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14 oct. 2013

Spectacle familial les Quincailloux

Les Quincailloux seront heureux de vous présenter leur spectacle 
"Y'a un tambour dans mon cartable !" 

Date : samedi 9 novembre 2013

Horaires : de 16h à 17h (durée 1h)

Lieu : salle René Havard à Plessé (44630).

Spectacle familial.

Tarif : 2 euros/personne

Capacité de la salle : 200 places.

Salon de thé et bar après le spectacle.

Organisé et financé par l'association MMM (Maman papa et Moi on Materne) de loi 1901 à Plessé.

En savoir plus sur les chanteurs et musiciens : les Quincailloux (leur site)

23 mai 2013

Sommeil partagé entre frères et soeurs / cosleeping dans la fratrie


Je veux aujourd'hui parler d'une sorte de sommeil partagé dont on oublie souvent de parler, c'est le cododo en fratrie !

Souvent pratiqué par les plus jeunes qui ne cododotent plus avec leurs parents -  mais aussi ceux qui n'ont jamais connu le sommeil partagé avec leurs parents. 




Ils ont leur propre lit qu'ils peuvent investir à volonté. 

Le cododo entre frères et soeurs concerne presque exclusivement les enfants, car les adolescents ne souhaitent généralement plus qu'on les dérange dans leur sommeil, pour des raisons personnelles, mais également du fait de leur corps prenant plus de place dans le lit, et enfin, du fait de leur rythme plus épuisant (les collégiens et lycéens ont des journées aussi remplies que les travailleurs bien souvent, mais il faut y ajouter leur croissance et leur déferlante hormonale d'adolescents)...

Le jeune enfant a bien compris que le cosleeping dans le lit parental est devenu , passé le temps de fusion propre à chaque famille (et souvent progressif), le lieu réservé aux gros cauchemars, temps de maladies ou d'épuisement très particuliers. Pour autant, il comprend vite que ses frères et soeurs ne l'accueillent que quand et s'ils y sont disposés ! 

Cela créé une complicité très forte et, si des règles sont dites clairement de la part des parents, pas plus de chahut qu'un coucher individuel.

Et cela permet aux enfants de donner une dimension très positive du sommeil, qui, tout en ayant un cadre, est facilité notamment par une sensation de sécurité accrue.

Je suis certaine que vous avez des expériences très riches à partager, qu'ils s'agisse de vos propres souvenirs ou de vos enfants !

26 mars 2013

Printemps quand viendras-tu ? - faire des jeux en famille

Il se fait attendre, cette année, le printemps... Les arbres sont montés en sève, quelques bourgeons se sont développés, mais les feuillages vert tendre tardent à apparaître et les rayons du soleil sont bien chiches... Familles, nous sommes tous au bord de la crise... de nerfs ? L'épuisement vous gagne ? En attendant ces journées pleines de soleil et de douceur apaisante, je vous propose deux astuces pour tenir bon encore un peu :









Jouer en famille, à des jeux qui vous rassemblent ou vous ressemblent...
Ici, en ce moment, nous affectionnons particulièrement ces jeux :

- jeu du dictionnaire (de 8 à 100 ans et plus ) :  il faut savoir écrire et lire, ce jeu développe l'imagination, l'écriture, l'orthographe, la cohésion aussi...il suffit d'un dictionnaire, d'une feuille de papier chacun, et d'un crayon chacun, c'est tout !

- poker (de 6 ans pour certains (notre plus jeune miss n'a pas encore ses 6 ans, mais se débrouille plutôt bien, le plus dur étant de miser raisonnablement quand il le faut) à 100 ans  - Note : nous ne misons que des jetons, voire des gourmandises de temps en temps, jamais autre chose : le plaisir de passer un bon moment ensemble avant tout ! - et j'ai horreur des jeux d'argent de toutes les façons...) : il faut un jeu de 52 cartes, une table... et le sourire se déride tout seul ( attention à ne pas trop titiller ceux qui n'aiment pas du tout perdre, sinon le jeu se terminera sans doute en grognements, mais sinon, il déride toute la famille - par contre, selon l'ambiance, il peut finir en déploiements de joie ou bien dans la détente simple).

- chromino ( de 3 à 5 ans en version dominos simples, et de 5 à 100 ans et plus en version normale chromino) : un sorte de variante plaisante de dominos avec des couleur, mais bien plus enrichissante que le jeu des dominos à mon avis. Il faut le jeu... et une table.

- triomino (de 4 ou 5 ans à 100 ans et plus) : Il faut soit le jeu tout fait, soit le fabriquer en DIY avec de la plinthe de bois, un peu de peinture, un pinceau et un zest de patience... (une autre fois pour les liens qui ont permis à mon chéri de fabriquer ce jeu maison).

- belote (bon, un peu plus compliqué pour les moins de 10 ans, celui-là, mais jouable de 9  à 100 ans et plus) : ils aiment bien aussi, mais il faut penser à conserver un tableau ou un grand carton avec les valeurs des cartes inscrites selon atout ou sans ... Pas le jeu à présenter en premier, car il demande de bien connaitre les cartes...

- dessiner en famille : ici, ils adorent encore plus que de dessiner chacun de son côté ! ( pas d'excuse de ne pas savoir dessiner : faire ce qui nous fait envie suffit avec le fait de passer un moment calme ensemble !)

- se lancer dans un bricolage à plusieurs mains ou dans la confection d'un gâteau ou d'un plat que tout le monde apprécie !

- ils aiment souvent créer ensemble - sans nous mais pour nous - des pièces de théâtre ou des spectacles... mais à eux de trouver le contenu sinon le plaisir n'y est plus !

(allez, d'autres une autre fois !)

Une autre piste pour chacun, mais en solo, cette fois (chacun à tour de rôle) : faire le plein de belles images sur la toile ou dans de beaux livres... ça ne remplacera jamais le soleil, mais ça fait du bien, en tous les cas, ça marche pour moi : moins d'énervements à la clé !

Je ne sais pas où vous dénichez les vôtres, moi je les trouve sur de beaux blogs et aussi je les rassemble pour mieux en profiter - sans faire déborder la mémoire de mon pc - sur pinterest ici.

Image  : Inspire me now beast pillow (suivre le lien)


Si vos batteries sont suffisantes, ensuite, la lecture d'un bon livre, ou la relecture d'un livre que vous avez beaucoup aimé: un bon bol de bien-être en plus ! C'est bien plus efficace et durable qu'un film, à moins de s'émerveiller devant un chef d'oeuvre (positif) - auquel cas, c'est aussi efficace !

