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30 sept. 2014

Les mille chemins de l'Education : Cinéma engagé - 1 film à découvrir

L'éducation est le début et l'affaire de toute la vie. Elle a plusieurs chemins, différentes pédagogies, beaucoup de possibilités ! Rien ne peut rester figé en matière d'éducation, puisque nous sommes des apprenants, humains et donc tels que la découverte et le questionnements ne devraient jamais nous quitter... 
Qu'il s'agisse des parents ou des enseignants, l'éducation a mille visages et mille richesses...
Le film "Etre et devenir", réalisé par Clara Bellar, en propose ou en expose quelques uns.

 "C'est un film magnifique qui donne des ailes.
Ces ailes nous transportent dans un nouveau paradigme éducatif."
Cédric Serres,
professeur des écoles
Synopsis venant du site du film :
Etre et devenir propose, pour la première fois sur grand écran, des récits d’expériences et des rencontres qui explorent le choix de ne pas scolariser ses enfants, de leur faire confiance et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne. Le chemin de découverte de la réalisatrice nous emmène à travers quatre pays, les Etats-Unis, l'Allemagne (où il est illégal de ne pas aller l'école), la France et l'Angleterre. Ce film est une quête de vérité sur le désir inné d'apprendre. (99 minutes)
Affiche du film "être et devenir"

Où voir ce film : 
44 : 
  • Au cinéma le Concorde, le 6 octobre à 20 h 45 Ciné-rencontre avec débat avec 2 parents instruction en famille (ief) et une maman qui a été instruite en famille
(+ d'autres séances à partir du 8 octobre)
  • Au cinéma Bonne garde, jeudi 27 novembre à 20 heures Ciné-rencontre  avec débat avec 4 parents ief

  
Rencontre pour aller plus loin : A la Médiathèque de Nantes (à confirmer) :
dimanche 23 novembre à 14H30, rencontre avec Déïrdre Bergeron  (fille de Léandre Bergeron, auteur de "comme des invités de marque").

35 - VITRE Cinéma Aurore Lundi 6 octobre à 20h30, échange avec Christelle Angevin
Site de présentation du film "Etre et devenir"
 avec sa revue de presse, des ressources etc...

25 janv. 2013

La valse des programmes et des rythmes scolaires ?

Quand les familles se sentent prises pour des imbéciles... ou la réforme qui menace encore une fois d'être une simple remise en forme et rien de bien profond concernant le fonds des nombreuses questions posées tant par les parents que par les enseignants.


Les apprentissages de nos enfants ne devraient pas être bradés ou brassés par les changements successifs de gouvernements voulant montrer bon visage mais accompagnés au plus près de leurs capacités et de leur croissance et rythmes physiologiques !

Source Image Ouest France


De plus en plus de parents se posent la question de savoir ce qu'est en train de devenir la "refondation" :
Parents pensons la reforme des rythmes scolaires ensemble (chez Mauvais Pere)
 "A ce jour, l’information dont nous disposons est parcellaire et contradictoire. Le projet tel qu’envisagé ne nous semble pas à la hauteur des enjeux.
Nous croyons cette réforme nécessaire et en partageons les objectifs, à savoir mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. Depuis 2008, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE et de fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Cette situation est préjudiciable et doit être revue.
Cependant, le projet de réforme qui nous est présenté ne nous semble pas répondre à ces objectifs.(...)"


Les grèves commencent pour dénoncer une trop grande superficialité de la réforme annoncée par Vincent Peillon 
"(...) pour Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, "la priorité à école primaire ne peut pas rester un simple slogan, une loi n'a pas le pouvoir magique de changer l'école".
Il appelle à "une journée d'interpellation du ministre dans tous les départements pour mettre l'accent sur les changements concrets que l'on attend", citant la formation continue, la refonte de l'évaluation des élèves, la révision des programmes, l'avenir des enseignants "Rased" spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire. Mais "aujourd'hui, l'action du ministre est brouillée par la réforme des rythmes scolaires", a-t-il regretté."


Qu'en est-il des besoins réels ? On se trompe encore une fois de débat public, alors que nombreux sont les enjeux et les propositions comme par exemple refonder l'école (sur educavox)
"Rénovation des rythmes scolaires, refonte des programmes, recentrage sur les savoirs fondamentaux, développement de la culture humaniste, de la culture scientifique, du numérique, transformation de la formation, nouvelle approche de la carte scolaire et de l’accueil des enfants de maternelle, création de liens différents entre tous les acteurs du monde éducatif, autant de chantiers s’ouvrent pour la refondation de l’école. Contributions."

La question qui se pose aujourd'hui est : le gouvernement actuel  va-t-il prendre le sujet à bras le corps pour une vraie refonte qui prenne tout son sens auprès de nos enfants et de ceux à venir ?

Ma pensée du jour (de parent) est que s'il faut changer les rythmes familiaux pour mieux accompagner le futur citoyen et adulte qu'est mon enfant (chacun à sa façon unique), alors soit, mais pas juste pour satisfaire une énième réforme superficielle : un changement sera positif s'il est sur le fonds ET la forme, pas juste l'un ou l'autre.

C'était ma participation aux Vendredis Intellos. ;)

19 janv. 2013

Bonnes adresses et coups de coeur

  Carnet d'adresses

 

Ajoutons petit à petit les coups de cœur et bonnes adresses à retenir!

  (pour partager vos favoris testés et re-testés avec bonheur, contactez-moi : mieux vaut peu mais de qualité 
que beaucoup mais plus en usage ou non testés...  
Signalez-moi aussi si vous constatez avant moi 
qu'un lien ne fonctionne plus ou qu'une adresse n'existe plus, 
merci !)

Mis à jour le 4 mai 2015

 Pays de la Loire et Bretagne
44 Loire-Atlantique
MMM dont vous lisez le blog
Autres associations 
Sages-femmes
  • Catherine Delaunay (ANSFL, accompagnement global, AAD, PT,  suivi de grossesse, rééducation périnéale,  pose de DIU pour les mamans qu'elle a accompagnées...)  4 rue du Château 44110 Chateaubriant 02 40 81 25 87
  •  Bernadette Edom-Seigne (suivi de grossesse, haptonomie, AAD et PT ) Le Pellerin 02 40 04 50 66
  •  Marylène Glemin Sage-femme (Chant prénatal) avec Christelle Montembault Pianiste (Clinique Jules Verne) 02-51-17-18-18
  •  
Périnatalité et activités pour les futurs et jeunes parents : 

  • Animatrice et formatrice en massage bb certifiée de l'AFMB : Heidi DUPRE, sur Sévérac mail de contact .
  • Animatrice de Chant Prénatal, Chant Maman-Bébé : Michèle GROSEIL
(formations : Monitrice certifiée en Chant Prénatal (formation avec Yseult Welsch et formation "si ça me chante" avec Virginie Bouffard).
"J'anime des ateliers chant prénatal , chant Maman/Bébé depuis 2 ans ; également animatrice d'Eveil corporel et musical pour tout-petit à partir de 2.5 ans, animatrice "coloriage et création mandalas" pour enfants de 8 à 12 ans, animatrice de bien-être par le chant pour adultes...)
44119 Grandchamp des Fontaines
02.40.77.10.22 michgil4@gmail.com
site : http://chantprenat.e-monsite.com/

  •  

Une mine d'informations (non exhaustive) sur la périnatalité en Loire-Atlantique (44) : 
passerelleco.info : la périnatalité ressources alternatives en Loire-Atlantique


Boutiques maternage  et/ou écologie familiale
Ecoles alternatives et apprendre autrement
Sorties en famille
  • A l'Abordage le café des enfants (Nantes)
  • Jardins de Pirouette association près de chez nous qui organise entre autre des soirées jeux en famille, du jardinage en famille ou pour les enfants, des chasses aux oeufs et enquêtes surprise, des spectacles familiaux... et même des ateliers de cuisine pour les enfants...
  • La clownerie association près de chez nous qui organise entre autre des stages de cirque en famille

Consommer et vivre autrement

35 Ile-et-Vilaine

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Sages-femmes


Ecoles alternatives et apprendre autrement

Boutiques maternage  et/ou écologie familiale
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56 Morbihan

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 Ecoles alternatives et apprendre autrement
Boutiques maternage  et/ou écologie familiale

Sorties en famille



49 Maine-et-Loire
- La Cabane Montessori boutique proposant des cartes Montessori principalement

22 Côtes-d'Armor

29 Finistère

72 Sarthe

53 Mayenne

85 Vendée 


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Association Babillages à tout âge  : informer, échanger et partager des expériences, des savoirs ou des savoir-faire sur les thèmes de la parentalité : la grossesse, la naissance, l’allaitement maternel, le portage, et tout autre sujet ayant lien avec le maternage, l’enfance et la famille.

