Affichage des articles dont le libellé est homme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est homme. Afficher tous les articles

21 févr. 2014

Statut des sages-femmes : où en est-on ?

Communiqué de presse_20/02/2014
IIIème marche des sages-femmes à Paris
Le 19/02/2014, 4000 sages-femmes étaient venues de toute la France, réclamer à Marisol Touraine des mesures concrètes concernant leurs revendications.
Depuis 4 mois, les sages-femmes mènent une grève sans relâche face à l’injustice faite à cette profession.
Elles demandent à rejoindre le statut médical hospitalier existant : praticien hospitalier, permettant une réelle autonomie et une rémunération à hauteur des compétences et responsabilités.
Elles réclament des mesures concrètes afin que la sage-femme, profession ayant les compétences nécessaires, est une visibilité  dans la parcours de santé des femmes  afin d’améliorer l’accès aux soins pour le suivi gynécologique, la contraception ou le suivi de grossesse.
Elles veulent intégrer une formation universitaire dans une composante universitaire autonome. Elles veulent que le statut du corps enseignants et celui des étudiants soient décidés en même temps que les décisions rendues pour les sages-femmes hospitalières.
Le 19/02/2014, s’est tenu la dernière réunion du GT sur le statut hospitalier.
Le Collectif a voulu croire en un vrai débat sur le statut des sages-femmes. Un débat centré sur l’intérêt des femmes avec un statut qui affirme l’autonomie des sages-femmes dans l’organisation des maternités.
Le socle commun est vide de sens, les hypothèses sont incohérentes au niveau législatif. Le statut dans la Fonction Publique Hospitalière n’aura de médical que le nom ! Les médecins, praticiens hospitaliers, eux-mêmes ont dit que jamais ils ne rejoindraient cette filière de la FPH.
Le Collectif des sages-femmes se demande comment la Ministre pourrait prendre une décision d'une telle importance pour les femmes et les sages-femmes en se basant sur un document contenant nombre d'incohérences et ne tenant pas compte des propositions des sages-femmes représentées par le Collectif qui souhaitent le statut de praticien hospitalier
Le Collectif des sages-femmes refuse de valider le socle commun en l’état et les propositions actuelles de statut hors et dans la FPH qui renient le caractère médical de la profession.
Le Collectif des sages-femmes (ONSSF, CNSF, ANSFC, ANESF, CNEMa, CFTC santé sociaux)
Contacts presse pour le Collectif des sages-femmes :
Caroline RAQUIN (Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes) : 06 66 42 95 94
Nicolas DUTRIAUX (Collège National des Sages-Femmes de France) : 06 12 89 22 64
Yannick LARTIGUE (Fédération Santé CFTC) : 06 81 89 21 92
Isabelle DERRENDINGER (Conférence Nationale des Enseignants en Maïeutique) : 06 46 81 18 01
Sylvie BONNEFONT (Association Nationale des Sages-Femmes Cadres) : 06 74 36 32 45
Anthony WEBER (Association Nationale des Etudiants Sages-Femmes) : 06 46 13 20 87

ONSSF     
Elisabeth TARRAGA,
secrétaire générale
Chargée de la Communication

0621942526



27 sept. 2013

Troc Livres pour tous

Un troc livres ouvert à tous a lieu  : 
samedi 28 septembre
 à Plessé (44630)
salle polyvalente
de 14h30 à 17h

Entrée gratuite tout public
source pinterest

Troc visiteurs : limité à 20 livres par personne
Troc adhérents : pas de limitation de nombre de livres

Système par points. Un billet nominatif vous sera donné sur lequel figurera votre total de points de troc.

Livres jeunesse, romans, poches, documentaires, livres d'éditeurs... (pas de magasines)

Pas de vente, pas d'argent :  du troc et puis c'est tout!

Espace association

Coin des petits

Possibilité de réservation de dernière minute sur place pour exposer pour les puces (très peu de places restantes) de samedi 5 octobre.

les donc sont possibles.

Les stocks restants seront triés puis données aux écoles de la commune ou à des associations locales.

Organisé par l'association MMM (Maman papa et Moi on Materne), association collégiale de loi 1901, créée fin 2008.

1 févr. 2013

On parle de nous

En parcourant les visiteurs du blog de MMM, je trouve parfois des trésors, et parfois aussi tout simplement des surprises - agréables. En voici une...

Vous êtes nombreux à venir ici en effectuant des recherches sur le sommeil des bébés et des enfants, notamment sur le "cododo", aussi appelé "sommeil partagé" ou  cosleeping en anglais.
Or, cette semaine, j'ai constaté un lien dirigé sur notre blog venant d'un dossier des maternelles (france 5) pour une émission qui passera le 5 février (tiens le jour de l'anniversaire de mon petit dernier) : dormir avec son enfant : jusqu'à quand . Plutôt positif ! ;)
Voici à propos le lien vers les articles en question si c'est ce qui vous a amené ici : 

Je rajouterai enfin un lien extérieur vers des articles scientifiques sur la question du sommeil partagé : cododo.free.fr



Et encore l'autre jour, une maman m'a posé des questions sur le sommeil des bébés, ajoutant après mes précisions de base (et quelques conseils sur les sources et liens des recommandations en vigueur à propos du sommeil familial ( que je trouve plus joli que le sommeil partagé ou que le cododo qui me fait penser à un oiseau (pas vous?) ), elle m'a avoué avec plaisir que son bon sens et son ressenti l'avaient plutôt bien guidée jusqu'à présent à ce sujet, et qu'elle appréciait de pouvoir lire des témoignages détaillés sur les sujets qui lui posent question, que ça soit le cosleeping ou l'allaitement maternel, entre autres...

Alors, si un sujet (pour ce blog) ne vous semble pas très clair ici ou ailleurs, pourquoi pas en faire part sur un commentaire ou par mail - si je me sens d'attaque pour le traiter bien entendu...

J'aimerais trouver d'autres intervenants pour ce blog, mais toujours dans un esprit de rendre service et jamais de propagande ou de publicité -sauf si celle-ci peut manifestement servir une cause qui le mérite et sans en être le mauvais exemple ou contrevenir à cette cause-...
J'ai bien un article de prévu un de ces jours sur un focal sur un métier peu connu... mais j'aimerais d'abord un article avec témoignages de professionnelles sur le métier de sage-femme !

30 mai 2012

Pour la naissance respectée ici, là et partout dans le monde




Film à faire tourner et partager partout et à toutes et tous !

Film to be shared to everybody and  all over the world !


Très émouvant !

Réagissons !

19 janv. 2012

Pas touche à mon bidon : c'est si je veux ! Don't touch my belly : you can if I want !

Mais pourquoi veulent-ils tous toucher son ventre depuis qu'elle est enceinte ?

Elle n'ose pas leur dire que cela la dérange, que c'est son corps, son bébé, que seuls elle et son chéri ont le droit de le toucher aussi intimement... comme s'il connaissaient aussi bien voire mieux qu'elle ce bébé qu'elle attend avec bonheur, impatience et beaucoup de questions !



Elle n'ose pas dire à ses beaux-parents, même à ses parents, sa famille, ni à ses amies qu'elle aimerait bien qu'ils lui demandent d'abord si elle est d'accord pour qu'ils touchent son ventre, là, maintenant... 
Elle n'est ni chochotte ni chiante ni méchante, c'est juste que ça la gêne, c'est son corps, mais comment leur dire ? Elle n'est pas propriétaire de son bébé mais responsable de son bien-être, notamment... et durant la grossesse et la naissance et les premiers mois au moins, cela passe par son bien-être à elle, sa maman !

Car ils sont souvent doux ou du moins de bonne intention, mais ils font comme si son ventre appartenait désormais au domaine public, depuis qu'elle est enceinte ou qu'ils le savent - peuvent voir son bidon s'arrondir, on dirait qu'elle n'existe plus vraiment, ils ne voient que son bébé à travers son ventre de femme enceinte... même de parfaits inconnus se penchent vers elle pour lui raconter des choses plus ou moins douteuses ou incongrues, voire très personnelles ou veulent s'immiscer dans sa grossesse, lui donner des conseils plus ou moins avisés... dont elle se passerait souvent fort bien ou qui lui font se poser encore plus de question loin de répondre aux siennes... car chacun y va de son avis... avec sa propre expérience ou celle de son voisin... et peu importe que cela soit vérifié ou éclairé, que ça soit intéressant, enrichissant ou qu'au contraire ça puisse l'effrayer : ils ne font la plupart du temps que satisfaire leur propre curiosité ou leur propre égo de façon plus ou moins inconsciente en croyant bien faire !

Mais quoi leur dire pour ne froisser personne ? Comment leur faire comprendre sans s'énerver ?

- Dire que son bébé se repose et que le moment n'est pas propice pour le déranger si ce sont des inconnus...
- Juste dire ce qu'on ressent, et que la prochaine fois que le bébé bougera, on leur montrera où sont ses petits pieds par exemple, s'il s'agit de la famille ou de proches (copains, collègues...) ...
- Si c'est une amie chère ou sa propre mère ou qu'on se sent proche de sa belle-mère, on peut gentiment préciser qu'on est heureuse de partager ces moments si particuliers mais qu'on a besoin de s'habituer à ce corps qui change et que l'on souhaite qu'elle nous prévienne de son envie et que souvent on dira oui et parfois non... 