Bon, je file : le branle-bas du matin entame sa deuxième phase ...

25 mai 2012

Devenir « Parents efficaces au quotidien » avec nos enfants et ados – Partie 1


La méthode sans perdant rendue célèbre par Thomas Gordon permet à chaque famille de trouver ses propres solutions plus facilement, en respectant les besoins des enfants comme ceux des parents et en trouvant ensemble les règles qui seront réellement applicables ! Vous n'y croyez pas ? Vous restez sceptique ? Amorce alléchante pour attirer le lecteur de ses livres ou vous forcer à rester lire mon article ? Pas si sûr...

Bien sûr, comme les autres analyses de livres que je vous propose, (à ne pas confondre avec des approches ou des zooms sur une partie d'un livre) elles ne font que vous donner et donner à réfléchir sur les pistes abordées plus largement dans le livre traité, et vous donner envie de le lire : elles ne remplacent jamais la lecture personnelle de livre en question.
Cette semaine, je vous propose de découvrir ou redécouvrir "Parents efficaces au quotidien - La méthode expérimentée et vécue " de Thomas Gordon (tome 2, qui peut se lire indépendamment du tome 1, mais est commentée comme plus concrète) :

De quoi s'agit-il ?
Thomas Gordon, psychologue, recevait à l'origine dans son cabinet des enfants et des adolescents.
« Il constata que la plupart n'avaient aucun problème psychologique, mais éprouvaient un vif besoin de se confier. S'entretenir une fois par semaine avec une personne compréhensive suffisait à transformer leur attitude. »
Il décida alors d'enseigner aux parents les techniques qu'il employait , créant la formation « Parents efficaces » (un cours pratique d'une trentaine d'heures), particulièrement utile de 6 mois à 12 ans. Mais ces techniques peuvent servir au quotidien dans les rapports humains, que ce soit avec des enfants, des ados ou des adultes : sans être une panacée, elles sont rudement simples et efficaces ; malgré tout, elles ne sont pas habituelles, et donc il faut apprendre à les apprivoiser, à désapprendre nos mauvais réflexes défensifs ou répressifs ou même d'autres réflexes bien intentionnés qui ne sont pas toujours utiles bien au contraire... comme nous allons le voir !

« En utilisant des techniques de communication simples et en les appliquant avec ouverture et flexibilité, ces parents ont obtenu des résultats étonnants, ils ont établi une relation saine avec leurs enfants et ont vu leur vie familiale quotidienne se transformer. »

    « 
  • On y voit des parents écouter avec compréhension leurs enfants et ainsi les aider à résoudre eux-même leurs problèmes avec leurs amis, leurs frères et sœurs, leurs professeurs.
  • On y voit des parents expliquer franchement à leurs enfants les ennuis que leur causent leur comportement et leur exprimer les frustrations qu'ils éprouvent dans ces situations : les parents sont alors souvent étonnés de constater avec quelle bonne volonté leurs enfants et leurs adolescents changent ces comportements.
  • On y voit des parents qui décident de cesser de harceler leurs adolescents sur leurs études, leurs amis, leurs façons de s'habiller et de se coiffer, etc. On voit que ces jeunes assument alors mieux leurs responsabilités et s'efforcent de réussir.
  • On y voit des parents qui discutent avec leurs enfants et leurs adolescents de situations qui étaient sources de tension et de conflit -par exemple leurs des sorties et des vacances- et les transforment en événements agréables et sources de rapprochement en trouvant des solutions mutuellement satisfaisantes.
  • On y voit même des parents parler franchement à leur bébé -comme à une personne qui comprend » qui s'apaise tout à coup !
  • On y voit aussi des parents qui constatent que leurs enfants communiquent avec leurs amis de la même façon que leurs parents leur parlent. Comme quoi en ce domaine important, l'exemple est la première école. »

Les parents peuvent ainsi établir «  des relations démocratiques sans-perdant , fondées sur l'authenticité et l'écoute [et] donnent à nos enfants une meilleure chance pour construire un monde sain »


Les techniques ne suffisent pas : les principes fondamentaux

Ce qui peut blesser un adulte peut aussi blesser nos enfants et nos adolescents.
Les « variations du niveau d'acceptation selon les moments [selon la fatigue et/ou les soucis] sont fréquentes et inévitables chez la plupart des parents. Elles sont compréhensives et normales. » Non, il n'y a pas de parents parfait ! Vous êtes rassurés ? Alors on peut continuer !
Deux autres facteurs entraînent une fluctuation des attitudes et des comportements des parents :
  • les différences de personnalités et de caractère
  • les différences d'environnement dans lequel ce comportement a lieu
Tout cela explique qu'il soit normal qu'on puisse trouver un comportement acceptable dans un cas et inacceptable dans un autre cas.
Faire front commun n'est pas non plus obligé : « Chacun est libre d'adopter une position différente en réaction à un comportement précis de l'enfant. » C'est une partie du principe A qui appartient le problème ?

Quand c'est le parent qui a le problème : « c'est à lui d'amener l'enfant à modifier le comportement qui lui fait problème. »
Oh je vous vois venir avec vos gros sabots : s'agirait-il de manipulation ? Non pas du tout ! J'ai eu la même arrière-pensée au début, et j'étais méfiante, puis plus j'ai avancé dans ma lecture, plus j'ai compris le processus, si simple et pourtant si loin de ce qui est l'habitude de rapports humains... surtout vis-à-vis d'enfants ou d'adolescents... mais pas que...
Quand ce sont les comportements de l'enfant qui signalent que c'est lui qui a un problème (les besoins ne sont pas satisfaits, il est malheureux, déçu, a de la peine), il faut alors laisser à l'enfant son problème et le laisser trouver sa propre solution.
Quoi ? Le laisser se dépatouiller tout seul ? Mais quels conseils est-ce là ? Eh bien, ce n'est pas tout, évidemment, mais c'est l'idée motrice... Restez encore un peu pour mieux comprendre.
« Lorsque les parents sont capables d'admettre que ce n'est pas eux qui ont le problème de l'enfant, ils sont alors dans une bien meilleure position pour être le facilitateur , le catalyseur [ou l']agent d'aide » qui amènera l'enfant à « s'engager à résoudre le problème par lui-même. »
Donc face à un problème de comportement de notre enfant ou adolescent, nous pouvons poser l'une ou l'autre question, selon la situation ainsi analysée préalablement :
« Le parent qui a le problème adoptera une attitude qui signifiera à l'enfant : « J'ai un problème et j'ai besoin de ton aide. » : Cette attitude est très différente de celle où l'enfant a le problème et où les parents veulent lui signifier : « Il semble que tu as une difficulté, as-tu besoin de mon aide ? »


Problème de l'enfant : comment les aider

  • Nous devons apprendre à moins parler et nous mettre à vraiment « écouter » nos enfants et nos ados, le plus souvent possible, au moins quand ils vivent des situations qui leur posent problème.
  • Poser des questions ouvertes ne bloque pas la plupart des échanges...
  • Informer ou donner des arguments logiques quand notre enfant est en crise émotionnelle ne sert à rien : ce n'est pas le moment ni ce dont il a besoin à ce moment-là... sauf évidemment si notre enfant nous le demande réellement.
  • Apprendre l'écoute active : cela simplifie les relations et allège nos devoirs : Nous ne pouvons être toujours parfaits !