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Magasines coups de coeur pour la famille, enfants, parents...


Ailleurs dans le monde

29 juin 2012

La méthode d'éducation sans perdant - devenir parents efficaces, partie 3

Les conflits ou les tensions entre parents et enfants ou parents et ados, c'est bien plus fréquent qu'on ne le souhaiterait... C'est pourquoi nous recherchons des techniques et des pistes pour réduire le plus possible ces obstacles à une relation épanouie entre nous, pour un mieux-être de chacun aussi.

Dans la première partie nous avons vu que l'écoute active permet d'éliminer une bonne partie des problèmes de nos enfants, et leur restaure leur confiance en eux car ils sont à même de trouver leurs propres solutions de façon de plus en plus autonome.
Dans la seconde partie, nous avons vu que le message "je" réduit significativement aussi une grande partie des problèmes parentaux (par rapport à la relation parents-enfants).
Dans cette troisième partie d'étude du livre Parents efficaces au quotidien (tome 2) de Thomas Gordon, nous allons voir comment aborder les conflits restants pour nous parents quand le message "je" ne suffit pas, et pour ce faire nous devons employer les méthodes de résolution de conflit, et principalement ce que Thomas Gordon appelle la "méthode sans perdant".

Voici le schéma, tiré du livre, qui montre où nous en sommes.


Attention aux obstacles !

"Le concept 'sans-perdant' est au coeur même de notre méthode et de notre philosophie. Il joue un rôle crucial dans la résolution de conflits qui, sinon, finiraient par endommager la relation parent-enfant et par bloquer chez les enfants le développement de leur autonomie. Et même si les parents ont appris des techniques d'écoute efficaces, il ne trouveront pas beaucoup d'occasions de les employer s'ils continuent à avoir recours à des méthodes où il y a un gagnant et un perdant. (...) Les enfants ne partagent pas volontiers avec des parents qu'ils craignent."

Le dilemme de la discipline

"Dans la pratique, discipliner les enfants par des récompenses et des punitions (...)  comporte pour le parent des embûches, dont certaines sont des plus dangereuses et souvent destructrices pour la relation parent-enfant. En premier lieu, les parents vont inéluctablement voir leur pouvoir se détruire (...) [Q]uand les enfants grandissent (...) [l]es récompenses autrefois goûtées sont maintenant regardées avec indifférence. Face aux punitions, les enfants commencent à résister et à se révolter. (...)
Les parents qui ont lourdement misé sur la discipline quand leurs enfants étaient tout jeunes découvrent avec consternation qu'ils sont désarmés quand leurs enfants atteignent l'adolescence. Ils se rendent compte alors qu'ils ne disposent d'aucun système de rechange pour influencer leurs enfants. C'est pourquoi les années de l'adolescence, dans la plupart des familles, sont vécues dans la frustration, la dépression et les crises.
Les parents voudraient bien, naturellement, voir leurs enfants devenir responsables, respectueux des autres, coopératifs, heureux et pleins de santé."

Alors que fait la méthode sans perdant ? Eh bien elle ne contraint, pas : "elle 'incite' Elle incite les enfants à modifier un comportement inacceptable. Elle les incite à prendre des engagements et à les respecter."


Le mythe de la douce autorité

"Si bienveillante que soit l'intention, ce ne sont pas les sentiments du dictateur qui sont en question, mais les résultats du pouvoir sur ceux qui les supportent. (...) Dans la méthode autoritaire, l'enfant a peu de raisons d'aimer ses parents. Dans la méthode permissive, les parents ont peu de raisons d'aimer l'enfant."
Cela paraît un peu fort en première lecture, mais si on regarde les conséquences et les relations sur le long terme, il y a du vrai là-dedans.

Se cantonner dans la méthode autoritaire ou la méthode permissive pour résoudre les conflits mène au ressentiment ou à la soumission, alors que dans la méthode sans perdant, "le parent et l'enfant partent ensemble à la recherche d'une solution qui tiendra compte des besoins de chacun d'entre eux."

Les 6 étapes de résolution de problème de la méthode sans-perdant :
  1. e étape : Définir le problème
  2. e étape : Envisager des solutions possibles
  3. e étape : Evaluer les solutions possibles
  4. e étape : Choisir la meilleure solution
  5. e étape : Appliquer la décision
  6. e étape : Evaluer les résultats ultérieurs

L'avantage de cette méthode est aussi qu'elle peut s'appliquer à résoudre les conflits et tensions de la vie de tous les jours : pas seulement en famille, mais aussi dans le couple, au boulot, entre groupes, et même entre pays, soit n'importe quelle relation humaine ! Ce n'est pas moi qui le dit, mais je le crois volontiers : je pense que la coopération, car c'est bien de cela qu'il s'agit finalement, est en effet une voie royale de résolution de problèmes au sens large !


 Contraintes de temps et interruptions

A la difficulté qu'éprouvent beaucoup de parents de trouver le temps d'organiser avec leurs enfants une séance de résolution d'un conflit ou de solution d'un problème, Thomas Gordon répond que cela n'a rien d'étonnant : "En premier lieu, les enfants (et les adultes aussi) goûtent rarement l'idée d'affronter un conflit et de passer par le douloureux processus de la confrontation, de travailler à la recherche d'une solution et de parvenir à un compromis qui modifie leur comportement. La plupart des gens préfèrent éviter la résolution de conflit. Il est plus simple et plus confortable de lire, de regarder la télé, ou encore de différer ou d'éviter le problème, dans l'espoir qu'il va disparaître de lui-même."
"Les parents doivent émettre des messages "je" vigoureux s'ils veulent réussir à entraîner leurs enfants dans une résolution de conflit :
  • J'ai besoin que ce problème soit résolu maintenant parce que je ne veux pas que mes besoins soient ignorés plus longtemps. 
  • Ce problème doit être résolu parce que je suis sacrément malheureuse !
  • Je sais que vous êtes occupés pour l'instant, mais j'aimerais qu'on essaie de trouver dès que possible une solution à ce problème. Quand ?
  • Je sais que vous ne voulez pas parler de ça, mais moi je le veux ! Je ne veux pas que les choses restent comme elles le sont. "
 Des techniques de parents pour éviter les interruptions : débrancher le téléphone, s'assurer que les amis ne vont pas arriver, fixer une heure précise pour le jour suivant, choisir un instant où personne n'a une élission de télé favorite, et ainsi de suite.
La résolution d'un problème 'sans-gagnant' prend du temps, mais "à long terme [elle fait] gagner du temps. Pourquoi? Parce que, quand un problème ou un conflit entre personnes est résolu de sorte que les besoins respectifs de chacun seront satisfaits et que chaque partie accepte la solution, il y a beaucoup moins de chance que le problème resurgisse. Chacun est motivé pour appliquer une solution qui le satisfait."

 Pour tous ceux qui ont l'impression que la méthode ne marchera pas avec leurs enfants, ou qu'ils ont l'impression d'être ridicules, ou qu'ils se sentent souvent trop épuisés pour s'y mettre... Thomas Gordon donne des pistes : 
  1. Expérimenter la méthode sans-perdant quand il n'y a pas de conflit brûlant, "ici et tout de suite", pas d'émotions fortes telles que colère, frustration, ressentiment. (par ex: Comment allons-nous passer toue ensemble le prochain congé? ou Comment pouvons-nous résoudre le problème que j'ai quand je dois vous réveiller trois ou quatre fois le matin pour que vous soyez à l'heure à l'école?) En commençant par une résolution de conflit de ce type de prévention, non seulement la méthode paraît moins complexe, mais les parents auront une chance de voir avec quelle bonne volonté les jeunes sont prêts à accepter les solutions qui aideront leurs parents (pourvu, bien sûr, que leurs propres besoins soient également satisfaits).
  2. Il est préférable de choisir un problème qui rend l'enfant malheureux parce que ses besoins n'ont pas été satisfaits dans le passé. Dans de tels problèmes, l'enfant a vraiment un bénéfice à retirer de la résolution du conflit. (par ex: Tu détestes que nous te rappelions chaque soir qu'il est l'heure d'aller au lit. Essayons de trouver une solution qui soit acceptable pour toi et aussi pour nous. )
  3. Une fois que les enfants ont un petit stock d'expériences dans lesquelles ils ont, eux, retiré un grand avantage de la résolution de conflit, ils seront beaucoup plus disposés à participer à une recherche de solution quand ce sont les parents qui n'obtiennent pas la satisfaction de leurs besoins.
 Quand les enfants s'en vont pendant une résolution de conflit
Les pistes : 
  1. Passer à l'écoute active, pour mieux comprendre pourquoi ils cherchent à esquiver la discussion.
  2. A condition d'être authentiquement disposé à reporter cette conversation, prenez un rendez-vous pour plus tard. 
  3. Sinon, un fort message "je" s'impose alors (ex : Quand j'ai un problème et que vous m'ignorez ou que vous fuyez, je me sens vraiment frustrée et je pense que vous ne vous souciez guère de moi.)
  4. Attention, si on laisse nos enfants fuir une demande de résolution de conflit, il apprendront très vite à esquiver nos tentatives ultérieures par la même réponse évasive ! "C'est à peu près comme dans un mariage : si vous êtes décidée à avoir une bonne relation, cela exige une vigilance permanente. Et il ne faut jamais laisser à la confusion le temps de s'installer, si vous voulez que votre union marche bien. La résolution d'un problème est toujours bénéfique, à moins que quelque chose accroche et qu'il y ait l'un des deux qui ne désire pas que les choses tournent bien."