Les humeurs durant la grossesse sont sensibles, car les hormones nous imprègnent, mais si elles nous connaissent ou nous respectent les personnes qui nous sont chères comprendront, et tant pis pour les autres, finalement, n'est-ce pas ? Notre bébé et notre sérénité, notre bien-être sont plus importants qu'un peu d'amour-propre un peu trop pressant...


Après 5 enfants, je peux vous assurer qu'il est préférable de dire ce qu'on ressent, avec plus ou moins de gants selon le degré d'affection que l'on porte au destinataire de la remarque, que de garder pour soi ce ressenti à la limite du malaise parfois... C'est notre corps avant tout, et même si nous sommes heureuses de partager notre bonheur, nous ne sommes pas obligées d'accepter ce qui nous repousse ou viole notre intimité. ;)

Quelques liens pour approfondir :
mesdoudouxetcompagnie.fr interdiction-de-toucher
labouseuse.fr jpeux-toucher-la-main-deja-sur-ton-ventre
grossesse.aujourdhui.com/inconnu-vous-a-touche-le-ventre.asp


13 janv. 2012

Accoucher à la maison - chapitre 4 - Témoignage de 2 mamans : l'AAD et après ?

 Nous sommes deux mères de famille : VertCitrouille et Maybegreen.  Nous avons toutes deux accouché à la maison. Pour vous faire partager cette expérience nous avons rédigé un très long article qui arrive à sa fin !
 La semaine dernière je vous racontais les naissances de Célestine et Swan à la maison, accompagnées par une sage-femme qui restera toujours précieuse à nos coeurs et à notre mémoire, que nous revoyons avec émotion et respect immenses, et dont nos enfants connaissent le nom, les compétences et la délicatesse.

Aujourd’hui VertCitrouille et moi revenons avec un article commun (toujours sur le mode question / réponse) pour essayer de vous faire partager notre ressenti suite à ces accouchements : sont-ils différents des précédents, que nous ont-ils apporté… ?



En quelques mots Maybeegreen qu'ont représentés tes AAD ?

Ces accouchements ont été les plus sereins avec pour accompagnante "notre" sage-femme si humaine, discrète, rassurante.
Je me suis sentie encore plus en phase avec mes bébés, plus respectueuse d'eux aussi.
Pour moi, mes AAD avec l'accompagnement global, représentent des naissances-accouchements normaux, en fait ! La physiologie est respectée, les personnes également : Celle-qui-Accouche, le Papa, la Sage-Femme aussi, et l'enfant Naissant bien sûr!


Et pour toi Vert Citrouille, qu’a représenté ton AAD ?

Mon AAD, car pour Jack cela a finit par un transfert, est synonyme de sérénité et de continuité. C’est cela que je souhaitais déjà pour la naissance de Jack, qu’il n’y ait pas de coupures entre le avant et l’après accouchement, mais que cette naissance fasse partie intégrante de notre vie. Cela ne s’est malheureusement pas passé comme ça, ce qui a été très douloureux pour notre famille.
Ma fille encore petite au moment de la naissance de son frère (23 mois) n’a pas compris pourquoi sa maman n’était plus là. J’étais triste de ne pas pouvoir la soutenir et la câliner pendant cette période difficile. Mon mari faisait du mieux qu’il pouvait mais il était aussi assez focalisé sur moi et le bébé, inquiet pour notre santé. Nous avons aussi eu des problèmes de garde à ce moment là, car la crèche parentale où allait notre fille était fermée pendant les fêtes et mes parents avaient du rentrer chez eux pour raison médicale. Nous nous sommes donc retrouvés seuls. Heureusement une fois rentré à la maison les choses sont vite rentrées dans l’ordre et nous avons pu reprendre notre petite vie.
La naissance de Sweet Dumpling a été au contraire si naturelle. Une naissance peut sembler être un évènement exceptionnel, mais pour Sweet cela était juste si simple, si « faisant parti de notre vie, de notre quotidien ». Le matin j’étais encore enceinte, le soir j’ai accouché, le bébé était maintenant là avec nous et la vie a continué. Le lendemain nous avons pris notre petit déjeuné en famille, le bébé dans mes bras ou endormi dans son hamac près de nous. Un bébé élevé dès sa naissance au milieu des bruits de notre quotidien, des cris, des rires et des jeux de ses frères et sœurs. Cette continuité de la vie est bien pour moi l’élément le plus important de mon accouchement à domicile.


Maybeegreen, t'es tu sentie plus forte après ou était-ce pareil que tes accouchements en maternité ?

Je me suis sentie plus forte lors de mes AAD. Plus forte physiquement (voir l'anecdote où mon mari commente avec étonnement la force des femmes qui accouchent dans accoucher-la-maison-chapitre-3 ).  D'avoir été plus active durant mes accouchements, j'ai ressenti la douleur autrement, tournée entièrement vers mes bébés à naître et non plus sur ma douleur. Ainsi la douleur n'est pas gommée du tout, mais comme on ne lutte plus contre, on l'accompagne comme des vagues qui mènent notre bébé vers nos bras ! Et ainsi, je trouve qu'elle est bien plus supportable, la seule qui ait du sens : ce n'est pas une douleur négative, mais une force qui conduit notre enfant et que nous pouvons aider en bougeant, en prenant des positions physiologiques et parfois antalgiques... Je me suis ainsi sentie plus forte par rapport aux autres "après-naissances", qu'on nomme post-partum , moins fatiguée et plus vite "rétablie".
Je me suis sentie plus mère.
Je me suis sentie plus femme.
Je me suis sentie plus vivante ! Lors des passages de nos bébés de l'utérus et du vagin à l'air "libre" , nous passons en principe toutes (si on nous laisse le temps d'accoucher) par une "phase de désespérance" où nous avons vraiment l'impression intense que nous allons mourir, que jamais notre bébé ne pourra passer, que nous n'y arriverons pas ; mais sauf pathologie, nos bébés sont faits pour passer par là, et notre corps pour les y aider. Nous avons tendance à facilement oublier par la suite ces quelques minutes ou instants si forts de vie et de mort qui se rejoignent là. J'ai constaté qu'avec l'AAD, le fait d'être plus en phase avec la totalité de notre accouchement sans interférence, avec les deux personnes en qui nous avons le plus confiance au monde à cette période-là pour nous accompagner, nous permettre de vivre pleinement ce moment si important dans la vie tant pour nous que pour nos enfants, eh bien tout cela fait que lors de la "phase de désespérance" est venu pour moi (je ne sais pas si c'est le cas pour toutes les femmes qui vivent des naissances respectées dans leur physiologie et particulièrement dans leur intimité) la conscience fugace de cette puissance immense et si fragile à la fois, de la mort et la vie qui semble se rejoindre pour conduire notre enfant de son monde utérin jusques dans sa nouvelle vie : celle du monde extérieur. Rien de mystique là-dedans, même si je peux comprendre que cela peut facilement se ressentir ainsi pour certaines. Pour moi il s'agit juste de la force naturelle de la vie, ni plus ni moins. Une force qu'on minimise souvent et que la période de la maternité et de la naissance permettent de remettre à sa juste valeur si on prend le temps de les vivre sans complexes, si on accepte de rester soi-même tout en vivant de fait un changement gigantesque : être parent pour cet enfant-là, l'accompagner dans son chemin de vie jusqu'à ce qu'il soit en mesure de vivre sa vie de façon autonome, humaine et respectueuse de soi-même autant que d'autrui... Chaque enfant nous fait parent, petit à petit, nous cheminons aussi. Rien n'est tracé, c'est à nous, parents comme enfants, de faire nos choix, de les faire pleinement, consciemment, dès lors que nous nous acceptons de penser, acceptons de nous poser des questions et ainsi de faire des choix chaque jour de notre vie. Nos choix ne sont pas toujours les meilleurs, nos choix conduisent parfois à des évènements désagréables ou effrayants, mais parfois aussi ils nous conduisent à des moments merveilleux, et pour moi, pour mon mari aussi, les naissances à la maison avec notre sage-femme en accompagnement global ont été de ces moments merveilleux et inoubliables qui désormais font partie de notre vie et de notre force. Tout cela, je l'ai ressenti, perçu, pas pensé au moment de la naissance, car s'il y a bien un moment où l'on doit laisser de côté les réflexions et donner toute sa place à l'action et l'émotion, c'est le moment de la naissance!
D'avoir vécu cette expérience, par rapport à mes accouchements en maternité, je me sens entière.


Et toi Vert Citrouille, t’es tu sentie plus forte ?