L'écoute active peut sonner faux au début parce que c'est nouveau pour nous ou peu habituel. Cela développe notre compréhension empathique et devient spontané.
Quand les enfants ne veulent pas parler, ouvrir le dialogue au lieu d'avoir une écoute active peut les encourager, sauf s'ils n'en ont pas envie à ce moment-là.
« S'il accepte notre invitation à partager son expérience ou ses sentiments et commence à parler, alors l'écoute active est la meilleure façon de lui faire sentir qu'il est compris et que ses émotions sont acceptées (...) »


Quand c'est le parent qui a besoin qu'on lui parle et non l'inverse, cela ne peut être efficace. « Ils ont aussi besoin d'intimité. »

« Vous devez être disponible pour écouter »
Quand on n'est pas disponible, comment choisir quels besoins doivent être satisfaits en priorité ? C'est à chacun de décider ! Cependant Thomas Gordon donne quelques indications (page 71) :

«  1. Essayer de déterminer votre attitude à partir d'une appréciation rapide de qui est le plus tendu, de qui a les besoins les plus impérieux.
      1. Essayer de trouver le moyen de faire ce que vous avez à faire tout en écoutant l'enfant. (« J'ai ce dîner à préparer, mais, si tu veux, discutons pendant que je travaille ? » )
      2. Fixer un moment ultérieur où vous serez disponible pour discuter. (« Je voudrais bien t'écouter mais je ne peux pas maintenant. Pourquoi pas après le dîner ? » )
      3. Accueillir les sentiments de l'enfant, puis lui faire part des vôtres. (« Tu es vraiment en colère et contrarié ! J'aimerais avoir le temps de t'écouter maintenant, mais je ne peux pas me permettre d'être en retard à mon rendez-vous chez le docteur ! » )

Pour rendre nos réponses plus concises et directes, commencer par nommer les sentiments exacts de l'enfant produiront beaucoup moins de résistance si notre nouvelle façon de réagir leur semble étrange.

Parfois il n'y a pas besoin d'écoute active :
« C'est un outil qui ne doit pas être utilisé au hasard ni, évidemment, trop fréquemment.
Quelques indications aideront les parents à éviter certains pièges :
  1. Les problèmes que vivent les enfants ne sont pas tous graves au point de justifier une séance d'aide. Votre enfant de neuf ans peut dire « Le beurre est si dur que je n'arrive pas à l'étaler sans casser ma biscotte », sans que vous ayez à répondre : « Aimerais-tu en parler ? » ou « Te sens-tu vraiment contrarié ? »
  2. Les enfants montrent des signes apparents quand ils sont confrontés à des problèmes sérieux. Soyez attentifs aux larmes, aux replis sur soi, aux bouderies, aux grandes colères ou aux peurs, aux changements radicaux par rapport aux comportements habituels (un enfant bavard qui devient soudain silencieux et songeur).
  3. Avant de passer à l'écoute active, tâtez le terrain pour savoir si votre enfant a vraiment envie qu'une personne lui serve d'écho. Essayez l'écoute active (le silence) pendant quelques minutes. Et emettez une invitation du type : « Veux-tu en dire plus à ce sujet ? »

L'écoute active est inappropriée pour changer le comportement d'un enfant qui soit vraiment inacceptable aux yeux des parents  : « écouter sans accepter ne fonctionne pas ».

« L'écoute active est une technique pour aider l'enfant à trouver une solution à son problème, et non pour obtenir qu'il se soumette à la solution décidée par les parents. »

Et si vous n'aimez pas ce que vous entendez ?
« Vous ne saurez si l'on peut faire confiance aux enfants que quand vous leur ferez confiance »
« Les obstacles [votre intervention à proposer vos propres solutions] empêcheront l'enfant de découvrir quel est le vrai problème (…) Vous aurez tout le temps de montrer votre savoir et votre sagesse si besoin est. »

« Les gens préfèrent découvrir leurs propres solutions. Ils sont mieux préparés à accepter celles des autres si d'abord ils ont épuisé leurs propres recherches. »

« C'est seulement en aidant votre enfant à découvrir son vrai problème que vous parviendrez à savoir quelle est l'information qui lui sera la plus utile. »
Pour résumer, quelques indications (qui sont développées dans le livre) pour améliorer votre technique :
« 
  1. Sachez quand faire appel à l'écoute active.
  2. Sachez quand ne pas faire appel à l'écoute active.
  3. La compétence ne s'acquiert qu'avec la pratique.
  4. N'abandonnez pas trop vite.
  5. Vous ne connaîtrez jamais les capacités de vos enfants si vous ne leur donnez pas une chance de résoudre leurs propres problèmes.
  6. Acceptez que l'écoute active paraisse artificielle au début.
  7. Essayez d'employer davantage les autres techniques d'écoute : écoute passive, accusés de réception, invitations.
  8. Quand votre enfant a besoin d'information, donnez-la-lui (après s'être assuré qu'il la désire, et du vrai problème).
  9. Evitez d'imposer l'écoute active à vos enfants (Respectez son besoin d'intimité quand il ne veut plus ou pas vous parler)
  10. Ne vous attendez pas à ce que votre enfant choisisse votre solution. »

Ce que je ne puis donner dans mon analyse, tant il y en a, et tant le choix est personnel, ce sont les nombreux exemples qui font vraiment approfondir le sujet , mais je vous recommande de les lire pour mieux saisir cette méthode qui donne une bouffée de sérénité à notre rapport à la plupart des problèmes de nos enfants et relativise une partie des nôtres en rapport avec les comportements de nos enfants !