Quand les enfants ne s'en tiennent pas à leurs engagements 

[Si l]a méthode sans-perdant accroît grandement la probabilité de voir les enfants tenir leurs engagements, mais elle ne le garantit certainement pas (...) [,] particulièrement avec les jeunes enfants.
Alors : 
  • Quand l'enfant qui était d'accord pour tenir un engagement ne s'y est pas tenu, ne pas le faire à sa place, sinon on lui enseigne qu'il n'est pas tenu de respecter une décision et de tenir un engagement, puisque éventuellement quelqu'un l'exécuterait à sa place.  
  •  Adresser un vigoureux message "je" exprimant vivement ce qu'on ressent en voyant son enfant ou ses enfants négliger ses/leur(s) engagement(s) . (par ex : Quand nous faisons un marché et que vous ne le respectez pas, je n'obtiens pas l'aide dont j'ai besoin, et je le supporte très mal.)
  •  Ne pas tomber dans le piège de la méthode autoritaire, sinon cela brise toute la démarche et la confiance, et empêche alors d'obtenir des enfants qu'ils soient plus responsables et autodisciplinés.
  •  "Devenir responsable et digne de confiance ne s'obtient pas en une seule leçon ; il y faut de la pratique, tout comme pour apprendre à jouer du piano ou au tennis."
Les moyens d'accélérer ce processus d'apprentissage : 
  1. Emettre un message "je"
  2. Passser à l'écoute active
  3. Emettre un message "je" plus vigoureux
  4. Revenir à la résolution de problème pour voir si une meilleure solution peut être trouvée
  5. Mettre en résolution de problème la difficulté pour l'enfant de respecter son engagement.

Les solutions irréalistes que proposent les enfants

  •  Se souvenir que les jeunes enfants se représentent mal la facilité ou la difficulté d'une tâche, et ne pas les obliger à s'en tenir rigoureusement à leurs premiers engagements (autrement dit on vient à la 6e étape : évaluer les résultats ultérieurs et on cherche ensemble ou laisse au jeune enfant trouver une autre "meilleure" solution)
  • Pour un enfant qui a du mal à s'affirmer lui-même et qui par désir excessif de plaire aux autres, en arrive à renier ses propres besoins, vérifier avec lui s'il ne révèle pas un excès de soumission ou un manque d'affirmation de soi.
Préparer le terrain avec les enfants pour mieux réussir ensemble.

"[L]es parents qui réussissent le mieux à introduire la méthode sans-perdant dans leur famille (en particulier quand les enfants sont déjà grands, et par conséquent accoutumés aux méthodes autoritaire et permissive) sont ceux qui ont fait l'effort d'expliquer la méthode nouvelle avant de commencer à l'utiliser."
Quand les besoins sont clairs, les solutions apparaissent.


Des séances de résolution de problèmes prévues régulièrement

J'en ai envie depuis longtemps, mais les quelques unes que j'ai tentées ces dernières années n'ont pas été très concluantes, sauf que je n'avais pas entre les mains la méthode Gordon : A nous enfin les cercles de famille !
"Certaines familles établissent un programme de séances familiales de résolutions de problèmes qui ressemblent à celles d'un comité d'entreprise. Les avantages de cette technique sont évidents. Voici quelques recommandations pour les rendre plus efficaces :
  1. Ne les faites pas durer trop longtemps. Souvenez-vous que les enfants se fatiguent et se lassent vite.
  2. Certains conflits exigent une résolution immédiate, donc les séances régulières ne remplacent pas celles où l'on aborde les problèmes qui ont un besoin urgent d'être résolus.
  3. N'ayez recours aux séances familial que quand les objectifs impliquent l'ensemble des enfants. Les autres enfants s'ennuient si l'on passe beaucoup de temps sur des conflits qui concernent un seul enfant et un seul parent.
  4. Quand la liste des problèmes est longue, décidez en famille de ceux qui auront la priorité. Les questions de moindre importance pourront être remises à la séance suivante.

Conclusion 

D'autres astuces et pistes sont évoquées dans le livre de Thomas Gordon, Parents efficaces au quotidien (tome 2) , et de nombreux exemples et témoignages enrichissent la méthode , c'est pourquoi le lire apporte réellement, même si mon article en trois parties est assez important pour en retracer les lignes majeures de façon suffisamment fidèle, j'espère. Ces exemples donnent vraiment de l'eau au moulin, comme on dit ;  ça en vaut le coup !
J'applique depuis peu les techniques de ce livre, petit à petit, et on voit vraiment des résultats dans les comportements des enfants comme dans les miens, malgré mon épuisement actuel, alors imaginez quand on est en pleine forme ! Cela ne se fait pas en un jour, bien sûr, mais cela apporte un réel réconfort : enfin des méthodes applicables pour tous les âges et pas seulement les bambins et petits, et pas juste de la théorie ! Car vouloir bien faire ne suffit malheureusement pas, alors au boulot !

Ceci était la troisième et dernière partie de mon article Devenir Parents efficaces au quotidien - la méthode Gordon expérimentée et vécue , pour les Vendredis Intellos.




6 avr. 2012

Catalogués dès leur plus jeune âge ! Et si...

Très dur de ne pas cataloguer inconsciemment ou consciemment nos enfants (timide, aventureux, maladroit, pot de colle, colérique  etc...) et je pense que cela doit renforcer ou transformer une réaction d'une période particulière en un trait de caractère... Nous finissons par tout mettre là-dessus, sans du coup voir que ce ne sont que les multiples aspects de leur personnalité ! Notre enfant peut montrer un comportement à un moment donné sans pour autant être déterminé par ce comportement en tant que trait de caractère. Sortir des schémas connus n'est pas toujours évident...
Crédit Image Laëlew Photo blog

La timidité est par exemple inégalement répartie mais présente chez beaucoup d'enfants à des degrés allant d'inaperçu à très marquée, de même que tous les enfants sont aventureux si on ne les empêche pas de vivre leur vie d'enfant, mais à des degrés variables évidemment !

Et je ne crois pas non plus, comme Isabelle Filiozat,  qu'il y ait véritablement d'enfants colériques ou "pleurnichards", juste des périodes plus ou moins sensibles auxquelles ils réagiront différemment et de manière plus ou moins marquée (selon leur vécu, l'accompagnement de leurs chagrins et frustrations effectués par nous, le maternage, la proximité que nous aurons bien voulu leur offrir, tout cela joue son rôle, mais aussi les circonstances, leur fatigue, etc...).
 Dans "J'ai tout essayé" (aux Editions JCLattès ), Isabelle Filiozat , Illustrée par Anouk Dubois, nous explique comment le cerveau de l'enfant et son corps réagissent à ce catalogage (p129) :
"En jugeant votre enfant : maladroit, colérique, timide, pied gauche ou pot de colle... vous déclenchez une réaction de stress dans son organisme.
Face à une situation proche, son amygdale déclenchera l'activation des mêmes circuits neuronaux... et le jugement s'affichera comme un ordre dans le cerveau "nul" , "maladroit" ... inhibant les capacités de l'enfant. Défini par l'insulte, le petit se soumettra à cette définition, il s'y conformera sa vie durant.
Cela s'appelle la réalisation automatique des prédictions, ou effet Pymalion."

Alors soyons plus attentifs à leur laisser faire leurs expériences sans les étiqueter !

Et pour mieux comprendre comment ils réagissent, faisons un tour de ces émotions ou états :

La réaction de timidité

Qui n'a jamais connu un moment d'hésitation à exprimer sans réserve ses pensées devant des inconnus, par peur ou refus du jugement négatif (moqueries, inintérêt, commentaires méprisants...) ou d'être repoussé ? Si l'on y réfléchit un tant soit peu, il s'agit d'un réflexe de préservation. Seulement, ce réflexe de préservation demande une énergie phénoménale : si l'on rougit, par exemple, l'échauffement corporel peut-être très intense, mais d'autres manifestations sont aussi physiques : tremblements, transpiration excessive, bégaiements, sensation d’étouffement, altération de la voix, raideurs musculaires… tout cela demande énormément d'énergie, ce qui permet de comprendre que lorsqu'on a une réaction de "timidité" , on élimine beaucoup de calories : il faut bien récupérer toutes ces calories, et donc manger ou "grignoter" est alors fréquent dans de telles situations-réflexes !
La timidité peut devenir un réflexe défensif très encombrant pouvant aller jusqu'à bloquer les actions nécessaires au quotidien...