Non. Peut-être est-ce étrange mais je ne me suis pas sentie différente après cette naissance, peut-être parce que j’ai toujours su que j’avais en moi cette force pour donner la vie, que ce petit-être porté neuf mois sortirait un jour de mon corps, que je n’avais pas à lutter contre, mais accompagner sa sortie, que mon corps était fait pour ça, que j’étais faîte pour donner la vie. En revanche je me suis sentie plus sereine, plus épanouie. En effet pour la naissance de Butternut il me restait après mon accouchement une amertume du « cela aurait pu être différent ». Pour Jack l’accouchement a été complètement physiologique, j’ai pu faire exactement ce que je souhaitais (positions, déplacements) et je n’ai eu aucune intervention (monitoring, perfusions…) J’avais enfin réussi à vivre un accouchement complètement naturel ou j’étais l’unique guide, avec mon enfant, de sa venue au monde. En revanche l’après naissance me laissait un goût plus qu’amer. Avec Sweet, j’ai enfin pu vivre la naissance de mon enfant dans une complète plénitude, que ce soit le pendant ou l’après.


Maybeegreen, Te sens-tu différente des autres femmes d'avoir vécu cette expérience ?

Je n'ai pas tellement l'impression de me sentir différente au premier abord... tant qu'on n'évoque pas les conditions de la naissance, en fait, c'est tellement simple une naissance à la maison, que c'est devenu la norme pour nous. Et c'est quand on nous parle de déclenchement, péridurale, lit d'accouchement, toucher vaginal répété, d'épisiotomie, de séparation maman-bébé etc...  c'est là, qu'on se rend compte de la chance qu'on a d'avoir pu vivre deux naissances aussi respectées. Alors là, oui, on se sent un peu différents : privilégiés, en quelque sorte. Ne pas avoir à se battre pour faire respecter ses choix... Et on souhaiterait que chaque femme, chaque famille puisse avoir le choix de vivre une naissance aussi belle si elle le veut ! Car cela doit rester un choix, ce n'est qu'à cette condition que l'accouchement peut être physiologique et vécu avec un bonheur sans ombre.


Et toi Vert Citrouille tu te sens différente ?

Je ne me sens pas différente des autres femmes. J’ai donné naissance à mon enfant à la maison, d’autres le font à l’hôpital. Je suis devenue mère comme des millions de femmes. Mon vécu, mon parcours a fait qu’accoucher a toujours été pour moi un acte naturel et qu’assez vite j’ai pu me départir de mes peurs de ne pas y arriver, de ce besoin d’assistance qu’ont certaines femmes. Prendre conscience de ce qu’est réellement une naissance, prendre conscience de notre force, de nos capacités à donner la vie se fait plus ou moins rapidement selon les femmes. Certaines après un cheminement plus ou moins long y arriveront, d’autres n’y parviendrons jamais, car elles associeront toujours la naissance à un acte médical ou à la douleur et auront donc besoin de l’hôpital. Est-ce pour autant que je me sens supérieur à ces femmes ? Pas le moins du monde, car une naissance est avant tout un voyage : un voyage intérieur, un voyage personnel, une découverte de nos forces, de nos limites, et toute femme qui accouche fait ce voyage. Comment dire à une femme que ce parcours si difficile et douloureux parfois n’est pas le bon, qu’elle n’a pas choisi la bonne voie et que le mien est force de vérité ?
En revanche tout comme Maybeegreen je suis parfois excédée par le manque d’informations et la méconnaissance des femmes sur l’accouchement, la péridurale, comme si cette banalisation de la surmédicalisation, cette confiance aveugle en leur gynécologue, en l’hôpital leur avait fait oublier qu’un accouchement est avant tout l’histoire d’une naissance, une histoire entre elle et leur enfant.
Mais il me semble quand même, que ces dernières années les choses changent : des sages-femmes soutiennent les femmes et leur redonnent confiance en leur capacités, de futurs mères rédigent leur projet de naissance… Je crois sincèrement que les femmes sont en train de reprendre en main leur accouchement, qu’elles ne sont plus de simples spectatrices de la naissance de leur enfant mais pleinement actrices, même si parfois les hôpitaux et leurs protocoles font encore barrage.


Maybeegreen, as-tu l'impression que cela a changé quelque chose dans ton couple, ta famille ?

Cela a rendu mon couple plus fort avant, pendant et après ces accouchements à la maison. Nous avons décidé et vécu tout cela ensemble, en harmonie, sans rien imposer l'un à l'autre, juste en parlant à coeur ouvert de tout... Nous avons pris soin l'un de l'autre plus encore que lors des grossesses et des naissances précédentes. Mon chéri a été aux petits soins comme jamais après nos AAD, pour moi comme pour nos bébés nouveaux-nés et nos autres enfants. Il a pleinement pris sa place.
La fratrie est renforcée. Le fait de ne pas faire de coupure entre moi, le bébé et nos autres enfants et mon chéri, a permis aux aînés de ne pas ressentir de jalousie (ou presque pas) envers un bébé qui leur aurait dérobé leur maman pendant plusieurs jours et qui serait passé du statut invisible dans le ventre au statut intrus dans les bras... Le bébé était attendu différemment : les filles étaient pressées non pas seulement que le bébé naisse, mais elles espéraient ouvertement voir la naissance, même si je préférais à priori garder mon intimité... Et en fait, à chacun de mes AAD, par hasard, mes deux aînées ont assisté, la seconde lors de notre première naissance à la maison, à la sortie de sa petite soeur et la plus grande à celle de son petit frère, lors de notre second AAD : ce n'était pas fait exprès mais elles avaient des recommandations importantes au cas où, et elles ont été très discrètes et respectueuses, à tel point que je ne me suis rendue compte de leur présence qu'une fois mes bébés dans mes bras! Elle n'ont vu que la fin, le but ultime de la naissance, et toute puissante qu'ait été cette image, elles ont choisi de venir voir et n'ont jamais parlé de cette image comme choquante ou dégoutante ou effrayante pour elles (choses qui m'inquiétaient avant mon premier AAD) : elles ont tiré de cette expérience une image forte mais belle, et la joie qui se lisait sur leur visage ne laissait aucun doute là-dessus.
Notre famille en est ressortie plus soudée encore qu'après les autres naissances, plus confiante aussi en chacun de nous, et chacun plus confiant en soi et en ses propres capacités. C'est tellement simple quand on le vit, comparé à un accouchement en structure, que c'est difficile de mettre des mots sur cette non-cassure, cette continuité qui sur le moment et après-coup semble tellement aller de soi ! On accompagne juste la naissance de notre enfant, avec auprès de nous notre sage-femme expérimentée et pleine de bienveillance : la vie continue, le bonheur est simple et pur, nos coeurs « emplis de soleil » de cette expérience si enrichissante... Choisissons chacun de nos pas et puissions-nous vivre encore de nombreux moments aussi justes, simples, forts.


Et pour toi Vert Citrouille cela a-t-il changé quelque chose dan ton couple, ta famille ?

Comme je l’ai évoqué plus haut et comme tu le dis aussi si bien Maybeegreen, pas de changements, pas de coupures mais une continuité dans la vie de notre famille.
Je m’interroge parfois sur ce que cette naissance à la maison aura transmis à mes enfants ? So, notre sage-femme est née à la maison, comme tous ses frères et sœurs. Cette vocation de devenir sage-femme, d’accompagner les femmes dans la naissance de leur enfant elle la doit en grande partie à ce vécu. Je pense à mes filles, est-ce que cette naissance leur donnera toute confiance en elles, la certitude que mettre au monde un enfant est avant tout naturel. Est-ce que par ce choix je vais leur transmettre cette force que toute femme a et peut trouver en elle ? Et mon garçon dans tout ça qu’en retirera t-il ? 
Vous serez peut-être aussi intéressés par : 

Au chapitre 1, nous avions évoqué ce qui nous avait mené vers l’accouchement à domicile, deux parcours différents : accoucher à domicile - pourquoi ?

Ensuite, au chapitre 2, nous avons parlé de nos préparations à l’accouchement :

Le chapitre 3 , nos récits de naissance : 
Les récits de naissances de Vert Citrouille 


Pour conclure notre témoignage : 
 Nous espérons que vous avez apprécié nous lire comme nous avons pris plaisir à écrire et que ces quatre chapitres vous en auront appris un peu plus sur ce que peut-être un accouchement à domicile. Nous projetons d'écrire prochainement (toujours en coopération) un article sur toutes les questions financières liés à l'AAD (combien cela coûte t-il, assurance des sages-femmes...) et sur la déclaration de naissance après un AAD (comment cela se passe t-il concrètement, est-ce différend de la déclaration de naissance lorsqu'elle a lieu en structure...).

Pour faire un tour sur le blog de Vert Citrouille : vert-citrouille.com

Notre contribution aux Vendredis Intellos

6 janv. 2012

Accoucher à la maison - chapitre 3 - Témoignage de 2 mamans : Deux récits de naissances par maybeegreen



Nous sommes deux mères de famille : VertCitrouille et Maybegreen .  Nous avons toutes deux accouché à la maison. Pour vous faire partager cette expérience nous avons rédigé un très long article que nous posterons sur plusieurs semaine chapitre par chapitre.
  Il y a quelques semaines, nous avions évoqué ce qui nous avait mené vers l’accouchement à domicile, deux parcours différents.

Ensuite, nous avons parlé de nos préparations à l’accouchement.