2 articles Pour aller plus loin en attendant la suite :  

Flolasouricette vous propose un zoom sur l'écoute active ici : lesvendredisintellos.com/ ecouter-oui-mais-comment-gordon-et-lecoute-active/

Mille Bulles  vous propose de faire un zoom sur l'écoute active avec les tout-petits qui ne parlent pas encore : lesvendredisintellos /comment ecouter les enfants trop jeunes pour s'exprimer/ 

La suite dans le prochain article : "Parents efficaces au quotidien" : Ce qui change dans la famille quand les parents savent écouter - Partie 2
C'était ma contribution de la semaine aux Vendredis Intellos (cliquez sur la vignette:) !

4 mai 2012

Le yoga des petits en famille ou en classe

Les enfants, qu'ils soient petits ou grands adorent pour la plupart les massages, mais parfois on ne se sent pas disponibles, les uns comme les autres ; alors on peut quand même prendre au moins cinq petites minutes (ou plus) pour une gym rigolote et toute douce avec les enfants !
Le livre "Le Yoga des petits" est simple, court, et très adapté pour les bambins et les enfants , que l'on ait envie de les initier au yoga ou tout simplement comme moi de passer un moment agréable ensemble , sans impératifs, juste pour le plaisir !
On peut commencer vers deux ans (testé ici) et même les grand(e)s de plus de dix ans apprécient (pas plus de quelques minutes, mais l'essentiel est bien de passer un vrai moment ensemble, non ?)  ; donc de 2 ans /2 ans et demie à 9-12 ans , c'est vraiment chouette, même s'il est d'abord proposé pour les 2-6 ans, le faire ensemble change tout !
Le livre présente une séance complète à suivre, si on le souhaite...

Nos préférés ici : "Petit yogi ... tire la langue comme un lion : "Haaa". Petit yogi ... fait le dos rond comme un chat (...) Petit yogi... se pelotonne comme une souris qui dort." sans oublier la grenouille ...

 «Douce et jolie invitation pour découvrir et initier les tout-petits au yoga. Des postures simples, faciles à imiter grâce aux jolies illustrations pleine page : les postures ayant des noms d'animaux, ceux-ci sont représentés en regard de chaque position. Peut-être des débuts d'histoires à inventer entre l'enfant et l'adulte qui feront ensemble cette expérience. À la fin de l'ouvrage, des conseils aux parents et aux éducateurs sur les bienfaits du yoga sur la concentration, la coordination et l'assurance chez les petits... Calme et détente en toute liberté seront au rendez-vous, au gré des pages de ce petit livre bien agréable à utiliser» ("La Revue des livres pour enfants").

«L'auteur de cet ouvrage, maman de trois jeunes enfants, pratique et enseigne le yoga depuis belle lurette. L'idée de ce livre lui est venue de sa fille
Scarlett qui essayait de l'imiter lorsqu'elle donnait ses cours. Le résultat est un album ludique qui propose dix positions faciles de yoga et des conseils simples aux parents. Ne pas rater la double page de photos à la fin du livre, où l'on admire les petits yogis en action. Aussi irrésistible qu'intelligent» ("Psychologies").

 «Des conseils avisés aux parents et éducateurs ponctuent l'amusante séance illustrée que la description rapide des postures précise avec une simplicité éclairée» ("Top nature").

«Une idée originale et peu traitée» ("ricochet-jeunes.org").

«Inédit!... Cette initiation au yoga est délicieusement illustrée» ("Famille et éducation").
 «Une introduction simple et attrayante au yoga» ("L'École des parents").

«Avec ses adorables dessins, ses conseils simples et judicieux, ses photos précises, cet album est une invitation irrésistible à initier au yoga les tout-petits (et les plus grands), tout en s'amusant» ("Le Journal des professionnels de la santé").


L'éditeur propose également la version pour s'endormir , que je n'ai pas encore testé : et vous?

Le mot de la fin : J'aime ce livre pour se recentrer en famille simplement et sans prétention, avec plaisir et tendresse !

Une petite pause toute douce pour les Vendredis Intellos !

6 avr. 2012

Catalogués dès leur plus jeune âge ! Et si...

Très dur de ne pas cataloguer inconsciemment ou consciemment nos enfants (timide, aventureux, maladroit, pot de colle, colérique  etc...) et je pense que cela doit renforcer ou transformer une réaction d'une période particulière en un trait de caractère... Nous finissons par tout mettre là-dessus, sans du coup voir que ce ne sont que les multiples aspects de leur personnalité ! Notre enfant peut montrer un comportement à un moment donné sans pour autant être déterminé par ce comportement en tant que trait de caractère. Sortir des schémas connus n'est pas toujours évident...
Crédit Image Laëlew Photo blog

La timidité est par exemple inégalement répartie mais présente chez beaucoup d'enfants à des degrés allant d'inaperçu à très marquée, de même que tous les enfants sont aventureux si on ne les empêche pas de vivre leur vie d'enfant, mais à des degrés variables évidemment !

Et je ne crois pas non plus, comme Isabelle Filiozat,  qu'il y ait véritablement d'enfants colériques ou "pleurnichards", juste des périodes plus ou moins sensibles auxquelles ils réagiront différemment et de manière plus ou moins marquée (selon leur vécu, l'accompagnement de leurs chagrins et frustrations effectués par nous, le maternage, la proximité que nous aurons bien voulu leur offrir, tout cela joue son rôle, mais aussi les circonstances, leur fatigue, etc...).
 Dans "J'ai tout essayé" (aux Editions JCLattès ), Isabelle Filiozat , Illustrée par Anouk Dubois, nous explique comment le cerveau de l'enfant et son corps réagissent à ce catalogage (p129) :
"En jugeant votre enfant : maladroit, colérique, timide, pied gauche ou pot de colle... vous déclenchez une réaction de stress dans son organisme.
Face à une situation proche, son amygdale déclenchera l'activation des mêmes circuits neuronaux... et le jugement s'affichera comme un ordre dans le cerveau "nul" , "maladroit" ... inhibant les capacités de l'enfant. Défini par l'insulte, le petit se soumettra à cette définition, il s'y conformera sa vie durant.
Cela s'appelle la réalisation automatique des prédictions, ou effet Pymalion."

Alors soyons plus attentifs à leur laisser faire leurs expériences sans les étiqueter !