Pour résorber cela, et parce qu'un tel processus est souvent pratiqué par des enfants, ados ou adultes ayant (ou ayant réussi à conserver) une grande sensibilité , on peut agir de trois façons :
- Cesser de vouloir tout cataloguer notamment sous l'étiquette timide toutes les réactions...
- Renforcer l'estime de soi et la confiance en soi progressivement, l'auto-empathie autant que l'empathie : comprendre ses qualités et pas seulement ses perfectibilités ainsi que celles des autres ...
- Avoir envie/donner envie de rencontrer des enfants/ados/personnes inconnues pour satisfaire une passion
- Développer ou les aider à développer leur sens de l'humour (faire rire les autres est un très bon désamorceur de stress)
- Trouver ou les aider à trouver une activité en groupe qui plaise (théâtre, sport d'équipe ...)
- Prendre soin de son image sans excès : le tout étant d'être à l'aise face aux autres
- Se surpasser petit à petit : dépasser son stress et ensuite voir tout ce qu'on a réussi à accomplir
- Un petit pas à la fois : pour se rendre compte des avantages à ne plus stresser devant les relations aux inconnus, le mieux est souvent de ne procéder qu'à un changement à la fois, et d'en ajouter progressivement
- Se rendre compte qu'on peut se faire des amis au lieu de rester seul sans pouvoir partager ses goûts, idées, activités etc...
- Rester toujours soi-même, pas la peine de vouloir cacher ses émotions ou ses réactions, être fidèle à soi-même est beaucoup plus constructif et riche que de tout garder enfoui, même s'il faut aussi apprendre à écouter les autres et à formuler ce qu'on veut dire pour ne pas être mal compris, mais c'est un apprentissage de la vie, que chacun doit apprendre

Il n'est jamais trop tard pour améliorer son estime de soi et donc réduire non pas son émotivité, mais les effets négatifs inhibants et stressants de la timidité. L'émotivité en soi est un atout dont il faut apprendre à tirer parti.
Et je parle en tant qu'ancienne grande timide! (pas guérie à cent pour cent, mais maintenant co-fondatrice,  co-responsable et animatrice d'une association dont vous lisez le blog ;)  )

La maladresse chez l'enfant ou l'adolescent ?

L'enfant apprend quotidiennement à améliorer ses gestes et leur précision : si nous avons oublié que nous avons nous aussi passé du temps à les apprendre, nous pouvons nous mettre un peu à sa place !
 "On peut décomposer , pour un tout jeune enfant, les gestes de la vie pratique, et lui montrer, à sa hauteur, très lentement (...) Tous ces gestes que nous faisons sans y penser et à toute vitesse, l'enfant ne demande qu'à en faire l'apprentissage avec précision. Cela demande à l'adulte un peu de patience au début et pas mal de méthode. Il faut qu'il ralentisse son rythme pour se mettre à celui de l'enfant. On peut choisir son moment : un jour de congé, une période de vacances... Mais ne pas trop attendre cependant : il vaut mieux qu'il apprenne un geste au moment où celui-ci présente de l'intérêt pour lui.
Chaque objet doit être trouvé toujours à la même place. Il ne faut pas longtemps pour que l'enfant ait appris les gestes, et il pourra les accomplir seul, nous rendant cent fois le temps que nous avons passé à lui montrer comment faire."
(Jeannette Toulemonde : "Le quotidien avec mon enfant", Editions L'Instant Présent)

Pour les enfants plus grands, le souci peut venir du catalogage ou bien elle ne fait qu'empirer une maladresse qui peut, comme le souligne une fois encore Jeannette Toulemonde,  "venir du corps : manque d'indépendance de la main, de souplesse des doigts, mauvaise santé, nervosité, faiblesse de la vue, enfant gaucher" que l'on contraint à utiliser des objets pour droitiers (il suffit alors de trouver des objets adaptés aux gauchers, comme les ciseaux que l'on trouve maintenant facilement...). "Elle devient plus grande encore par les difficultés morales qu'elle amène : l'enfant n'a plus le goût d'être actif, il manque de confiance en lui, il craint le ridicule et les observations. Je dirais plus : il est sûr de ne pas réussir."
Alors que faire ?
- Etre patients et ne pas se lasser de montrer, d'expliquer, en détachant chaque étape...
- Réveiller sa curiosité si elle s'est éteinte, lui redonner l'envie du travail en trouvant un but intéressant
- Lui donner confiance en lui, en ses capacités
- Ne pas exiger de résultat parfait du premier coup
- Lui donner l'occasion de réussir, un petite tâche à accomplir, mais , "chose très importante : le laisser se donner du mal, et le laisser faire beaucoup moins bien que nous, sans lui arracher le travail des main"s pour faire à sa place et aller plus vite
- Lui faire confiance devant les autres : il en sera réconforté et il réussira, sinon tout de suite, du moins de plus en plus!
-et j'ajouterai bien sûr aux recommandations de Jeannette Toulemonde, ne pas cataloguer les gestes de "maladroits" ou "empotés" etc...
- et enfin, pour ne pas oublier les ados, ils sont en plein changement, leur corps et leurs réactions les laissent parfois/souvent étonnés ou gênés... en prendre conscience ou le garder à l'esprit permet de mieux comprendre ce qui leur arrive de temps en temps ou régulièrement...

Pot de colle ?

Le maternage nous montre qu'il n'y a pas à proprement parler d'enfant "pot de colle" mais des besoins à combler à des degrés divers et plus ou moins marqués chez certains enfants aussi : ces derniers sont appelés des babi (bébés aux besoins intenses) leblogdesbabi
Pour les autres, ceux qu'on ne peut qualifier de babi, la plupart donc, les besoins sont tout de même très importants, car c'est de cette période de bébé nouveau-né et durant la petite enfance que dépendent une bonne partie de la solidité de l'estime de soi et de la confiance en ses propres capacités à découvrir le monde et donc sa future autonomie, cette autonomie si chère aux parents et à toute la société actuelle. Pour devenir de plus en plus autonome, l'enfant doit d'abord avoir tissé des liens avec ses parents et ses frères;,, et soeurs comme nous le rappelle cet article des Vendredis Intellos un-enfant-une-chambre?

L'enfant qui vient (souvent ou non) vers vous alors que vous n'êtes pas disponible,a juste besoin de vous, pour remplir ses réservoirs affectifs ! Une fois remplis, il sera de nouveau prêt à découvrir le monde ... jusqu'à la prochaine fois. Nous-même, lorsque nos réservoirs affectifs ne sont pas comblés, sommes "collants" avec nos proches, et si ceux-ci ne le comprennent pas et ne participent pas à remplir nos besoins, nous devenons irritables : c'est pareil pour nos enfants ! Alors, un petit câlin, une séance de jeux ensemble, un massage, un moment à rire ensemble, lire une histoire votre enfant sur vos genoux, et chacun se sentira mieux et plus enclin à vaquer à ses propres occupations.


Colérique ?

Souvent, les tout-petits "piquent des colères" pour exprimer simplement leur frustration énorme à ne pas pouvoir faire tourner les choses comme ils ont besoin ou à les comprendre ! Dans "J'ai tout essayé !" d'Isabelle Filiozat, on comprend que des petites choses qui nous paraissent évidentes ne le sont pas toujours pour eux qui sont en pleine construction mentale, et en pleine croissance physique et physiologique.

D'ailleurs les adolescents peuvent aussi se retrouver mal à l'aise par moments dans un corps qui change et qui les étonne, causant des maladresses parfois... Un corps qui change, c'est quelque chose de déroutant, et nos enfants ne font que grandir et évoluer !

Et sinon, pour eux comme pour les plus grands, comme parfois même pour nous, les colères sont l'expression de réservoirs affectifs très bas : fatigue intense, manque de contacts ou d'interactions affectives... et du coup au final parfois aussi des réservoirs affectifs si vide que la mésestime de soi est terrible : "si maman et papa ne me font presque jamais de câlins ou ne jouent pas ou ne rient pas avec moi, c'est peut-être parce que je ne suis pas assez bien, je fait mal et je ne mérite pas d'être aimé " Ca peut vous faire sourire... Mais nos enfants ont pourtant réellement besoin régulièrement qu'on soit vraiment présent avec eux quand nous interagissons avec eux, pas juste d'être à côté de nous, ça ça suffit quand leurs réservoirs affectifs sont pleins.


Aventureux, casse-cou ?