Aujourd'hui, pour la 3e partie, nous voici venues vous raconter comment se sont passées les naissances de nos enfants dont nous avons préparé les AAD. Ces récits étant trop longs pour être mis ensembles à suivre, celui de Maybeegreen sera raconté ici et celui de VertCitrouille sur son blog. Les réactions sont bienvenues sur nos blogs et sur les Vendredis Intellos!
Comment se sont passé tes accouchements à la maison ? Te les étais-tu imaginé ? Si oui était-ce comme tu les souhaitais ? Quel a été la place de ton mari ? Et de ta sage-femme ?

Ces deux naissances ont eu lieu la nuit, commencé en soirée...terminée toutes deux aux alentours de deux ou trois heures du matin...
J'avais visualisé les lieux possibles, selon que les enfants seraient à l'école ou à la maison durant le travail, sachant que je devrais avoir du calme et pas à me soucier pour une fois de leur bien-être mais du mien... pour ce bébé à naître, pour ne pas compliquer le travail, conserver une intimité la plus agréable possible, pouvoir éventuellement déambuler dans mon jardin au début et au milieu du travail...si l'envie m'en prenait... pouvoir éventuellement prendre un bain, mais de toutes les façons prendre une douche chaude quand je serais presque sûre... et voir si le travail se maintenait, croissait en intensité ou si ce n'était pas le moment... Si la naissance avait lieu lors de la présence éveillée des enfants, nous avions des proches prêts à accueillir les enfants si besoin pendant le temps nécessaire... Ayant accouché la nuit, c'était idéal pour moi...
Quant à imaginer une naissance, elles sont toutes différentes, et ce qu'on imagine n'est toujours qu'un ersatz comparé à ce qu'on vit. Mais la sensation de puissance immense, de vie intense, de force pure et de joie fabuleuse ont été de véritables révélations pour moi : jamais lors de mes trois premiers accouchements en structure je n'avais ressenti cela, et pourtant les rencontres avaient été pleine de bonheur et d'émotions, mais là, lors des naissances à la maison de Célestine et Swan (prénoms fictifs pour préserver notre intimité) , le bonheur était décuplé, les émotions sans barrières !

Naissance de Célestine :
La première période d'une naissance est Mouvements, vibrations, balancements, étirements, massages quand cela commence à s'intensifier, si on en ressent l'envie... immersion ou contact avec l'eau chaude, sur le creux des reins, le dos, la nuque, tout le corps enveloppé de chaleur et de fluidité... Conduis-moi... Berces-moi... Enroules-moi pour accompagner le voyage de mon enfant... l'aider à faire son chemin de vie pour venir découvrir la lumière un peu, nos visages heureux, le monde, et nous ses parents, qui l'attendons avec tant de tendresse...
Je suis prête, tu peux appeler Cy, Chéri : c'est parti !
Je me berce encore grâce à mon ballon, rotations, déhanchements, je cherche le soulagement pour ne pas me fatiguer trop vite... Je m'allonge un peu, je n'ai pas vraiment envie que mon bébé arrive avant Cy, là... Cy arrive dans le calme de la nuit... Pose ses affaires, que je vois à peine, tout ce qu'il lui faut, mais la discrétion même... Tout va bien. Je peux laisser mes contractions poursuivre leur poussée de ma petite Célestine, car Chéri et moi savons...nous seuls.
Massages. Tendres mouvements lents et fermes dans le bas de mes reins, ça chauffe doucement et ça fait du bien, car là, les contractions commencent à faire vraiment mal...
Pause. Je n'ai plus envie de bouger. Je vais m'installer au sol, sur la couverture moelleuse, mon Chéri est là, Cy est là... D'ailleurs Cy a perçu le changement, mes yeux qui la cherchent... les massages ne suffisent plus à présent, je n'en veux plus... Les bouillottes en noyaux de cerises bien chaudes, ni les compresses humides et chaudes, non plus... Cy se rapproche de moi, doucement, simplement, s'assied sur la couverture avec nous.
Arrive la phase de « désespérance » : la fin est proche, mais qu'on accouche pour la première ou la énième fois, toujours cette impression énorme de ne pas pouvoir y arriver, de mourir bientôt ! La force des contractions est gigantesque, longue, s'étire encore et encore... s'affaisse et reflue lentement... Pour revenir presque aussitôt , encore et encore... C'est là que Cy m'encourage dans un murmure grave : tout va bien, tu sais que tu va y arriver, c'est juste bébé qui est là, juste là, tout près... Sens !
Célestine est née devant le feu de cheminée, ce soir de mai-là. Mon mari était assis derrière moi pour me soutenir et je m'y suis agrippée comme à la vie pour les dernières contractions.
D'ailleurs il a eu mal pendant quelques jours , mais cela le faisait rire de bonheur : la puissance d'une femme qui accouche est telle, aime-t'il à raconter, qu'elle pourrait soulever une voiture !


La naissance de Celestine, vue par ma 2e :
"C'était plus marrant qu'à l'hôpital, plus agréable parce qu'il n'y avait pas beaucoup de bruit pour que maman se concentre. J'avais quand même un peu peur pour maman parce qu'elle poussait des drôles de cris... Je voulais à tout prix savoir si c'était un garçon ou une fille, je voulais aider maman quand le bébé sortirait ; j'ai entendu maman crier (pour aider Célestine à sortir) et je suis allée voir, sans faire de bruit (maman nous avait prévenu que ce jour-là il ne faudrait pas la déranger tant que le bébé ne serait pas né, et un peu après aussi) , et j'ai vu ma petite soeur naître, elle était toute petite, plus que je ne croyais, elle était mouillée, ça faisait bizarre, et aussi parce qu'elle n'avait pas beaucoup de cheveux. J'étais contente de l'avoir vue sortir. J'ai été chercher mes soeurs pour qu'elles viennent voir, et ensuite nous sommes retournées dormir. Quand le matin nous sommes allées à l'école, j'ai raconté à tout le monde que j'avais vu ma petite soeur naître, j'étais trop contente !"

Photo non libre de droit , merci de me demander si vous souhaitez la reproduire !