Et pour mieux comprendre comment ils réagissent, faisons un tour de ces émotions ou états :

La réaction de timidité

Qui n'a jamais connu un moment d'hésitation à exprimer sans réserve ses pensées devant des inconnus, par peur ou refus du jugement négatif (moqueries, inintérêt, commentaires méprisants...) ou d'être repoussé ? Si l'on y réfléchit un tant soit peu, il s'agit d'un réflexe de préservation. Seulement, ce réflexe de préservation demande une énergie phénoménale : si l'on rougit, par exemple, l'échauffement corporel peut-être très intense, mais d'autres manifestations sont aussi physiques : tremblements, transpiration excessive, bégaiements, sensation d’étouffement, altération de la voix, raideurs musculaires… tout cela demande énormément d'énergie, ce qui permet de comprendre que lorsqu'on a une réaction de "timidité" , on élimine beaucoup de calories : il faut bien récupérer toutes ces calories, et donc manger ou "grignoter" est alors fréquent dans de telles situations-réflexes !
La timidité peut devenir un réflexe défensif très encombrant pouvant aller jusqu'à bloquer les actions nécessaires au quotidien...

Pour résorber cela, et parce qu'un tel processus est souvent pratiqué par des enfants, ados ou adultes ayant (ou ayant réussi à conserver) une grande sensibilité , on peut agir de trois façons :
- Cesser de vouloir tout cataloguer notamment sous l'étiquette timide toutes les réactions...
- Renforcer l'estime de soi et la confiance en soi progressivement, l'auto-empathie autant que l'empathie : comprendre ses qualités et pas seulement ses perfectibilités ainsi que celles des autres ...
- Avoir envie/donner envie de rencontrer des enfants/ados/personnes inconnues pour satisfaire une passion
- Développer ou les aider à développer leur sens de l'humour (faire rire les autres est un très bon désamorceur de stress)
- Trouver ou les aider à trouver une activité en groupe qui plaise (théâtre, sport d'équipe ...)
- Prendre soin de son image sans excès : le tout étant d'être à l'aise face aux autres
- Se surpasser petit à petit : dépasser son stress et ensuite voir tout ce qu'on a réussi à accomplir
- Un petit pas à la fois : pour se rendre compte des avantages à ne plus stresser devant les relations aux inconnus, le mieux est souvent de ne procéder qu'à un changement à la fois, et d'en ajouter progressivement
- Se rendre compte qu'on peut se faire des amis au lieu de rester seul sans pouvoir partager ses goûts, idées, activités etc...
- Rester toujours soi-même, pas la peine de vouloir cacher ses émotions ou ses réactions, être fidèle à soi-même est beaucoup plus constructif et riche que de tout garder enfoui, même s'il faut aussi apprendre à écouter les autres et à formuler ce qu'on veut dire pour ne pas être mal compris, mais c'est un apprentissage de la vie, que chacun doit apprendre

Il n'est jamais trop tard pour améliorer son estime de soi et donc réduire non pas son émotivité, mais les effets négatifs inhibants et stressants de la timidité. L'émotivité en soi est un atout dont il faut apprendre à tirer parti.
Et je parle en tant qu'ancienne grande timide! (pas guérie à cent pour cent, mais maintenant co-fondatrice,  co-responsable et animatrice d'une association dont vous lisez le blog ;)  )

La maladresse chez l'enfant ou l'adolescent ?

L'enfant apprend quotidiennement à améliorer ses gestes et leur précision : si nous avons oublié que nous avons nous aussi passé du temps à les apprendre, nous pouvons nous mettre un peu à sa place !
 "On peut décomposer , pour un tout jeune enfant, les gestes de la vie pratique, et lui montrer, à sa hauteur, très lentement (...) Tous ces gestes que nous faisons sans y penser et à toute vitesse, l'enfant ne demande qu'à en faire l'apprentissage avec précision. Cela demande à l'adulte un peu de patience au début et pas mal de méthode. Il faut qu'il ralentisse son rythme pour se mettre à celui de l'enfant. On peut choisir son moment : un jour de congé, une période de vacances... Mais ne pas trop attendre cependant : il vaut mieux qu'il apprenne un geste au moment où celui-ci présente de l'intérêt pour lui.
Chaque objet doit être trouvé toujours à la même place. Il ne faut pas longtemps pour que l'enfant ait appris les gestes, et il pourra les accomplir seul, nous rendant cent fois le temps que nous avons passé à lui montrer comment faire."
(Jeannette Toulemonde : "Le quotidien avec mon enfant", Editions L'Instant Présent)

Pour les enfants plus grands, le souci peut venir du catalogage ou bien elle ne fait qu'empirer une maladresse qui peut, comme le souligne une fois encore Jeannette Toulemonde,  "venir du corps : manque d'indépendance de la main, de souplesse des doigts, mauvaise santé, nervosité, faiblesse de la vue, enfant gaucher" que l'on contraint à utiliser des objets pour droitiers (il suffit alors de trouver des objets adaptés aux gauchers, comme les ciseaux que l'on trouve maintenant facilement...). "Elle devient plus grande encore par les difficultés morales qu'elle amène : l'enfant n'a plus le goût d'être actif, il manque de confiance en lui, il craint le ridicule et les observations. Je dirais plus : il est sûr de ne pas réussir."
Alors que faire ?
- Etre patients et ne pas se lasser de montrer, d'expliquer, en détachant chaque étape...
- Réveiller sa curiosité si elle s'est éteinte, lui redonner l'envie du travail en trouvant un but intéressant
- Lui donner confiance en lui, en ses capacités
- Ne pas exiger de résultat parfait du premier coup
- Lui donner l'occasion de réussir, un petite tâche à accomplir, mais , "chose très importante : le laisser se donner du mal, et le laisser faire beaucoup moins bien que nous, sans lui arracher le travail des main"s pour faire à sa place et aller plus vite
- Lui faire confiance devant les autres : il en sera réconforté et il réussira, sinon tout de suite, du moins de plus en plus!
-et j'ajouterai bien sûr aux recommandations de Jeannette Toulemonde, ne pas cataloguer les gestes de "maladroits" ou "empotés" etc...
- et enfin, pour ne pas oublier les ados, ils sont en plein changement, leur corps et leurs réactions les laissent parfois/souvent étonnés ou gênés... en prendre conscience ou le garder à l'esprit permet de mieux comprendre ce qui leur arrive de temps en temps ou régulièrement...

Pot de colle ?

Le maternage nous montre qu'il n'y a pas à proprement parler d'enfant "pot de colle" mais des besoins à combler à des degrés divers et plus ou moins marqués chez certains enfants aussi : ces derniers sont appelés des babi (bébés aux besoins intenses) leblogdesbabi
Pour les autres, ceux qu'on ne peut qualifier de babi, la plupart donc, les besoins sont tout de même très importants, car c'est de cette période de bébé nouveau-né et durant la petite enfance que dépendent une bonne partie de la solidité de l'estime de soi et de la confiance en ses propres capacités à découvrir le monde et donc sa future autonomie, cette autonomie si chère aux parents et à toute la société actuelle. Pour devenir de plus en plus autonome, l'enfant doit d'abord avoir tissé des liens avec ses parents et ses frères;,, et soeurs comme nous le rappelle cet article des Vendredis Intellos un-enfant-une-chambre?

