusion et élargissements

Je conclue cet article destiné aux Vendredis Intellos en faisant quelques constatations et aussi quelques propositions qui méritent d'être commentées, annotées, débattues et augmentées de vos avis et idées concrètes.

Il n'y a à mon sens pas de lieu idéal pour apprendre.
A vrai dire, le lieu importe peu, du moment qu'il permet à celui qui apprend d'être en confiance et de ne pas brutaliser son corps donc d'être confortable pendant que son cerveau demande toute son énergie et sa concentration ; cela veut dire aussi un sommeil suffisant, des rythmes physiologiques d'apprentissage compris et respectés, mais avant tout laisser à l'apprenant ,enfant ou adolescent, le temps de gérer ses propres apprentissages afin qu'ils soient durables (sinon, on demande un « bachotage » quasi-permanent, et comme chacun le sait, le « bachotage » n'a aucun intérêt pour la compréhension et la mémorisation à long terme). Le lieu importe peu, du moment qu'il est ouvert sur le monde et donne envie d'en savoir plus sur celui-ci : les collèges par exemple, sont des architectures conçues pour enfermer l'élève loin de l'agitation du monde, des murs hauts et très peu de fenêtres... tout le contraire de ce qui permettrait à nos ados de s'ouvrir sur ce monde auquel ils vont bientôt participer comme tout un chacun, à leur façon. Le lieu importe peu mais devrait permettre à l'apprenant de rester connecté avec les autres générations pour ne pas s'en détourner et se fixer uniquement sur sa propre personne sans daigner ouvrir ses yeux et son cœur aux autres... On se plaint d'avoir une société égoïste (enfin, c'est bizarre car les égoïstes sont toujours les autres, n'est-il pas?), mais on enferme chaque catégorie d'âge et bien plus dans des cases et des bâtiments qui les repoussent loin les uns des autres, et loin de la compréhension mutuelle, loin des savoirs que chacun accumule dans sa vie et qui rend nos vies si riches et dignes d'être partagées...

Il n'y a à mon sens pas de personne idéale pour accompagner celui qui apprend, dans le sens où une seule personne ne peut suffire ! Qu'on parle de l'enseignant ou du parent qui pratique l'instruction en famille, cela ne peut être le seul référent de l'apprenant ! Ne criez ni ne fuyez pas ! Essayez plutôt de voir plus loin :
Apprendre est bien chercher à accumuler des savoirs complexes (pas toujours compliqués, mais complexes bien souvent) ou des compréhensions multiples et enrichies au fur et à mesure de nos besoins, et ce quel que soit notre âge, n'est-ce pas ! Êtes-vous d'accord, qu'apprendre, c'est s'enrichir de plus en plus grâce à l'action conjuguée de notre expérience et de la connaissance des autres ? Alors pourquoi vouloir tout résumer en une personne ? Pourquoi ne pas permettre par exemple, très régulièrement ou quotidiennement, que des personnes de tous métiers, de toute classe sociale viennent raconter et montrer leur métier ou mieux encore que les élèves intéressés puissent être accueillis facilement au sein des entreprises, des usines, parmi les artisans et les professions libérales etc... où chacun pourrait se frotter un peu au monde réel et y apprendre autant sinon plus que dans un lieu fermé à la réalité sous prétexte de protection... J'ai des enfants, et les protéger n'est pas les enfermer, c'est leur faire découvrir le monde avec un accompagnement respectueux d'eux et des autres à la fois ! Spécialiser l'éducation dès onze ans me semble une aberration pour la plupart des enfants qui ne savent pas du tout quels métiers vers lesquels ils ont envie de se tourner, étant donné qu'ils n'y sont jamais confrontés (ne parlons pas du stage unique de 3e qui est de la poudre aux yeux!). Les classes pourraient se partager en deux groupes pour les moins de 16 ans avec par exemple d'une part deux enseignants généralistes qui feraient vivre les apprentissages en développant des échanges et en cumulant les expériences et les connaissances (car qui peut dire que chaque enseignant a retenu exactement les mêmes choses!?) , et d'autre part, des classes ouvertes avec deux enseignants aussi mais spécialistes (une classe de 2 spécialistes pour chaque « matière » à développer) où les élèves seraient libres d'aller -et de sortir (sans gêner les autres) selon leur désir d'apprentissage … un peu à la manière de l'Ecole de Summerhill en Angleterre. Je ne fais qu'extrapoler, bien sûr, je ne prétends pas avoir les solutions parfaites, mais les idées essentielles me semblent exposées dans cet article, en toute humilité, et ne demandent qu'à entendre d'autres points de vues, d'autres esquisses de solutions...mais de solutions concrètes.