La naissance de Swan :
Tout est encore plus simple, je n'ai même plus d'inquiétudes sur l'arrivée éventuelle de Cy quelques minutes après ou avant : peu importe, j'ai désormais entière confiance dans la physiologie de l'accouchement, notre capacité à faire de ce moment une aventure unique et si simple de beauté, à couper le souffle !
Reste le suspense de ce petit bébé coquin (dont nous savons -volontairement- pas encore le sexe, un mystère à découvrir) qui se fait une beauté longuement... tant qu'à quelques heures près, il serait né en maternité s'il n'avait enfin décidé de se montrer au grand jour pour qu'on puisse enfin l'embrasser sur les joues, les cheveux, les mains, les pieds...
Nous essayons toutes les méthodes douces que je connais : rires, câlins, un peu de voiture aussi, pour aller voir Cy et vérifier que tout va bien... feu vert pour un jour de plus, mais dernier délai (au-delà d'un terme défini en début d'accompagnement par la sage-femme, elle ne se permet plus d'accompagner un aad)... Aie, bébé viens donc, tout est prêt, tout le monde t'attend, oh et puis, mince, fais comme tu veux, tant pis, moi, il faut que je dorme car la nuit dernière a été une « fausse alerte » ! En fait, la nuit dernière a bien avancé le col, mais le travail n'est toujours pas réellement en route. Je me couche très tôt après une balade au bord du canal avec chéri (les enfants étaient à l'école)... Je me couche vers 18h... Chéri s'occupe des enfants. J'ai le calme et je m'en fous... Dormir...
Je dors deux heures ou un peu moins... et je me réveille avec la certitude que ça y est, mon bébé arrive ! Une contraction puissante, mais brève, j'ai encore du temps. Elles sont aux 20 minutes, pour l'instant je regarde l'heure, mais quand Chéri aura appelé Cy, cela n'aura plus aucune importance...Pour l'instant, je prépare le nid sans bruit, mais je préviens mon Amour que je vais prendre une douche et qu'ensuite il saura si c'est le moment de téléphoner à Cy. Appeler pour rien au milieu de la nuit, ça ne nous dit rien, alors même si je sens que c'est pour de bon cette fois, je préfère aller me réchauffer avec cette douche et guetter les signaux de mon corps, parler encore à mon bébé aussi, sans réveiller les enfants, je monte à l'étage et me faufile dans la salle-de-bain , et me plonge avec délices sous la douche chaude... encore à l'aise... et les contractions se rapprochent déjà une aux 15, puis une aux 10 minutes ! Elles restent environ aux dix minutes et toutes de la même force, même, je dirais qu'elles ne font pas mine! Je sors de la douche, le sourire aux lèvres, les yeux émus : j'ai bien raison, la rencontre attendue est pour cette nuit !
Chéri appelle Cy, elle arrive, le temps de prendre une douche et de faire la route.
J'installe quelques dernières choses qui attendaient sagement dans le panier pour ce moment-là... Mon chéri m'aide, tout ça dans la quiétude de la nuit... sans mot inutile, dans la douceur, avec sérieux et sourire à la fois... encore que, côté contractions, ça commence à douiller sérieux aussi, on en est aux 7-8 minutes... Massages des reins, Chéri est serein... Les contractions ne me laissent plus m'occuper d'autre chose... on doit être aux 5 minutes, mais je n'ai plus regardé ma montre alors c'est juste l'impression que j'avais... Ballon, c'est bon aussi, rouler le bassin, ça fait du bien, pendant qu'il remet du bois dans le feu et accueille Cy qui vient d'arriver...je n'ai même pas entendu la voiture, comme la première fois...
Ils plaisantent tranquillement, mais je décroche de plus en plus ; juste les contractions et la descente de bébé... Cy s'installe sur la chaise que je lui ai préparé je crois... Je demande à chéri par bribes de venir me soutenir pour que je m'étire...et soulage ainsi des contractions qui ne laissent plus guère de répit... pas vraiment des mots, il me semble, mais il comprend...
Je suis presque verticale, soutenue par mon Amour assis sur notre lit, je mets mes jambes en appui contre la cheminée pour ne pas faiblir lorsque j'accompagne de toutes mes forces les contractions qui expulsent mon bébé hors de son premier logis, le bail est expiré, mon petit coeur, viens désormais dans nos bras, qu'on te couvre de baisers, qu'on te découvre..
Les yeux dans les yeux avec Cy, puis la vague presque continue cette mer déchaînée et soudain l'explosion finale qui nous surprend la poche des eaux et bébé arrivent en même temps la tête est là, je te sens tout chaud tout doux tendre enfant je te guide ...secondée par Cy qui veille et intervient le moins possible, toujours en appui de toutes mes forces arc-boutée contre le torse protecteur de mon Chéri, qui est mon pilier, tout comme Cy est mon phare... J'accompagne enfin la dernière vague et tu glisses dans mes bras, je te prends contre moi, si doux, si bien fait, tes petites mains, tes petits pieds, ton odeur me font vibrer comme chacun de mes enfants nouveaux-nés !
Enfin une partie de mon cerveau se connecte un peu et je regarde : tu es un petit gars, comme je me l'imaginais depuis des mois, sans en avoir la certitude et sans vouloir l'avoir... C'est un peu magique la rencontre avec son enfant, un regard plein d'Amour à mon Chéri, un regard presque aussi fort à Cy, je m'aperçois à peine que ma plus grande fille est là depuis à peine quelques minutes ou moins : elle m'a entendu, a attendu que je fasse moins de bruit de peur de me gêner, et est heureuse de découvrir la « première » son petit frère... cependant point besoin de réveiller les autres demoiselles qui viennent découvrir qui est le nouveau membre de la famille quelles vont pouvoir effleurer d'une caresse timide... Elles retournent gentiment se coucher, mais il y a de la joie dans l'air...cependant elles ne nous dérangent pas et finissent par se rendormir...
J'ai à peine perçu tout ça, toute à mon premier câlin avec mon bébé... les yeux dans les yeux, peau à peau, Chéri et Cy nous couvrent des serviettes chaudes et douces, puis m'aident à m'installer avec Swan dans le lit confortablement , ensuite recouverts de la couverture prévue, et je demande même en murmurant la couette par-dessus : je me laisse désormais dorlotter, toute à mon bébé, qui fait connaissance avec mon sein... Bébé et moi sommes toujours reliés, car on ne coupera le cordon que lorsqu'il n'aura plus de battements, plus d'échanges...
A un moment, un peu plus tard, les contractions reviennent, pour « nettoyer le nid », libérer le placenta, j'avoue que je ne sais même plus où j'étais installée à ce moment-là, toujours est-il que le placenta était en un seul morceau, impeccable, tout allait donc pour le mieux, c'est tout ce que je me souviens de ça, et que c'est presque aussi fort que le passage des épaules de bébé, donc pas aussi difficile que la tête, dernier effort avant la paix... sauf celle des tranchées, mais c'est un autre sujet ;)
Cy s'occupe de moi et de bébé (toujours en peau à peau), Chéri et elle finissent par lui mettre sa première couche lavable et l'habiller sous mes yeux, et le reposent contre moi bien au chaud. Elle me veille quelques heures, partage un thé ou un café je ne sais plus, j'ai droit à ce qui me fait envie... puis elle remplit les papiers... je crois que c'est tout, elle nous souhaite une bonne fin de nuit à 3, reviendra nous voir dans quelques heures après un peu de sommeil et quelques rendez-vous...
Rien de spécial pour les suites des couches, Cy revient nous voir régulièrement et on peut l'appeler quand on veut, elle apporte le carnet de santé (à moins qu'elle l'avait déjà apporté et rempli ;)) , effectuera avec un hamac en tissus la pesée de mon bébé et puis prendra ses mesures, nous feront la visite du « 8e jour » avec notre médecin traitant...

Du bonheur à l'état pur, la vie tout simplement !

 Pour maintenant lire les récits de naissances de Vert Citrouille c'est par ici !

Rendez-vous vendredi prochain pour la 4e et dernière partie !



16 déc. 2011

Accoucher A Domicile : chapitre 2 Quelle préparation à l'AAD ? - Témoignage de 2 mamans

Accouchement à domicile. Partie 2 : Préparations pour un Accouchement à la maison 

Nous sommes deux mères de famille : VertCitrouille et Maybegreen .  Nous avons toutes deux accouché à la maison. Pour vous faire partager cette expérience nous avons rédigé un très long article que nous posterons sur plusieurs semaine chapitre par chapitre.

La semaine dernière nous avions évoqué ce qui nous avait mené vers l’accouchement à domicile, deux parcours différents. Aujourd’hui nous allons vous parler de nos préparations à l’accouchement.

Maybegreen, comment t'es tu préparée pour tes accouchements à la maison? Était-ce différent de tes premiers accouchements en maternité ?
Pour ma première grossesse, devant les préparations à la naissance que proposaient les sages-femmes de la maternité, mon chéri et moi avons eu envie d'essayer l'haptonomie, au début plus par curiosité et un enclin naturel vers un renforcement des liens incluant le papa. Je n'avais pas envie, non plus, de me retrouver seule avec une meute de femmes enceintes inconnues, mon compagnon et moi avions et avons encore une relation assez « fusionnelle ».
Ces rencontres avec la sage-femme sont devenues de véritables rencontres avec notre bébé. Il répondait à nos « appels ». Des rencontres étourdissantes, époustouflantes, mais si simples, si naturelles : la réunion de la pensée et du coeur, du toucher et de la voix !
C'est aussi peut-être cette sage-femme qui a semé sans le savoir la graine de mes futurs accouchements à la maison. Lors d'une rencontre de fin de grossesse, elle m'a dit « Mais vous êtes faite pour accoucher, vous ! », mots tout simples, qui s'appliquent à toutes les femmes à de rares exceptions près (ces femmes qui sont malheureusement prédisposées à avoir des accouchements pathologiques), mais qui sur le moment et durant longtemps m'ont rassurés sur ma « capacité » à mettre au monde mes enfants.
L'haptonomie a aussi, entre autres, pour principe d'autonomiser la femme lors de l'accouchement, et montrer au papa des techniques et des postures en duo pouvant aider sa compagne en soulageant la douleur.
Cette préparation qui ne ressemblait pas aux autres a été une véritable découverte, et de dubitatifs que nous étions avant de commencer, elle a été si pleine de sens pour nous, que je n'ai jamais ressenti le besoin lors des grossesses ultérieures d'en faire d'autres. N'a demeuré que le besoin de comprendre et de savoir... non pas comment faire, mais quoi ne pas faire... pour rendre l'expérience de la naissance encore plus « juste », unique et sans regret … sans fausse note. Comme tout parent nous voulions et voulons le mieux pour nos enfants !
Ayant failli accoucher dans notre voiture ou dans les couloirs de deux maternités, ayant eu la très désagréable obligation de monter sur la table d'accouchement en pleine contraction de poussée (personne ne me croyait, sauf mon mari, et/ou cela ne leur convenait pas que j'accouche ailleurs que l'endroit prévu pour), je ne voulais pas revivre ces sensations d'impuissance et de danger pour mon bébé ! Pour moi le danger était plus grand à naître dans une voiture, un couloir à la vue de tous et en courant d'airs ou sur un escabeau en métal ou un carrelage où je n'étais pas certaine d'avoir la force et le temps de rattraper mon enfant ! Plus grand que de naître tranquillement à la maison avec une sage-femme entièrement disponible rien que pour nous du début à la fin dès lors que nous l'aurions appelée, une sage-femme qui avait accompagné de nombreux AAD auparavant !
Pour les deux naissances à la maison de Célestine et de Swan, j’ai lu plusieurs documents scientifiques, et j'ai ressenti en même temps l'envie de lire des textes parlant d'expériences... et de ressenti !