L'enfant qui vient (souvent ou non) vers vous alors que vous n'êtes pas disponible,a juste besoin de vous, pour remplir ses réservoirs affectifs ! Une fois remplis, il sera de nouveau prêt à découvrir le monde ... jusqu'à la prochaine fois. Nous-même, lorsque nos réservoirs affectifs ne sont pas comblés, sommes "collants" avec nos proches, et si ceux-ci ne le comprennent pas et ne participent pas à remplir nos besoins, nous devenons irritables : c'est pareil pour nos enfants ! Alors, un petit câlin, une séance de jeux ensemble, un massage, un moment à rire ensemble, lire une histoire votre enfant sur vos genoux, et chacun se sentira mieux et plus enclin à vaquer à ses propres occupations.


Colérique ?

Souvent, les tout-petits "piquent des colères" pour exprimer simplement leur frustration énorme à ne pas pouvoir faire tourner les choses comme ils ont besoin ou à les comprendre ! Dans "J'ai tout essayé !" d'Isabelle Filiozat, on comprend que des petites choses qui nous paraissent évidentes ne le sont pas toujours pour eux qui sont en pleine construction mentale, et en pleine croissance physique et physiologique.

D'ailleurs les adolescents peuvent aussi se retrouver mal à l'aise par moments dans un corps qui change et qui les étonne, causant des maladresses parfois... Un corps qui change, c'est quelque chose de déroutant, et nos enfants ne font que grandir et évoluer !

Et sinon, pour eux comme pour les plus grands, comme parfois même pour nous, les colères sont l'expression de réservoirs affectifs très bas : fatigue intense, manque de contacts ou d'interactions affectives... et du coup au final parfois aussi des réservoirs affectifs si vide que la mésestime de soi est terrible : "si maman et papa ne me font presque jamais de câlins ou ne jouent pas ou ne rient pas avec moi, c'est peut-être parce que je ne suis pas assez bien, je fait mal et je ne mérite pas d'être aimé " Ca peut vous faire sourire... Mais nos enfants ont pourtant réellement besoin régulièrement qu'on soit vraiment présent avec eux quand nous interagissons avec eux, pas juste d'être à côté de nous, ça ça suffit quand leurs réservoirs affectifs sont pleins.


Aventureux, casse-cou ?

Que dire d'autre sinon que tous les enfants, si on leur permet de faire leurs propres découvertes, de vivre, de jouer (si tant est qu'on puisse séparer les trois), tous ont l'esprit d'aventure, de découvrir le monde physiquement et pas seulement mentalement. Filles, garçons, petits, grands, ados, pas un qui ne souhaite voir plus loin, plus haut, plus fort... Le sens du risque ne s'acquiert qu'en expérimentant le danger et en ayant quelques mésaventures : nous aurons beau vouloir les protéger de tous les dangers en leur expliquant en long en large et en travers combien c'est dangereux, s'ils n'ont pas un jour vécu ne serait-ce qu'un petit échantillon d'accident ou de conséquence des risques encourus, ils ne pourront réellement le comprendre. (Voir les apprentissages autonomes)
De là à leur permettre de faire n'importe quoi, il y a un monde : nous ne pouvons que les accompagner dans leur désir de découverte en leur donnant les moyens d'expérimenter sous notre oeil prudent et connaisseur, et quand le danger va trop loin, notre rôle selon leur âge est de leur raconter pourquoi nous avons peur pour eux, et quand c'est vital, bien sûr de les en retirer physiquement (on ne va pas expliquer les dangers du feu si la maison brûle (!) , mais on peut le faire s'ils veulent allumer une bougie, à laquelle les risques de se brûler seront de moindre importance)... Comme le recommande Isabelle Filiozat, donner des consignes plutôt qu'interdire est une bonne solution dans ces cas-là : on va à l'essentiel.

Parfois il n'est pas évident pour nous de savoir où commence notre devoir d'intervenir et où s'arrête leur droit à la libre découverte du monde pour devenir des adultes équilibrés et ouverts : être parent est merveilleux mais rarement très facile.


Conclusion

Poser des étiquettes sur les comportements de nos enfants est lourd de conséquences, et se mettre à leur place permet de faciliter les relations pour eux comme pour nous parents, et de leur donner les clés pour grandir et évoluer bien dans leur peau et dans leur tête, ouverts sur le monde extérieur sans peur ni méfiance, avec empathie ( à ce propos vous pouvez lire ou relire l'article de Laetibidule  sur l'empathie et les enfants) et esprit critique...

Pour réfléchir aussi aux étiquettes des talents que l'on attribue à nos enfants/adolescents vous pouvez lire l'article de Flolasouricette :  ces-roles-quon-attribue-aux-freres-et-soeurs

Voilà pour ma contribution de la semaine aux Vendredis Intellos !

13 janv. 2012

Accoucher à la maison - chapitre 4 - Témoignage de 2 mamans : l'AAD et après ?

 Nous sommes deux mères de famille : VertCitrouille et Maybegreen.  Nous avons toutes deux accouché à la maison. Pour vous faire partager cette expérience nous avons rédigé un très long article qui arrive à sa fin !
 La semaine dernière je vous racontais les naissances de Célestine et Swan à la maison, accompagnées par une sage-femme qui restera toujours précieuse à nos coeurs et à notre mémoire, que nous revoyons avec émotion et respect immenses, et dont nos enfants connaissent le nom, les compétences et la délicatesse.

Aujourd’hui VertCitrouille et moi revenons avec un article commun (toujours sur le mode question / réponse) pour essayer de vous faire partager notre ressenti suite à ces accouchements : sont-ils différents des précédents, que nous ont-ils apporté… ?



En quelques mots Maybeegreen qu'ont représentés tes AAD ?

Ces accouchements ont été les plus sereins avec pour accompagnante "notre" sage-femme si humaine, discrète, rassurante.
Je me suis sentie encore plus en phase avec mes bébés, plus respectueuse d'eux aussi.
Pour moi, mes AAD avec l'accompagnement global, représentent des naissances-accouchements normaux, en fait ! La physiologie est respectée, les personnes également : Celle-qui-Accouche, le Papa, la Sage-Femme aussi, et l'enfant Naissant bien sûr!


Et pour toi Vert Citrouille, qu’a représenté ton AAD ?