Que dire d'autre sinon que tous les enfants, si on leur permet de faire leurs propres découvertes, de vivre, de jouer (si tant est qu'on puisse séparer les trois), tous ont l'esprit d'aventure, de découvrir le monde physiquement et pas seulement mentalement. Filles, garçons, petits, grands, ados, pas un qui ne souhaite voir plus loin, plus haut, plus fort... Le sens du risque ne s'acquiert qu'en expérimentant le danger et en ayant quelques mésaventures : nous aurons beau vouloir les protéger de tous les dangers en leur expliquant en long en large et en travers combien c'est dangereux, s'ils n'ont pas un jour vécu ne serait-ce qu'un petit échantillon d'accident ou de conséquence des risques encourus, ils ne pourront réellement le comprendre. (Voir les apprentissages autonomes)
De là à leur permettre de faire n'importe quoi, il y a un monde : nous ne pouvons que les accompagner dans leur désir de découverte en leur donnant les moyens d'expérimenter sous notre oeil prudent et connaisseur, et quand le danger va trop loin, notre rôle selon leur âge est de leur raconter pourquoi nous avons peur pour eux, et quand c'est vital, bien sûr de les en retirer physiquement (on ne va pas expliquer les dangers du feu si la maison brûle (!) , mais on peut le faire s'ils veulent allumer une bougie, à laquelle les risques de se brûler seront de moindre importance)... Comme le recommande Isabelle Filiozat, donner des consignes plutôt qu'interdire est une bonne solution dans ces cas-là : on va à l'essentiel.

Parfois il n'est pas évident pour nous de savoir où commence notre devoir d'intervenir et où s'arrête leur droit à la libre découverte du monde pour devenir des adultes équilibrés et ouverts : être parent est merveilleux mais rarement très facile.


Conclusion

Poser des étiquettes sur les comportements de nos enfants est lourd de conséquences, et se mettre à leur place permet de faciliter les relations pour eux comme pour nous parents, et de leur donner les clés pour grandir et évoluer bien dans leur peau et dans leur tête, ouverts sur le monde extérieur sans peur ni méfiance, avec empathie ( à ce propos vous pouvez lire ou relire l'article de Laetibidule  sur l'empathie et les enfants) et esprit critique...

Pour réfléchir aussi aux étiquettes des talents que l'on attribue à nos enfants/adolescents vous pouvez lire l'article de Flolasouricette :  ces-roles-quon-attribue-aux-freres-et-soeurs

Voilà pour ma contribution de la semaine aux Vendredis Intellos !

23 mars 2012

Les apprentissages autonomes Partie 2 - Solutions concrètes et pistes pour aider les enfants et adolescents à apprendre


La semaine dernière nous avons vu comment « les enfants transforment leur expérience en connaissance », exactement comme le chercheur ou le scientifique (mais contrairement aux clivages imposés dans les programmes scolaires, l'un et l'autre sont en fait un même processus). Nous avons vu avec John Holt, auteur des apprentissages autonomes (aux éditions l'Instant Présent), que « si nous essayons de contrôler, de manipuler ou de dévier ce processus, nous le dérangeons » et que « si nous prolongeons trop longtemps notre interventionnisme, le processus s'arrête et le scientifique indépendant en l'enfant s'efface. »
Permettre à l'enfant de faire ses propres connexions est un inestimable cadeau ! Ce devrait être un droit au même titre que l'amour, la nourriture et l'air... « Nous pouvons lui dire quelle est la connexion. Pour autant, nous ne devons pas supposer que, parce que nous le lui avons dit et parce qu'il peut le répéter , il en a réellement connaissance. Il doit la découvrir par lui-même.
Je ne dis pas que les enfants doivent tout découvrir sans aucune aide. Nous pouvons les aider de plusieurs façons. Nous pouvons mettre à leur disposition les ressources facilitant les découvertes. L'apprentissage est un processus de découverte, et si nous voulons qu'il se fasse, nous devons en créer les conditions favorables. Nous savons quelles sont ces conditions : elles comprennent le temps, le plaisir, la liberté et l'absence de pression. »

On « demande souvent aux enfants de répéter comme quelque chose de logique, quelque chose qui ne leur semble pas du tout logique, au point qu'ils renoncent à réconcilier ce que disent les gens sur le monde et ce qu'ils ressentent réellement de ce monde. Ils acceptent comme une vérité tout ce que l'autorité dit être la vérité. Ils n'essaient plus de vérifier ou de tester. Ils finissent très vite par oublier comment tester d'ailleurs. Oh bien sûr c'est facile de tester que l'eau bout à telle ou telle température ; mais la plupart de nos connaissances, la majeure partie de ce qu'on nous demande d'accepter comme vérité, ne peut être testée aussi facilement. Je ne peux pas mettre en place des contrôles expérimentaux pour tester ce que les gens me racontent au sujet de l'histoire, de l'économie ou de la nature humaine. Je dois confronter et assimiler ce qu'ils disent à l'aune de ma propre vision du monde. »

Comment accompagner l'enfant ou l'adolescent dans son parcours d'apprentissages ?

On peut déjà dire qu'il « apprendra plus et mieux si ses apprentissages sont motivés » par le « travail sérieux » d'un « adulte » référent ou de plusieurs, « plutôt que par des travaux scolaires. » Et pour ce qui est des « mathématiques, physique, etc C'est toujours mieux quand ces matières trouvent leur origine dans la réalité. » Adultes et jeunes de tous âges peuvent s'associer réellement et sans hiérarchie dans des recherches très sérieuses et à la rédaction de leurs travaux. (un exemple en est donné par John Holt dans son livre pages 62 et 63, que je vous laisse découvrir en le lisant)

Au pays des nombres

« Je suis sûr que bien des enfants auraient envie d'apprendre l'arithmétique et l'apprendraient facilement si c'était interdit. »
Les enfants et bon nombre d'adultes verraient les nombres comme une étrange « procession de petites créatures la première appelée Un, la seconde Deux, la troisième Trois, et ainsi de suite. Ensuite ces petites créatures se livrent sans doute à des danses mystérieuses et insensées que l'on commente en disant des choses comme « Deux et Deux font Quatre » (…) certainement , en partie, la raison pour laquelle ils avaient tant de problèmes avec » les nombres.
Les pédagogies « nouvelles » ont partiellement compris l'importance extrême que l'on n'enseigne pas à compter aux enfants en l'absence de vrais objets ; mais ils privilégient bien vite la comptine numérique (Un, deux, trois...) qui « n'a pas forcément grand rapport avec la compréhension de ce que sont les nombres. (…) Ça ne devrait jamais être d'abord « trois » ou « sept » tout seul, ais toujours « deux pièces », « trois allumettes », « quatre cuillères » ou toute autre chose qu'on a sous la main. Certains enseignants partagent bien cette idée et la pratique pour bonne partie, comme celle de permettre aux enfants de voir les nombres un coup alignés en rang, un autre arrangés en triangle ou en carré, pentagone, ou comme sur les dés, les nombres n'étant plus figés mais bien une représentation concrète , avec des correspondances à découvrir par soi-même autrement qu'en comptant, au moins pour les petits nombres jusqu'à dix... « De sorte [qu'un] nombre ne se réfère pas à un objet particulier, mais à la taille du groupe d'objets que l'on a mis de côté.  A un moment donné, on peut aussi introduire l'idée de nombres ordinaux : c'est à dire, les nombres qui indiquent la place d'un élément dans un tableau et non la taille d'un groupe d'éléments. »
Pour parvenir à faire comprendre les additions et les soustractions, la « complexification » enseignée le plus souvent n'est pas vraiment nécessaire :
« 2 + 3 = 5, 3 + 2 = 5, 5 – 2 = 3 et 5 – 3 = 2 ne sont pas quatre réalités différentes, mais quatre façons différentes de regarder une seule réalité. De plus cette réalité n'est pas une réalité de l’arithmétique qu'il faut absorber par foi et mémoriser comme des syllabes dénuées de sens. C'est une réalité de la nature, que les enfants peuvent découvrir par eux-mêmes, et redécouvrir ou vérifier par eux-même aussi souvent qu'ils en ont besoin ou qu'ils le désirent.
La réalité en question est la suivante :
***** ˂---˃*** **
(…) C'est vrai partout dans l'univers. (…) L'arithmétique est apparue (et apparaît) quand les homes ont commencé (et commencent...) à prendre conscience de cette réalité numérique de la nature et à y réfléchir. »
« Qu'est-ce que ça nous apporte ? Cela nous apporte la chose suivante : au lieu d'avoir à mémoriser des douzaines de choses » pour cette réalité, « quatre suffisent (…) En bref, toutes les tables d'addition ou de soustraction que l'on donne aux enfants à mémoriser, peuvent être redécouvertes et écrites par les enfants eux-mêmes. L'avantage de cette dernière méthode c'est que notre esprit est bien plus puissant à découvrir qu'à mémoriser, ne serait-ce que parce que découvrir est en soi beaucoup plus amusant. Un autre avantage, c'est que toute cette arithmétique (et par extension toutes les mathématiques) qui semblait pleine de mystères, de coïncidences et de contradictions, apparaît tout à fait sensée. »

John Holt explique comment faire une calculatrice artisanale toute simple avec du papier (et un crayon) , très pratique et efficace ! « Les enfants qui utilisent cette calculatrice artisanale vont rapidement découvrir des choses qu'un apprentissage par cœur ne leur aurait jamais révélé. »
Nous la testons ici, et ça semble presque magique... quand l'enfant est prêt.