J'avais, pendant le neuvième mois, sous la main :
  • la liste des conditions idéales pour une naissance physiologique, telle que décrite par Michel Odent
  • le résumé du rappel précis listé par l'OMS :
Mes lectures :
- Le Fermier et l'Accoucheur, Michel Odent (Editions Médicis)
«  Dans bien des cas, la décision du lieu de naissance pourrait être différée jusqu'à ce que le travail soit bien établi. Si la progression du travail se fait sans accroc, pourquoi se déplacer ? Si, par contre, il semble raisonnable d'aller à l'hôpital, il n'en reste pas moins qu'une des causes les plus fréquentes d'accouchement long et difficile aura été éliminée, à savoir le fait d'aller trop tôt à la maternité, avant que le travail ne soit vraiment établi, à une phase de grande vulnérabilité vis-à-vis de l'environnement. Même les femmes mal à l'aise avec l'idée de naissance à la maison devraient tout au moins essayer de partir le plus tard possible, après une sorte de « point de non-retour »
- Les 10 plus gros mensonges sur l'accouchement, Blandine Poitel (Editions Dangles)
« Si vous croyez qu’accoucher est dangereux, la position gynécologique imposée à la femme est la meilleure pour elle et son bébé, la douleur de l'accouchement est insupportable sans péridurale, les gestes faits sur le bébé à la naissance sont indispensables...Alors (...) ne vous laissez pas désinformer plus longtemps ! »
- Césariennes : questions, effets, enjeux, Alerte face à la banalisation, Michel Odent (Editions Le Souffle d'Or)
« Les stratégies obstétricales de l'avenir ont des objectifs faciles à résumer : faire en sorte qu'autant de femmes que possible mettent au monde leur bébé sous l'effet d'un flot non contrarié d'hormones de l'amour. »
- Attendre bébé autrement, Ressources pour une grossesse naturelle, Catherine Piraud-Rouet et Emmanuelle Sampers-Gendre (Editions La Plage )
J'ai préféré ne garder que cette phrase, car cet ouvrage est trop riche pour en citer des extraits. A propos de l'AAD : « Il est des instants si rares et précieux qu'on ne peut les vivre qu'en famille, loin des protocoles, hors du temps... »
- Pour une naissance à visage humain, Claude Didierjean-Jouveau (Editions Jouvence)
« Frédéric Leboyer rappelle (…) ''Que la femme en travail doit se laisser emporter par la vague, saisir le rythme et se joindre à lui'' , ''laisser respiration et contractions s'harmoniser spontanément grâce au son'' . Se donner la liberté d'émettre des sons (…) Il n'y a sans doute pas de position idéale, que ce soit pendant le travail ou pendant l'accouchement lui-même. La meilleure position est celle que la femme va prendre spontanément, pour peu qu'on lui en laisse la liberté, une position qu'elle n'aura souvent pas prévue à l'avance. Ce qu'on peut dire par contre, c'est que la position couchée sur le dos, jambes relevées, pieds dans les étriers, est sûrement la plus anti-physiologique qui soit. »
- Et pour mon second accouchement à la maison, j'avais en plus en tête les merveilleuses sensations d'intimité évoquées dans le livre Passages de vies de Joëlle Terrien (Editions l'Instatn Présent).
« Sage-femme, quel beau métier ! Pourtant, celui-ci a bien changé depuis ses origines. De savoir-faire reposant sur l'expérience, l'art de la sage-femme s'est mué en pratique soumise à la science obstétricale et à ses techniques interventionnistes. Pour le meilleur comme pour le pire. Dans ce livre, Joelle Terrien nous invite à explorer l'histoire mais aussi le présent, pour tenter de comprendre le processus d'hyper-médicalisation de la naissance. » Ce qui m'a le plus touchée dans ce livre c'est le respect de l'intimité de la Naissance, le reste appuyant combien c'est essentiel.
C'étaient hormis l'haptonomie que nous pratiquions mon chéri et moi avec chacun de nos futurs bébés, et les rencontres mensuelles (moi, mon mari, et souvent notre plus jeune enfant) avec ma sage-femme Cy, qui veillait sur moi, sur nous, les seules préparations à la naissance que j'aie faite pour l'AAD. Cy était disponible si j'avais des questions, des doutes, par téléphone quand je voulais, et les rencontres duraient « le temps qu'il fallait »... jamais moins d'une demi-heure, parfois une heure il me semble... On en ressortait toujours, moi surtout (mon chéri était serein du moment que je l'étais et même parvenait bien souvent à me rassurer quand je ne l'étais pas assez!), avec le sourire dans le coeur, l'esprit confiant dans notre sage-femme et dans la naissance à la maison à venir de notre bébé! Tout allait bien !
Au 8e ou 9e mois, selon les besoins et circonstances, elle venait à notre domicile pour connaître la route, et avoir les lieux en tête, savoir si nous avions des souhaits particuliers ou non par rapport à l'endroit où notre bébé naîtrait etc... Un beau moment de partage où l'imminence de cette future naissance à la maison devenait plus concrète !
J’ai éprouvé de la joie à toutes les échographies de toutes mes grossesses mais je n’ai jamais ressenti cette sensation que ne peut procurer, selon moi, que l'accompagnement global avec une seule et même sage-femme !
Avec mon chéri nous avions aussi préparé un « Projet de naissance » au cas où un transfert ou un imprévu aurait rendu l'AAD impossible, afin de ne pas vivre avec dépit ce moment si important qu'est la naissance et les heures et jours qui suivent. J'avais fait de mon mieux pour que nous sachions faire entendre nos souhaits de « naissance à visage humain » (à télécharger en bas de page).
La préparation et l'AAD vue côté papa :
"J’ai pu assister aux accouchements en clinique et à la maison. Les contraintes pour le premier sont la surmédicalisation, le trajet à la maternité et de ne pas pouvoir s'occuper de son bébé, alors qu'à la maison cela est tout à fait naturel. On peut aussi s'occuper de la maman et de bébé alors qu'en maternité ont reste des clients ! On n’a pas non plus à faire garder ses aînés si la naissance a lieu à la maison, c'est plus simple… Le congé paternité prend là encore plus son importance..."
Et toi, et ton compagnon, Vert Citrouille , comment vous-êtes vous préparés à l'AAD ?
Je ne sais si on peut dire que je me suis « préparée » à l’AAD. Je n’ai jamais vraiment fait de cours de préparation à l’accouchement non plus d’ailleurs.
Tout comme vous, nous avons commencé des cours d’haptonomie, que nous avons arrêté après trois séances : ces cours avaient lieu avec cette sage-femme avec qui nous n’avions pas réussi à nous sentir à l’aise. Ces séances (au contraire de toi je ne peux pas les appeler rencontres) nous laissaient très dubitatifs. Nous avions l’impression d’embêter notre bébé, de le déranger. Peut-être ce sentiment est-il du au fait que cette sage-femme ne nous convenait pas et que nous vivions ces séances comme intrusives. Nous préférions rester dans notre bulle, dans la découverte de cet enfant à naître, à notre rythme, le soir allongé sur le canapé ou sur le lit. Mon mari appelait notre bébé, lui parlait, caressait mon ventre et il répondait s’il en avait envie.
Le jour de mon premier accouchement je suis donc arrivée à la maternité sans avoir suivi de réelle préparation. Je crois que ce jour là j’étais juste dans mon monde, concentrée sur ce bébé qui arrivait, que j’allais découvrir. J’ai réagi à l’instinct. J’ai beaucoup marché, c’était comme une nécessité, et quand les contractions se faisaient sentir je me suspendais aux épaules de mon mari. J’avais ce besoin de m’étirer.
Pour la naissance de mon deuxième enfant j’ai fait de l’aquagym pour femme enceinte. Cela ne préparait pas à l’accouchement, c’était seulement par plaisir, plaisir de faire de l’exercice, de se sentir si léger dans l’eau, de sentir mon corps autrement, mais aussi de rencontrer d’autres futurs mères.
Je me suis aussi documentée. Mon livre de chevet, durant cette grossesse (et la suivante !), était : « Vivre sa grossesse et son accouchement : une naissance heureuse » d’Isabelle Brabant. Un livre qui aborde tout : l’état émotionnel de la femme enceinte, les interventions que l’on peu subir durant la grossesse et l’accouchement, ce qui est obligatoire, ce qui ne l’est pas, ce qui est abusif. Elle parle aussi de la douleur de l’accouchement qui ne devrait pas être vu négativement, de l’enfant à naître, de son accueil. Elle redonne sa place à la femme dans ce moment merveilleux que devrait être la naissance d’un enfant.
« J’ai toujours cru au pouvoir qu’ont les femmes de mettre leurs enfants au monde. Ces dernières années m’ont toutefois amenée à comprendre différemment mon rôle de sage-femme. […] Avec le temps j’ai compris combien le travail d’accompagner les femmes est bien différent lorsqu’elles partent ‘’sur leur propre planète’’, lorsqu’elles se laissent posséder par l’énergie de la naissance et les hormones qui circulent dans leur corps. Plonger dans ce monde-là, n’est pas facile. Quand elles se sentent suffisamment en sécurité, elles osent suivre ce que leur corps leur dicte pour faciliter l’accouchement, qu’elles vivent alors de façon autonome. Doucement mon rôle s’est transformé. […] Où se trouve donc le rôle de ceux qui accompagne une femme qui accouche ? Plus que jamais je me vois comme la gardienne de son espace intime. » (p.215-216)
Mon mari me lisait aussi des passages d’ « Intimes naissances : choisir d’accoucher à la maison ». Certains récits nous ont plu d’autres moins, une question de parcours de vie et d’émotions, je pense.
Témoignage de J Lavillonnière, sage-femme (p.282-283)
« Ces années où j’ai commencé à accompagner des accouchements à domicile sont celles qui m’ont le plus instruites. J’ai découvert les compétences des femmes, que je n’avais jamais su voir, convaincue que sans l’apport technique, sans la supervision médicale, l’accouchement était un passage extrêmement dangereux dans lequel l’enfant et la mère risquait la mort. On nous enseignait qu’on ne pouvait affirmer qu’un accouchement avait été ‘‘normal’’ que deux heures après la naissance…
Il y eut cette première femme, puis une deuxième, puis d’autres… Ce que ces femmes affirmaient c’est qu’elles n’avaient pas besoin de techniques autour d’elles. Elles savaient accoucher, leurs corps savait le faire, leur bébé savait venir au monde. Elles avaient juste besoin que je sois là pour ‘’veiller sur elles et sur leurs bébés’’ afin de confirmer que rien de fâcheux ne survenait. »
Pour me préparer à la naissance de mon troisième enfant, je n’ai tout simplement rien fait.
Je voyais So, ma sage-femme AAD, une fois tous les deux mois, accompagnée de toute la famille (mari et enfants) et à partir du neuvième mois toutes les semaines. Nous papotions de tout et de rien : de mes sentiments et de ceux de mon mari, des enfants, de ce bébé à naître, de ma santé, de l’accouchement.
Je voyais aussi Si tout les mois, c’est elle qui s’occupait de mon suivi « médicalement parlant ». Nous avions choisi cette solution car je ne conduis pas, Si avait son cabinet à côté de chez nous, elle connaissait So et mon projet d’accouchement à domicile ne lui posait aucun problème. Nous échangions beaucoup sur mon quotidien, mes émotions, mon ressenti. Un suivi basé sur le dialogue et non sur des actes médicaux. J’ai eu un très bel accompagnement grâce à ces deux sages-femmes.
Avais-tu prévu une organisation spéciale dans ta maison pour le jour J ? Avais-tu prévu une valise au cas où pour la maternité ?
Sur le plan matériel, pour le jour J, sur les recommandations de notre sage-femme, nous avions prévu une bâche pour protéger notre matelas, deux bassines (une pour de l’eau chaude, une pour recueillir le placenta), des serviettes chaudes, un chauffage d’appoint (la naissance était prévu dans l’automne) et bien sur tout ce qu’il fallait pour le bébé (body, pyjamas, couverture…) mais comme tout futur parent finalement ! Notre sage-femme avait aussi amené trois semaines avant la date présumé d’accouchement sa caisse contenant ses vêtements, des alaises et je ne sais plus quoi d’autre.
J’avais affiché les numéros de téléphones pour le jour J un peu partout dans la maison, histoire de ne pas les chercher partout (numéro de So, de Sa, de la maternité, d’amis qui pourraient garder les plus grands en cas de transfert…)
Pour la naissance de Jack je n’avais pas fait de valise pour la maternité car je ne pensais pas accoucher aussi tôt. Nous étions en plein dans les fêtes de fin d’année. Lors de mon transfert, je suis donc parti les mains dans les poches (enfin plutôt sur le bidon, en train de respirer et de me détendre pendant les contractions). Mon mari a amené tout ce qu’il fallait plus tard. Pour la naissance de Sweet Dumpling, j’ai fait mon sac un peu à contre cœur, mais prudente, forte de mon expérience précédente.
Concernant nos enfant, nous n’avions pas prévu de mode de garde si j’accouchais à domicile, cela ne me dérangeait pas qu’il soit dans la maison le jour J.
Nous avons par contre eu le droit avec mon mari à une petite préparation un peu spécial de la part de So : que faire si la sage-femme n’arrive pas à temps ? J’avais accouché assez vite de Jack et elle pensait, à juste titre, que cela serait pareil pour ce bébé.
Elle nous a fait des recommandations simples, la plus importante était surtout de tenir le bébé et la maman au chaud sous les couvertures. Finalement tout le reste pouvait attendre (couper le cordon, la sortie du placenta…). Mais nous, nous avions beaucoup de questions…
Et pour la naissance, pour faire sortir le bébé ? Elle nous a dit qu’il n’y avait normalement rien à faire, cela se passe tout seul, pas de rotation à faire il s’en chargerait, pas à le tirer, il sortirait tout seul.
Et si le cordon est autour du cou ? Elle a expliqué à mon mari comment le défaire. Je dois dire que sur ce coup là le mari, il avait pas peur du tout, il était très confiant, il faut dire qu’il est sauveteur secouriste depuis longtemps, qu’il en a vu d’autres… Moi, j’étais partagé entre le tout ira bien et panique à bord. J’ai conclu l’entretien en disant à So qu’il n’y avait pas de raison, qu’elle serait là à temps le jour J !
Et vous, Maybeegreen, qu’aviez-vous prévu pour le jour J ?
J'ai éprouvé le besoin accru, par rapport aux grossesses précédentes, de préparer la maison de façon encore plus tendre pour préparer ma tête à accueillir vraiment notre bébé à naître lors de la naissance et des jours à suivre, pour un confort accru, une intimité-cocon nécessaire au meilleur départ possible dans la vie! Faire son nid...
J’avais aussi fait un mémo pour le jour J avec une liste de toutes les choses à faire (vous pouvez le télécharger en bas de page).
Bien entendu, j'avais prévu un minimum d'affaires pour bébé et moi au cas où nous devrions aller à la maternité, les quelques affaires demandées par Cy pour les soins, et mon dossier médical dans lequel j'avais mis mon plan de naissance... et enfin les numéros professionnels et personnels de Cy, évidemment, mais aussi de la maternité au cas où...
Mais nous étions assez sereins, les probabilités étaient de notre côté pour une naissance physiologique et donc, dans notre « chez nous » !
Liens :
Pour l’haptonomie :
Pour l’aquagym prénatale :
Pour le projet de Naissance :
Blog de Maybeegreen