Mon AAD, car pour Jack cela a finit par un transfert, est synonyme de sérénité et de continuité. C’est cela que je souhaitais déjà pour la naissance de Jack, qu’il n’y ait pas de coupures entre le avant et l’après accouchement, mais que cette naissance fasse partie intégrante de notre vie. Cela ne s’est malheureusement pas passé comme ça, ce qui a été très douloureux pour notre famille.
Ma fille encore petite au moment de la naissance de son frère (23 mois) n’a pas compris pourquoi sa maman n’était plus là. J’étais triste de ne pas pouvoir la soutenir et la câliner pendant cette période difficile. Mon mari faisait du mieux qu’il pouvait mais il était aussi assez focalisé sur moi et le bébé, inquiet pour notre santé. Nous avons aussi eu des problèmes de garde à ce moment là, car la crèche parentale où allait notre fille était fermée pendant les fêtes et mes parents avaient du rentrer chez eux pour raison médicale. Nous nous sommes donc retrouvés seuls. Heureusement une fois rentré à la maison les choses sont vite rentrées dans l’ordre et nous avons pu reprendre notre petite vie.
La naissance de Sweet Dumpling a été au contraire si naturelle. Une naissance peut sembler être un évènement exceptionnel, mais pour Sweet cela était juste si simple, si « faisant parti de notre vie, de notre quotidien ». Le matin j’étais encore enceinte, le soir j’ai accouché, le bébé était maintenant là avec nous et la vie a continué. Le lendemain nous avons pris notre petit déjeuné en famille, le bébé dans mes bras ou endormi dans son hamac près de nous. Un bébé élevé dès sa naissance au milieu des bruits de notre quotidien, des cris, des rires et des jeux de ses frères et sœurs. Cette continuité de la vie est bien pour moi l’élément le plus important de mon accouchement à domicile.


Maybeegreen, t'es tu sentie plus forte après ou était-ce pareil que tes accouchements en maternité ?

Je me suis sentie plus forte lors de mes AAD. Plus forte physiquement (voir l'anecdote où mon mari commente avec étonnement la force des femmes qui accouchent dans accoucher-la-maison-chapitre-3 ).  D'avoir été plus active durant mes accouchements, j'ai ressenti la douleur autrement, tournée entièrement vers mes bébés à naître et non plus sur ma douleur. Ainsi la douleur n'est pas gommée du tout, mais comme on ne lutte plus contre, on l'accompagne comme des vagues qui mènent notre bébé vers nos bras ! Et ainsi, je trouve qu'elle est bien plus supportable, la seule qui ait du sens : ce n'est pas une douleur négative, mais une force qui conduit notre enfant et que nous pouvons aider en bougeant, en prenant des positions physiologiques et parfois antalgiques... Je me suis ainsi sentie plus forte par rapport aux autres "après-naissances", qu'on nomme post-partum , moins fatiguée et plus vite "rétablie".
Je me suis sentie plus mère.
Je me suis sentie plus femme.
Je me suis sentie plus vivante ! Lors des passages de nos bébés de l'utérus et du vagin à l'air "libre" , nous passons en principe toutes (si on nous laisse le temps d'accoucher) par une "phase de désespérance" où nous avons vraiment l'impression intense que nous allons mourir, que jamais notre bébé ne pourra passer, que nous n'y arriverons pas ; mais sauf pathologie, nos bébés sont faits pour passer par là, et notre corps pour les y aider. Nous avons tendance à facilement oublier par la suite ces quelques minutes ou instants si forts de vie et de mort qui se rejoignent là. J'ai constaté qu'avec l'AAD, le fait d'être plus en phase avec la totalité de notre accouchement sans interférence, avec les deux personnes en qui nous avons le plus confiance au monde à cette période-là pour nous accompagner, nous permettre de vivre pleinement ce moment si important dans la vie tant pour nous que pour nos enfants, eh bien tout cela fait que lors de la "phase de désespérance" est venu pour moi (je ne sais pas si c'est le cas pour toutes les femmes qui vivent des naissances respectées dans leur physiologie et particulièrement dans leur intimité) la conscience fugace de cette puissance immense et si fragile à la fois, de la mort et la vie qui semble se rejoindre pour conduire notre enfant de son monde utérin jusques dans sa nouvelle vie : celle du monde extérieur. Rien de mystique là-dedans, même si je peux comprendre que cela peut facilement se ressentir ainsi pour certaines. Pour moi il s'agit juste de la force naturelle de la vie, ni plus ni moins. Une force qu'on minimise souvent et que la période de la maternité et de la naissance permettent de remettre à sa juste valeur si on prend le temps de les vivre sans complexes, si on accepte de rester soi-même tout en vivant de fait un changement gigantesque : être parent pour cet enfant-là, l'accompagner dans son chemin de vie jusqu'à ce qu'il soit en mesure de vivre sa vie de façon autonome, humaine et respectueuse de soi-même autant que d'autrui... Chaque enfant nous fait parent, petit à petit, nous cheminons aussi. Rien n'est tracé, c'est à nous, parents comme enfants, de faire nos choix, de les faire pleinement, consciemment, dès lors que nous nous acceptons de penser, acceptons de nous poser des questions et ainsi de faire des choix chaque jour de notre vie. Nos choix ne sont pas toujours les meilleurs, nos choix conduisent parfois à des évènements désagréables ou effrayants, mais parfois aussi ils nous conduisent à des moments merveilleux, et pour moi, pour mon mari aussi, les naissances à la maison avec notre sage-femme en accompagnement global ont été de ces moments merveilleux et inoubliables qui désormais font partie de notre vie et de notre force. Tout cela, je l'ai ressenti, perçu, pas pensé au moment de la naissance, car s'il y a bien un moment où l'on doit laisser de côté les réflexions et donner toute sa place à l'action et l'émotion, c'est le moment de la naissance!
D'avoir vécu cette expérience, par rapport à mes accouchements en maternité, je me sens entière.


Et toi Vert Citrouille, t’es tu sentie plus forte ?

Non. Peut-être est-ce étrange mais je ne me suis pas sentie différente après cette naissance, peut-être parce que j’ai toujours su que j’avais en moi cette force pour donner la vie, que ce petit-être porté neuf mois sortirait un jour de mon corps, que je n’avais pas à lutter contre, mais accompagner sa sortie, que mon corps était fait pour ça, que j’étais faîte pour donner la vie. En revanche je me suis sentie plus sereine, plus épanouie. En effet pour la naissance de Butternut il me restait après mon accouchement une amertume du « cela aurait pu être différent ». Pour Jack l’accouchement a été complètement physiologique, j’ai pu faire exactement ce que je souhaitais (positions, déplacements) et je n’ai eu aucune intervention (monitoring, perfusions…) J’avais enfin réussi à vivre un accouchement complètement naturel ou j’étais l’unique guide, avec mon enfant, de sa venue au monde. En revanche l’après naissance me laissait un goût plus qu’amer. Avec Sweet, j’ai enfin pu vivre la naissance de mon enfant dans une complète plénitude, que ce soit le pendant ou l’après.