Car enfin, n'ayons pas peur de dire que l'éducation a vu son industrialisation croître et le bien-être et les connaissances des élèves régresser dans un même temps (comme pour l'industrialisation de la Naissance, voir Michel Odent : le Fermier et l'Accoucheur). Est-ce que je dis une absurdité ? Pas si sûr : je défends l'école laïque et pour tous avec conviction, mais ce n'est pas en transformant l'école en usine des apprentissages que cela va contribuer à former des citoyens bien dans leur peau et leur tête, fiers de leurs connaissances, honnêtes et confiants dans leurs capacités à s'adapter au monde qui les entoure ! L'industrialisation de la connaissance qui se justifie, c'est la connaissance à la portée de tous, pas la connaissance unique imposée et réduite à un programme pour tous : la nuance est de taille ! Nous avons commis là une grosse erreur : l’Éducation a besoin de sur-mesure (comme la Naissance), et si nombre d'enseignants - que je respecte pour tous ceux qui sont passionnés par leur métier qu'ils voient comme un partage et un échange au profit de l'enfant ou de l'adolescent et non comme une partie d'entre eux qui voient leur métier comme un enseignement de maître à disciple, comme adulte ayant tout pouvoir et autorité à mineur (quel mot bien choisi, en l'occurrence !) n'ayant que le droit d'écouter en silence ou sans trop poser de questions trop digressives... - si nombre d'enseignants passionnés et respectueux pouvaient pratiquer leur métier de cœur sans qu'on leur reproche ce qui font d'eux de véritables enseignants, de véritables accompagnants au savoir et au savoir-faire , si des « scribouillards » ne se lançaient pas à chaque nouveau gouvernement de quelque pays que ce soit dans une refonte prétendue, déstructurante et sans intérêt pour les apprentissages des enfants et des adolescents, si une réelle prise en compte des besoins des apprenants, des élèves qui sont avant tout des enfants et des adolescents en pleine croissance, en pleine mutation, en pleine maturation vers l'adulte qu'ils deviendront, était réellement faite (et non de simples constatations évidentes pour tous : ah oui, les jeunes ont besoin de dormir pour mieux grandir et apprendre, ils ont besoin de manger équilibré et de ne pas faire ci ou de faire ça...?)... Il s'agit de nos enfants ; bon sang ! Ou des enfants de nos amis, de nos proches, de nos futurs enfants ou de nos petits-enfants... Cessons de contempler les dégâts et de se contenter de constater que ça va mal ! Soyons de vrais citoyens : nous avons la chance de vivre dans une démocratie, or la démocratie comme la liberté, ne s'use que quand on ne s'en sert pas !

L’humanité est faite d'individus uniques qui apprennent toute leur vie à vivre en groupe et à se découvrir eux-même. Apprendre est l'affaire de toute une vie, et ne pas déconnecter l'apprenant du quotidien comme de lui-même est crucial pour permettre de garder ou créer la confiance en soi et ne pas briser les liens intergénérationnels qui font qu'une société le reste. Apprendre, c'est vivre ; vivre, c'est apprendre.

Voilà, pardonnez-moi (si vous le voulez) si je me suis un peu lâchée dans la conclusion, mais il y a tant à dire et surtout à faire pour améliorer les conditions d'apprentissage des enfants et des adolescents ! Je sais pertinemment que dans nombre de pays, les enfants n'ont même pas la possibilité d'apprendre et sont contraints d'aller travailler pour subvenir aux besoins de leurs famille et aux leurs, mais cela ne doit pas empêcher de vouloir toujours mieux pour nos enfants, où qu'ils soient dans le monde ! Si nous cessons de vouloir mieux comme monde, comme société pour eux, alors ce n'est pas la peine d'être parents, non ?

C'était la deuxième partie de mon article pour les Vendredis Intellos sur les Apprentissages autonomes de John Holt.

La première partie est là : Comment apprend-on ?