Rendez-vous le vendredi 6 janvier :
3e partie : nos récits de naissance AAD 
et finalement il y aura une 4e partie !

9 déc. 2011

Accoucher A Domicile : chapitre 1 Pourquoi l'AAD - Témoignage de 2 mamans

Accouchement à domicile. Partie 1 : Pourquoi l’AAD. Expérience de Maybegreen

Nous sommes deux mères de famille : Maybegreen et VertCitrouille. Nous avons toutes deux accouché à la maison. Pour vous faire partager cette expérience nous avons rédigé un très long article que nous posterons sur plusieurs semaine chapitre par chapitre.

Aujourd’hui chapitre 1 : pourquoi avons-nous accouché à la maison ?

Combien as-tu d'enfants Maybegreen? Où sont-ils nés ? Pourquoi t'es-tu tournée vers l'AAD ?

J'ai 5 enfants, nés en 2000, 2002, 2004, 2007 et 2010. J'ai 34 ans. On dit souvent que l'AAD (accouchement à domicile) est plus souvent vécue par des femmes autour de la quarantaine, ce n'est pas mon cas : j'avais 30 et 33 ans.

Mes deux premiers enfants sont nés dans une clinique privée, celle où ma soeur est née. Ma troisième dans une maternité hospitalière à moins de trente minutes de chez nous (pour un peu, à quelques minutes près, ma deuxième et ma troisième ont failli naître dans notre voiture!). Et enfin, Célestine et Swan sont nés à la maison, avec une sage-femme en accompagnement global, Cy.

« Si certaines sages-femmes libérales se « spécialisent » plus au moins, d’autres, à l’inverse, investissent tout le champ de compétence des sages-femmes en proposant à leurs patientes d’assurer tout le suivi pré et postnatal, y compris celui de l’accouchement. La sage-femme devient l’interlocuteur privilégié de la femme et du couple tout au long de la période qui précède et suit une naissance.
L’accompagnement global de la naissance assoit la sage-femme dans sa mission de spécialiste de la grossesse et de l’accouchement normal et redonne aux parents la confiance en leurs capacités leur permettant de devenir acteurs et responsables de la naissance de leur enfant.
Actuellement, les sages-femmes qui, en France, s’inscrivent dans une démarche d’accompagnement global, proposent des accouchements à domicile (AAD) ou en plateau technique (PT). »
Source : Extrait de la définition de l'accompagnement global sur le site de l'Association Nationale des Sages-Femmes Libérales http://www.ansfl.org/rubrique.php?id=8 )

Je me suis tournée, totalement soutenue par mon mari, vers l'accouchement à domicile suite à un cheminement progressif que je vais tenter d'expliquer. Rien ici de religieux, ni de « spirituel », pas de soudaine prise de conscience non plus, ni de refus absolu du médical.
Mes accouchements successifs ont été de plus en plus respectueux et ouverts sur la découverte de mon corps, de la physiologie de la naissance et des bébés Naissants * , de ce que j'étais capable ou non de faire, ainsi que mon chéri, de ce que j'étais en mesure d'accepter ou de refuser pour la santé et le bien-être de mon bébé et pour moi-même.
Certaines femmes font ce choix de l'AAD avant même leur premier enfant, et que d’autres font à la suite d'expériences allant de désagréables à  choquantes.
Pas besoin cependant d'expériences choquantes pour faire ce choix. Je n'ai rien vécu de tel pour ma part, mais... car il y a un mais... les « fausses notes » n'ont pas été absentes. J’ai ressenti certaines fois un sentiment d'infantilisation ou « d'impersonnalisation » qui déshumanisent cette période si forte du point de vue humain, j’ai aussi parfois mal vécu les gestes pratiqués de façon systématique sans réelle explication, et sans réelle justification médicale. Celui qui m'a le plus marqué : un décollement des membranes non dit (geste que je n'ai compris qu'après la naissance de ma troisième) pour éviter à un gynéco-obstétricien un accouchement spontané un week-end… vécu de façon gênée sur le moment et à postériori comme une sorte de viol, même si le mot peut paraître fort à certains... On peut aussi parler de certains touchers vaginaux qui donnent cette même sensation d'être un bout de viande, un numéro sur l'agenda... Je l’ai ressenti avec plusieurs gynéco-obstétriciens sauf un seul, celui qui a accepté en connaissance de cause de nous accompagner pour le suivi en parallèle de fin de grossesse (et les échographies car il était aussi échographe) en maternité, le seul hormis Cy, « ma sage-femme » et quelques autres sages-femmes rencontrées lors de mes différentes grossesses, tout comme lui passionnées par leur métier !