« Même avec de très nombreuses explications, personne ne pourra interpréter un système de symboles non familier pour en déduire une réalité qu'il représente. Il faut d'abord faire l'opération dans l'autre sens. »

John Holt explique comment on peut comprendre ainsi les multiplications, les factorisations, divisions, fractions... à partir d'une donnée réelle toute simple, permettant aussi de comprendre et trouver les nombres « premiers ». Tellement simple expliqué ainsi !

De même tellement simples à connaître ses tables une fois qu'on a vu comment elles fonctionnent et de les utiliser. Se familiariser avec les tables est bien pratique au quotidien, et John Holt en fait un jeu, une sorte de challenge avec soi-même. Il montre comment faire remplir ses grilles à un enfant, en lui laissant le temps nécessaire, et sans y apporter de correction : l'enfant se familiarise au fur et à mesure avec les tables et leur structure, et remarquera bien que l'un des nombres introduit des contradictions et donc semble faux, « comme s'il n'était pas à sa place, exactement de la même manière qu'un enfant qui apprend à lire par lui-même remarque ce genre de contradictions quand il se trompe de mot.  Ce qui est bien plus important que de savoir les tables de multiplications en tant que telles, c'est que l'enfant acquière le sentiment que les nombres se comportent d'une manière sensée et ordonnée. (…) Quel que soit son rythme, arrivera un jour où l'enfant aura rempli tous les produits de la grille. Si la grille est (…) placée dans un endroit bien visible, remplir la dernière case va être un moment assez excitant. »
John Holt explique que même si l'enfant choisit de se servir d'une calculatrice (et sait s'en servir) pour remplir sa grille, il faut le laisser faire, « car même ainsi il pourra remarquer certaines structures ». « Le jeu peut aussi devenir : « Combien de cases est-ce que je peux remplir sans utiliser la calculatrice ? » Surtout ne pas lui demander de combien de cases il se souvient, car ils n'en sont pas là : ils n'ont pas encore conscience de s'en souvenir... mais après avoir rempli plusieurs grilles vierges (de plus en plus facilement et rapidement, mais de lui-même, pas comme pression), battant ses propres records, commençant par ceux qu'il trouve les plus faciles, et petit à petit intégrant les autres sans même faire l'effort démotivant d'apprendre ses tables par cœur.

« Le problème avec la plupart des exercices d'arithmétique c'est que soit les enfants les trouvent ennuyeux, soit ils leur font peur. Résultat, s'ils ont appris quelque chose, l'expérience a été si déplaisante qu'ils vont bien vite l'oublier. » Transformer en jeu facile l'assimilation des tables donne envie d'en savoir plus, cette excitation qui prend au ventre quand on comprend et/ou apprend quelque chose qui nous semblait mystérieux auparavant.

John Holt raconte des anecdotes de séances avec ses élèves très vives et enthousiasmantes. Multiplier des grands nombres, aborder et comprendre les fractions, comprendre que « l'infini » n'est pas un nombre et même pas un nom, mais plutôt un adjectif qui signifie sans limite, ou sans fin ; faire des jeux mathématiques, aborder l'économie domestique (que tout enfant devenu adulte indépendant sera un jour obligé de pratiquer, mais pourquoi attendre pour aborder du sérieux, après tout, les choses peuvent être sérieuses et amusantes?) , résoudre des problèmes , pas ceux sans intérêt qu'on propose souvent aux élèves, mais trouver la solution d'un problème que l'on a vraiment envie de résoudre est très motivant (…) Trouver comment fonctionnent les chose, résoudre des problèmes, c'est la chose la plus amusante que les êtres humains sachent faire »


Apprendre la musique

Apprendre à l'aimer avant tout, et pour l'aimer il faut l'écouter, écouter toute sorte de musique, tout ce qui peut toucher le cœur et les oreilles, épanouir les sens en quelque sorte. Mais il ne faut pas suggérer à un enfant d'apprendre la musique si son envie n'existe pas : jouer parce qu'on en a envie, et alors viendra l'envie d'apprendre à jouer autre chose... La tyrannie des répétitions devient un véritable plaisir du moment que celui qui joue ne le fait pas pour les autres mais pour soi avant tout... le plaisir de jouer pour les autres ne peut venir qu'après... john Holt évoque la méthode Suzuki, introduisant la musique au quotidien dès la grossesse et les premières années de l'enfant, et incitant les enfants à reproduire (d'abord assez maladroitement, évidemment) ce qu'ils entendent autour d'eux, de même que l'enfant est baigné dès ses premiers instants d'audition dans sa langue maternelle... Les airs sont devenus familiers et c'est d'abord cette familiarité qui rend facile et agréable l'apprentissage de la musique ou de la langue. Les récitals mélangent tous les niveaux, tous les âges, il n'y a pas de star, ni de sentiment de compétition : « juste un groupe d'enfants qui se réunissent pour jouer de la musique pour leur plaisir, le plaisir de leurs parents et de tous ceux qui sont là pour les écouter. »
Bien sûr tout n'est pas parfait : on n'autorise pas les enfants musiciens confirmés à apprendre à accorder leur instrument, alors que c'est important, par exemple. « Ce sont surtout des ressources très utiles pour les enfants qui apprennent la musique ainsi que pour leurs parents (qui peut-être apprennent eux aussi.). L'astuce c'est de les utiliser mais de ne pas s'y restreindre. Il faut étendre l'univers de vos enfants : encouragez-les à improviser, à écrire des petits morceaux. Encouragez-les à composer pour les autres et à commencer aussitôt que possible à jouer de la musique » de tout registre. « En bref, pensez à ramener l'apprentissage de la musique vers l'exploration, la découverte, l'aventure et par dessus tout, vers la joie et l'excitation qui en sont la véritable substance. » Les émotions que l'on ressent quand on travaille et joue d'un instrument (que l'on a choisi) « vont de l'effort pénible à une intense concentration, d'une grande frustration et exaspération à quelque chose qu'on ne peut appeler autrement qu'exaltation. Ces sentiments sont si profonds que parfois, on peut à peine jouer. On ne peut pas utiliser le mot « amusant » pour décrire cet éventail de ressentis. (…) L'effort, la concentration, la frustration, la persévérance, la résolution, les moments de surprise, de joie, et oui aussi d'exaltation, sont un tout autre monde. »


Lire et écrire

John Holt affirme que la confiance doit venir avant tout : « le maximum possible de confort, de réconfort et de sécurité ».
Dans une école près de Copenhague, il n'y a « pas de classes, pas de groupe, pas d'enseignement [de la lecture] (…) Les enfants (comme les adultes) lisent s'ils le veulent, quand ils le veulent, ce qu'ils veulent, avec qui et autant qu'ils le veulent. Cependant tous les enfants savent -ce n'est pas explicite, quand vous êtes dans cette école, vous savez- , que quand ils le veulent, ils peuvent aller voir (…) un grand gaillard d'enseignant à la voix grave qui parle lentement (…) et qu'ils peuvent lui demander : « Tu veux bien lire avec moi ? » il répondra « Oui ». L'enfant choisit quelque chose à lire, va avec Rasmus dans un petit coin, pas une pièce fermée mais un lieu douillet et privé, il s'assoit près de lui et commence à lire à voix haute. Rasmus ne fait presque rien. De temps en temps il dit doucement « Ja, ja », qui signifie : « C'est bien, continue... » Sauf s'il s'aperçoit que l'enfant panique, il n'indique et ne corrige jamais d'erreur. Si l'enfant l'interroge sur un mot, il répond simplement ce que ça veut dire. Au bout d'un moment, environ vingt minutes, l'enfant s'arrête, ferme le livre, se lève et part faire autre chose.
On peut difficilement qualifier cette d'enseignement. Pourtant Rasmus avait été formé pour enseigner la lecture. Il m'a raconté qu'il lui avait fallu bien des années pour arrêter de faire, d'un seul coup, toutes ces choses qu'on lui avait apprises à faire, car finalement il avait réalisé que ce minuscule soutien moral c'était tout ce dont les enfants avaient besoin, et qu'en faire plus n'était en fait d'aucune aide. »
« J'ai demandé à Rasmus combien de temps les enfants semblaient avoir besoin de ce « soutien » avant de se sentir prêts à explorer la lecture tout seuls. Il m'a répondu que, d'après ses souvenirs de ces sessions de lecture, la durée la plus longue qu'un enfant ait passé à lire avec lui était d'environ trente heures réparties en séances de vingt minutes à une demi-heure sur quelques mois. Et il a ajouté que de nombreux enfants passent beaucoup moins de temps que ça avec lui et que beaucoup d'autres ne lisent jamais avec lui.(...) Quelle que soit la manière et le moment où les enfants [de cette école] avaient appris à lire, ils étaient tous devenus de bons lecteurs. (...)
Trente heures. Une semaine d'école. Voilà l'ampleur de la tâche. »