Pour mes deuxièmes et troisièmes accouchements j'avais failli accoucher dans notre voiture, tant celle-ci accélère la progression du travail … Nous étions arrivés ces deux fois-là (admission attestant) environ 5 minutes avant d'avoir notre bébé dans mes bras! Deux situations différentes, deux distances différentes, et l'équipe médicale était chaque fois dubitative sur l'imminence de l'expulsion jusqu'à voir la tête de mon bébé !! Cela a accéléré aussi la maturation de mon choix (mon mari était prêt avant moi!).


J’ai participé, l'année suivant la naissance de ma troisième, à un Stage d'in-formation sur la Naissance avec Michel Odent et Lilianna Lammers ** qui savent transmettre leur longue expérience, leur savoir et leur confiance dans la femme à "enfanter". Ils m'ont aidé à me re-donner confiance dans ma force. Ma force à pouvoir décider et agir par moi-même pour mon propre accouchement, pour mes enfants ou encore à puiser la confiance en moi ou en ma sage-femme et en sa doula *** si on ressent le besoin d’en avoir une. J’ai ainsi découvert en moi la volonté qui est nécessaire lors d’un accouchement à la maison.


** « Michel Odent, né en 1930 dans l'Oise, est un chirurgien et obstétricien français.
Il a dirigé le service chirurgie et la maternité de l'hôpital de Pithiviers de 1962 à 1985. Il a lancé le concept d'accouchement en salles de naissance « comme à la maison » et les piscines d'accouchement. Il est l'auteur du premier article sur l'introduction de l'allaitement dans l'heure qui suit la naissance. Il a également été un précurseur du chant prénatal.
Michel Odent est l'auteur de publications scientifiques1 et de 11 ouvrages, qui ont été traduits en 21 langues. Il anime des sessions d'information pour sages-femmes et doulas dans plusieurs pays.
En 1985, il s’installe à Londres, et accompagne des naissances à domicile. Il y fonde le Primal Health Research Centre, dont le but est d'étudier les conséquences des évènements qui se déroulent durant la période primale (de la conception au premier anniversaire) sur la santé et le comportement de l'enfant et de l'adulte qu'il deviendra.
Il milite au niveau international en faveur d'un changement des pratiques, en se basant sur l'ensemble des données scientifiques actuelles. Pour lui, « il n’est pas possible aujourd’hui que persiste un tel hiatus entre ce qui se passe dans les maternités et ce qui est publié ». »

*** Définition : « Une doula est une femme qui accompagne, soutient, informe le couple, la femme au moment d'une naissance. »
Bénéfices : « Une étude prospective randomisée3 a montré les bénéfices de l'accompagnement par une doula.
  • un accouchement plus facile,
  • abaissement de 50% du taux de césarienne,
  • diminution de 25% de la durée du travail,
  • diminution de 60% de l'utilisation d'une péridurale,
  • de 40% d'utilisation d'ocytociques,
  • et l'utilisation des forceps est diminuée de 30%
(Source: Marshall H. Klaus, John H. Kennell, Phyllis H. Klaus, The Doula Book: How A Trained Labor Companion Can Help You Have a Shorter, Easier, and Healthier Birth. Perseus Press, 2002, Chapitre V)
Plusieurs autres études ont également montré des bénéfices similaires 4,5,6,7. Ainsi plusieurs d'entre elles montrent également une diminution de 30% de l'utilisation des médicaments pour soulager la douleur. »


Accouchement à domicile. Partie 1 : Pourquoi l’AAD. Expérience de Vert Citrouille



Nous sommes deux mères de famille : Maybegreen et VertCitrouille. Nous avons toutes deux accouché à la maison. Pour vous faire partager cette expérience nous avons rédigé un très long article que nous posterons sur plusieurs semaine chapitre par chapitre.

Aujourd’hui chapitre 1 : pourquoi avons accouché à la maison ?


Et toi Vert Citrouille, combien as-tu d'enfants? En quelles années sont-ils nés ? Quel âge as-tu ?

J'ai trois enfants né en 2007, 2008 et 2010. J'ai 31 ans. Je n'approche donc pas non plus de la quarantaine !


Je crois que tu as décidé dès ta première grossesse d'une naissance à la maison... Qu'est-ce qui t'a amené (et ton chéri) à faire ce choix ? Où tes enfants sont-ils nés ?

Dès ma première grossesse je savais que je voulais un accouchement naturel. Accoucher me semblait un acte normal. Même si cela était encore du domaine de l'inconnu, je m'en sentais tout à fait capable. Je pense qu'inconsciemment l'histoire de ma naissance à jouer. Ce n'est pas une histoire remplie de cries, de douleurs ou de fatigue. Ma mère a perdu les eaux, elle a appelé la clinique qui lui a dit d'attendre les contractions. Le lendemain matin de bonne heure elle s’est rendue à la maternité où elle a accouché une heure plus tard. Une naissance si facile et rapide, qu’elle a failli accoucher seule !

Pour la naissance de mon premier enfant nous avions en effet envisagé un accouchement à domicile. Après quelques mois de préparation avec la sage-femme nous avons abandonné cette idée. Nous n’avions pas réussi à instauré un rapport de confiance avec elle et avions beaucoup de mal à l’envisager chez nous le jour J, dans notre intimité.
A l’époque mon mari étant encore partagé sur un AAD. Il avait de l’appréhension, il avait peur de ce qui pouvait se passer si jamais cela se passait mal. D’un autre côté il était fondamentalement pour car c’est un acte naturel et qu’il est pratiqué (non médicalisé) ainsi dans la majorité des peuples du monde.
J’ai donc accouché de ma fille à l’hôpital, une naissance naturel. Chose exceptionnel j’étais la seule à accoucher cette nuit là, j’ai aussi rencontré une sage-femme qui m’a soutenu tout le long de mon accouchement dans mes choix (pas de péridurale, pouvoir me déplacer) et a été peu interventionniste (seulement un monitoring de 30 minutes et un toucher vaginal). Cet accouchement était donc pour moi un accouchement en hôpital réussi malgré quelques bémols.

Très vite nous avons voulu un deuxième enfant. Un accouchement à domicile redevenait possible car nous avions déménagé. Je me suis donc mis à la recherche d’une sage-femme en tout début de grossesse. J’ai rencontré So « ma sage-femme », « la sage-femme de notre famille ». Une première rencontre qui nous a convaincu, suivi d’une seconde avec Sa, sa comparse allemande qui n’a fait que confirmer notre choix.
Les appréhensions de mon mari avaient disparu car il avais vu que j’étais capable de mettre au monde un bébé toute seule. Il s’était aussi renseigné sur le sujet, cela n’a fait que renforcer sa vision que c’est un acte naturel et non médical. Le premier contact avec So avec qui nous avons beaucoup échangé et qui donnait une vraie place au père dans l’accouchement l’a conforté dans cette décision. En effet il avait été très frustré lors de la première naissance en ayant l’impression de ne pas être à sa place, de ne servir à rien.
Finalement cette naissance n’a pas eu lieu à la maison. Trois semaines avant le terme j’ai perdu les eaux. Elles étaient vertes. Je n’étais pas très optimiste sur mes chances d’accoucher à la maison, ce qu’a confirmé notre sage-femme après un monitoring. Nous nous sommes donc tous rendu à la maternité où j’ai accouché de mon fils trente minutes après y être arrivé. Un accouchement parfait vu que les sages-femmes de l’hôpital n’ont tout simplement pas eu le temps de faire quoi que ce soit et que So leur a gentiment dit de me laisser dans la position que je souhaitais. Une suite malheureusement moins heureuse vue que Jack a fini en néonatologie.

Lorsque je suis tombée enceinte de mon troisième enfant c’est tout naturellement que nous avons recontacté So avec qui nous avions gardé le contact depuis la naissance de Jack. Elle était très heureuse de nous accompagner dans cette nouvelle grossesse et nous espérions tous que cette fois elle se ferait dans l’intimité de notre foyer. Et c’est ce qui c’est en effet passé pour notre plus grande joie !



Des renseignements sur l’AAD ?
En France :



La semaine prochaine : notre préparation à la naissance ... 
à suivre !