Découvrir les lettres et découvrir les mots dans le contexte

Les « chemins qu'ils prennent pour explorer le monde autour d'eux, en particulier celui des lettres et des nombres, sont variés, ingénieux et inattendus. »
Nous voyons tous partout de l'écrit autour de nous, chez nous, dans la rue, lorsqu'on fait ses courses, et bien sûr sur et dans les livres... quels qu'ils soient, les mots griffonnés sur un bout de papier pour nos proches, pour une liste de choses à faire, pour un courrier , même un mail ou l'internet nous exposent ainsi que les enfants, s'ils sont avec un adulte – de préférence- à l'écrit...
Vient un jour où, que cela soit à un proche, parent ou non, ou bien à un enseignant, l'enfant demande ce que veut dire tel mot (il a compris depuis quelques temps déjà qu'un mot est une forme particulière entourée d'espace et qui signifie la même chose que ce qu'on peut dire, même s'il ne saura pas forcément l'expliquer). L'enfant commence ainsi par demander ce que font telle et telle lettre si on les met ensemble... ou voudra écrire une lettre à quelqu'un qu'il aime. Là, il a envie de se sentir « alors plus fort, plus compétent, plus utile et plus proche du monde des adultes » : il n'apprend pas pour plaire à l'adulte, même si ça peut plaire à l'enfant de montrer ce qu'il a compris, ce qu'il sait. Pour lui c'est sérieux et important. Comme un journal sérieux qui contient de l'information réelle, ou une carte routière ou un calendrier, les pages jaunes... tout ces trucs d'adulte « où tout le monde fait des choses mystérieuses et intéressantes ».

John Holt regrette que l'école ne permette pas aux enfants de faire leur propre progression de tâches de plus en plus difficiles, car les défis extérieurs sont souvent vus « comme des menaces (ce qu'ils sont souvent, car si vous échouez à les accomplir, vous prenez un gros risque d'être ridiculisé) [et] perdent peu à peu l'habitude de se stimuler eux-mêmes, même en dehors de l'école.

« Les enfants qui lisent pour leur plaisir s'arrêtent rarement pour poser des questions sur des mots. Ils ont envie d'avancer dans l'histoire. Si le mot est important, ils devinent son sens. (…) En ce qui concerne les mots compliqués, ils les comprennent en les rencontrant dans différents contextes.
Les gens deviennent bons lecteurs et acquièrent un riche vocabulaire grâce aux vrais livres et non pas grâce aux livres de classe ou aux dictionnaires. (…) un dictionnaire c'est une collection d'opinions de personnes différentes sur ce que les mots signifient et sur la façon dont les gens les utilisent. »

Les auditifs

John Holt nous évoque une enseignante qui « écrivait les paroles d'une chanson au tableau -parfois une chanson que les enfants connaissaient, parfois une nouvelle chanson qu'elle leur apprenait – et au fur et à mesure qu'elle pointait les mots, les enfants les chantaient et, ce faisant, ils apprenaient à lire. » Comme les parents qui à la demande de leur enfant lisent et relisent « son histoire préférée. Puis un jour, ils se rendent compte que l'enfant lit avec eux, voire même peut lire sans eux. Il a appris simplement en voyant les mots et en les entendant en même temps. » Sans tout maîtriser de cette façon, ils ont malgré tout « appris plein de choses sur les correspondances syllabiques. »

L'importance de savoir lire plutôt que d'apprendre à lire

« Si nous lisons et si nous écrivons, les enfants auront envie de le faire aussi ; et si nous ne le faisons pas, ils n'en auront pas envie. »

« Quand les livres ont du sens pour eux, les jeunes veulent lire, ils en ont besoin et ils aiment ça ; et quand ce style de livres est mis à leur disposition, tôt ou tard, sans qu'on leur « apprenne », avec juste un coup de pouce, ils arrivent bien à les lire. (…)
Les livres avec lesquels la plupart des enfants sont obligés d'apprendre à lire sont, au delà de toute compréhension, ennuyeux, stupides, superficiels, trompeurs, malhonnêtes et simplistes. » Un vocabulaire restreint et faible, à vouloir faciliter la tâche de l'enfant, ne lui rend pas honneur... Un livre doit avant tout être intéressant pour son lecteur, sinon à quoi bon ? Certains livres de lecteurs débutants sont assez intéressants, mais au vocabulaire et nombre de mots là encore navrant... Demandez donc à des enseignants ou à des parents d'élèves de CP et CE1...

Arrêtons de demander aux enfants de lire à voix haute en classe pour vérifier s'ils savent lire ou pour soi-disant les aider... « Et plus important, si les enfants étaient autorisés à lire tout seuls pour leur propre plaisir, ils remarqueraient et corrigeraient d'eux-même la plupart de leurs erreurs. »

apprendre à écrire

« Pour aider quelqu'un à apprendre à écrire, on doit lui montrer très clairement que l'écriture est un prolongement du discours, que derrière tous les mots écrits il y a une voix humaine qui parle et que lire est ce qui permet d'entendre ce que disent ces voix. »
« Ce qui est capital ici, c'est de faire la connexion entre l'ordre chronologique des sons dans un mot parlé et l'ordre dans l'espace des lettres du même mot écrit. Si tant d'enfants ont du mal à comprendre cette connexion, c'est que dans la plupart des consignes de lecture, on n'en parle pas. » Opposer les lettres minuscules et majuscules est aussi une absurdité, qui induit les enfants en erreur : il s'agit de sa forme et non de sa taille...Cela donne aussi à certains enfants l'impression que ce n'est pas la même lettre. Il y a plusieurs façons de tracer les lettres, et plusieurs manières d'écrire, et avec plusieurs objets différents également.

« Nous pouvons aussi faire toucher du doigt aux enfants que, tout ce qu'ils voient écrit autour d'eux, ce sont des messages délivrés par des gens. »
« Nous devons faire comprendre aux enfants qu'écrire, c'est une extension de capacités qu'ils possèdent et utilisent déjà pour leur propre compte : les capacités du langage. (…) Écrire, c'est un truc magique, comme des paroles congelées qu'utilise celui qui écrit, jour après jour, pour dire tout ce qu'il veut à celui qui le lira. C'est une extension de la voix, et comme les enfants ont le sentiment de leur petitesse et qu'ils aimeraient être plus grands et plus puissants, l'idée qu'écrire peut rendre plus large leur audience peut vraiment les motiver. »

L'orthographe

« La meilleure façon de bien apprendre l'orthographe est de beaucoup lire et écrire. Cela va remplir vos yeux avec l'apparence des mots, et vos doigts avec la sensation des mots. »
John Holt trouve ainsi inutile tous les exercices et règles d'orthographe pour tenter d'apprendre à bien orthographier, mais pour les « irréductibles » des exercices, il propose « un auto-test d'orthographe qui permet aux élèves de faire le tri entre les mots qu'ils connaissent et ceux qu'ils ne connaissent pas, et de travailler sur ces derniers » (page 166). « L'important dans tout ça, c'est que ce soit l'enfant qui contrôle le processus de test et de vérification. » John Holt demande expressément de ne pas faire cet auto-test avec des enfants qui commencent tout juste à lire et à écrire. Il ne recommande cette méthode qu'avec « des enfants plus âgés qui ont déjà une mauvaise orthographe » et « seulement de mots mal orthographiés dans leurs propres écrits. » Méthode qui « fonctionne aussi avec des adultes. »

John Holt nous démontre que l'on ne devrait pas imposer aux enfants d'utiliser uniquement l'écriture cursive mais leur laisser le choix entre le scripte et le cursif, car « l'essentiel, c'est qu'écrire signifie bien pour eux être lu par les autres. »

Citoyen du monde des livres

« Ce livre est le mien ! »
« Au lieu de démarrer par la porte étroite, le son d'une lettre, (…) commenc[er] par une idée importante : les livres nous appartiennent. Alors [le lecteur débutant structure] cette grande idée en plus petites, néanmoins toujours essentielles : des histoires habitent dans les livres ; il y a des mots dedans ; les histoires sont en quelque sorte contenues dans les mots ; la clé pour voir surgir et prendre possession des histoires consiste à saisir les mots ; et, ainsi, les histoires peuvent être partagées avec d'autres gens. » N'est-ce pas là le plus important ?


Conclusion et élargissements

Je conclue cet article destiné aux Vendredis Intellos en faisant quelques constatations et aussi quelques propositions qui méritent d'être commentées, annotées, débattues et augmentées de vos avis et idées concrètes.

Il n'y a à mon sens pas de lieu idéal pour apprendre.
A vrai dire, le lieu importe peu, du moment qu'il permet à celui qui apprend d'être en confiance et de ne pas brutaliser son corps donc d'être confortable pendant que son cerveau demande toute son énergie et sa concentration ; cela veut dire aussi un sommeil suffisant, des rythmes physiologiques d'apprentissage compris et respectés, mais avant tout laisser à l'apprenant ,enfant ou adolescent, le temps de gérer ses propres apprentissages afin qu'ils soient durables (sinon, on demande un « bachotage » quasi-permanent, et comme chacun le sait, le « bachotage » n'a aucun intérêt pour la compréhension et la mémorisation à long terme). Le lieu importe peu, du moment qu'il est ouvert sur le monde et donne envie d'en savoir plus sur celui-ci : les collèges par exemple, sont des architectures conçues pour enfermer l'élève loin de l'agitation du monde, des murs hauts et très peu de fenêtres... tout le contraire de ce qui permettrait à nos ados de s'ouvrir sur ce monde auquel ils vont bientôt participer comme tout un chacun, à leur façon. Le lieu importe peu mais devrait permettre à l'apprenant de rester connecté avec les autres générations pour ne pas s'en détourner et se fixer uniquement sur sa propre personne sans daigner ouvrir ses yeux et son cœur aux autres... On se plaint d'avoir une société égoïste (enfin, c'est bizarre car les égoïstes sont toujours les autres, n'est-il pas?), mais on enferme chaque catégorie d'âge et bien plus dans des cases et des bâtiments qui les repoussent loin les uns des autres, et loin de la compréhension mutuelle, loin des savoirs que chacun accumule dans sa vie et qui rend nos vies si riches et dignes d'être partagées...

Il n'y a à mon sens pas de personne idéale pour accompagner celui qui apprend, dans le sens où une seule personne ne peut suffire ! Qu'on parle de l'enseignant ou du parent qui pratique l'instruction en famille, cela ne peut être le seul référent de l'apprenant ! Ne criez ni ne fuyez pas ! Essayez plutôt de voir plus loin :
Apprendre est bien chercher à accumuler des savoirs complexes (pas toujours compliqués, mais complexes bien souvent) ou des compréhensions multiples et enrichies au fur et à mesure de nos besoins, et ce quel que soit notre âge, n'est-ce pas ! Êtes-vous d'accord, qu'apprendre, c'est s'enrichir de plus en plus grâce à l'action conjuguée de notre expérience et de la connaissance des autres ? Alors pourquoi vouloir tout résumer en une personne ? Pourquoi ne pas permettre par exemple, très régulièrement ou quotidiennement, que des personnes de tous métiers, de toute classe sociale viennent raconter et montrer leur métier ou mieux encore que les élèves intéressés puissent être accueillis facilement au sein des entreprises, des usines, parmi les artisans et les professions libérales etc... où chacun pourrait se frotter un peu au monde réel et y apprendre autant sinon plus que dans un lieu fermé à la réalité sous prétexte de protection... J'ai des enfants, et les protéger n'est pas les enfermer, c'est leur faire découvrir le monde avec un accompagnement respectueux d'eux et des autres à la fois ! Spécialiser l'éducation dès onze ans me semble une aberration pour la plupart des enfants qui ne savent pas du tout quels métiers vers lesquels ils ont envie de se tourner, étant donné qu'ils n'y sont jamais confrontés (ne parlons pas du stage unique de 3e qui est de la poudre aux yeux!). Les classes pourraient se partager en deux groupes pour les moins de 16 ans avec par exemple d'une part deux enseignants généralistes qui feraient vivre les apprentissages en développant des échanges et en cumulant les expériences et les connaissances (car qui peut dire que chaque enseignant a retenu exactement les mêmes choses!?) , et d'autre part, des classes ouvertes avec deux enseignants aussi mais spécialistes (une classe de 2 spécialistes pour chaque « matière » à développer) où les élèves seraient libres d'aller -et de sortir (sans gêner les autres) selon leur désir d'apprentissage … un peu à la manière de l'Ecole de Summerhill en Angleterre. Je ne fais qu'extrapoler, bien sûr, je ne prétends pas avoir les solutions parfaites, mais les idées essentielles me semblent exposées dans cet article, en toute humilité, et ne demandent qu'à entendre d'autres points de vues, d'autres esquisses de solutions...mais de solutions concrètes.

Car enfin, n'ayons pas peur de dire que l'éducation a vu son industrialisation croître et le bien-être et les connaissances des élèves régresser dans un même temps (comme pour l'industrialisation de la Naissance, voir Michel Odent : le Fermier et l'Accoucheur). Est-ce que je dis une absurdité ? Pas si sûr : je défends l'école laïque et pour tous avec conviction, mais ce n'est pas en transformant l'école en usine des apprentissages que cela va contribuer à former des citoyens bien dans leur peau et leur tête, fiers de leurs connaissances, honnêtes et confiants dans leurs capacités à s'adapter au monde qui les entoure ! L'industrialisation de la connaissance qui se justifie, c'est la connaissance à la portée de tous, pas la connaissance unique imposée et réduite à un programme pour tous : la nuance est de taille ! Nous avons commis là une grosse erreur : l’Éducation a besoin de sur-mesure (comme la Naissance), et si nombre d'enseignants - que je respecte pour tous ceux qui sont passionnés par leur métier qu'ils voient comme un partage et un échange au profit de l'enfant ou de l'adolescent et non comme une partie d'entre eux qui voient leur métier comme un enseignement de maître à disciple, comme adulte ayant tout pouvoir et autorité à mineur (quel mot bien choisi, en l'occurrence !) n'ayant que le droit d'écouter en silence ou sans trop poser de questions trop digressives... - si nombre d'enseignants passionnés et respectueux pouvaient pratiquer leur métier de cœur sans qu'on leur reproche ce qui font d'eux de véritables enseignants, de véritables accompagnants au savoir et au savoir-faire , si des « scribouillards » ne se lançaient pas à chaque nouveau gouvernement de quelque pays que ce soit dans une refonte prétendue, déstructurante et sans intérêt pour les apprentissages des enfants et des adolescents, si une réelle prise en compte des besoins des apprenants, des élèves qui sont avant tout des enfants et des adolescents en pleine croissance, en pleine mutation, en pleine maturation vers l'adulte qu'ils deviendront, était réellement faite (et non de simples constatations évidentes pour tous : ah oui, les jeunes ont besoin de dormir pour mieux grandir et apprendre, ils ont besoin de manger équilibré et de ne pas faire ci ou de faire ça...?)... Il s'agit de nos enfants ; bon sang ! Ou des enfants de nos amis, de nos proches, de nos futurs enfants ou de nos petits-enfants... Cessons de contempler les dégâts et de se contenter de constater que ça va mal ! Soyons de vrais citoyens : nous avons la chance de vivre dans une démocratie, or la démocratie comme la liberté, ne s'use que quand on ne s'en sert pas !

L’humanité est faite d'individus uniques qui apprennent toute leur vie à vivre en groupe et à se découvrir eux-même. Apprendre est l'affaire de toute une vie, et ne pas déconnecter l'apprenant du quotidien comme de lui-même est crucial pour permettre de garder ou créer la confiance en soi et ne pas briser les liens intergénérationnels qui font qu'une société le reste. Apprendre, c'est vivre ; vivre, c'est apprendre.

Voilà, pardonnez-moi (si vous le voulez) si je me suis un peu lâchée dans la conclusion, mais il y a tant à dire et surtout à faire pour améliorer les conditions d'apprentissage des enfants et des adolescents ! Je sais pertinemment que dans nombre de pays, les enfants n'ont même pas la possibilité d'apprendre et sont contraints d'aller travailler pour subvenir aux besoins de leurs famille et aux leurs, mais cela ne doit pas empêcher de vouloir toujours mieux pour nos enfants, où qu'ils soient dans le monde ! Si nous cessons de vouloir mieux comme monde, comme société pour eux, alors ce n'est pas la peine d'être parents, non ?

C'était la deuxième partie de mon article pour les Vendredis Intellos sur les Apprentissages autonomes de John Holt.

La première partie est là : Comment apprend-on ?