Maybeegreen, Te sens-tu différente des autres femmes d'avoir vécu cette expérience ?

Je n'ai pas tellement l'impression de me sentir différente au premier abord... tant qu'on n'évoque pas les conditions de la naissance, en fait, c'est tellement simple une naissance à la maison, que c'est devenu la norme pour nous. Et c'est quand on nous parle de déclenchement, péridurale, lit d'accouchement, toucher vaginal répété, d'épisiotomie, de séparation maman-bébé etc...  c'est là, qu'on se rend compte de la chance qu'on a d'avoir pu vivre deux naissances aussi respectées. Alors là, oui, on se sent un peu différents : privilégiés, en quelque sorte. Ne pas avoir à se battre pour faire respecter ses choix... Et on souhaiterait que chaque femme, chaque famille puisse avoir le choix de vivre une naissance aussi belle si elle le veut ! Car cela doit rester un choix, ce n'est qu'à cette condition que l'accouchement peut être physiologique et vécu avec un bonheur sans ombre.


Et toi Vert Citrouille tu te sens différente ?

Je ne me sens pas différente des autres femmes. J’ai donné naissance à mon enfant à la maison, d’autres le font à l’hôpital. Je suis devenue mère comme des millions de femmes. Mon vécu, mon parcours a fait qu’accoucher a toujours été pour moi un acte naturel et qu’assez vite j’ai pu me départir de mes peurs de ne pas y arriver, de ce besoin d’assistance qu’ont certaines femmes. Prendre conscience de ce qu’est réellement une naissance, prendre conscience de notre force, de nos capacités à donner la vie se fait plus ou moins rapidement selon les femmes. Certaines après un cheminement plus ou moins long y arriveront, d’autres n’y parviendrons jamais, car elles associeront toujours la naissance à un acte médical ou à la douleur et auront donc besoin de l’hôpital. Est-ce pour autant que je me sens supérieur à ces femmes ? Pas le moins du monde, car une naissance est avant tout un voyage : un voyage intérieur, un voyage personnel, une découverte de nos forces, de nos limites, et toute femme qui accouche fait ce voyage. Comment dire à une femme que ce parcours si difficile et douloureux parfois n’est pas le bon, qu’elle n’a pas choisi la bonne voie et que le mien est force de vérité ?
En revanche tout comme Maybeegreen je suis parfois excédée par le manque d’informations et la méconnaissance des femmes sur l’accouchement, la péridurale, comme si cette banalisation de la surmédicalisation, cette confiance aveugle en leur gynécologue, en l’hôpital leur avait fait oublier qu’un accouchement est avant tout l’histoire d’une naissance, une histoire entre elle et leur enfant.
Mais il me semble quand même, que ces dernières années les choses changent : des sages-femmes soutiennent les femmes et leur redonnent confiance en leur capacités, de futurs mères rédigent leur projet de naissance… Je crois sincèrement que les femmes sont en train de reprendre en main leur accouchement, qu’elles ne sont plus de simples spectatrices de la naissance de leur enfant mais pleinement actrices, même si parfois les hôpitaux et leurs protocoles font encore barrage.


Maybeegreen, as-tu l'impression que cela a changé quelque chose dans ton couple, ta famille ?

Cela a rendu mon couple plus fort avant, pendant et après ces accouchements à la maison. Nous avons décidé et vécu tout cela ensemble, en harmonie, sans rien imposer l'un à l'autre, juste en parlant à coeur ouvert de tout... Nous avons pris soin l'un de l'autre plus encore que lors des grossesses et des naissances précédentes. Mon chéri a été aux petits soins comme jamais après nos AAD, pour moi comme pour nos bébés nouveaux-nés et nos autres enfants. Il a pleinement pris sa place.
La fratrie est renforcée. Le fait de ne pas faire de coupure entre moi, le bébé et nos autres enfants et mon chéri, a permis aux aînés de ne pas ressentir de jalousie (ou presque pas) envers un bébé qui leur aurait dérobé leur maman pendant plusieurs jours et qui serait passé du statut invisible dans le ventre au statut intrus dans les bras... Le bébé était attendu différemment : les filles étaient pressées non pas seulement que le bébé naisse, mais elles espéraient ouvertement voir la naissance, même si je préférais à priori garder mon intimité... Et en fait, à chacun de mes AAD, par hasard, mes deux aînées ont assisté, la seconde lors de notre première naissance à la maison, à la sortie de sa petite soeur et la plus grande à celle de son petit frère, lors de notre second AAD : ce n'était pas fait exprès mais elles avaient des recommandations importantes au cas où, et elles ont été très discrètes et respectueuses, à tel point que je ne me suis rendue compte de leur présence qu'une fois mes bébés dans mes bras! Elle n'ont vu que la fin, le but ultime de la naissance, et toute puissante qu'ait été cette image, elles ont choisi de venir voir et n'ont jamais parlé de cette image comme choquante ou dégoutante ou effrayante pour elles (choses qui m'inquiétaient avant mon premier AAD) : elles ont tiré de cette expérience une image forte mais belle, et la joie qui se lisait sur leur visage ne laissait aucun doute là-dessus.
Notre famille en est ressortie plus soudée encore qu'après les autres naissances, plus confiante aussi en chacun de nous, et chacun plus confiant en soi et en ses propres capacités. C'est tellement simple quand on le vit, comparé à un accouchement en structure, que c'est difficile de mettre des mots sur cette non-cassure, cette continuité qui sur le moment et après-coup semble tellement aller de soi ! On accompagne juste la naissance de notre enfant, avec auprès de nous notre sage-femme expérimentée et pleine de bienveillance : la vie continue, le bonheur est simple et pur, nos coeurs « emplis de soleil » de cette expérience si enrichissante... Choisissons chacun de nos pas et puissions-nous vivre encore de nombreux moments aussi justes, simples, forts.


Et pour toi Vert Citrouille cela a-t-il changé quelque chose dan ton couple, ta famille ?

Comme je l’ai évoqué plus haut et comme tu le dis aussi si bien Maybeegreen, pas de changements, pas de coupures mais une continuité dans la vie de notre famille.
Je m’interroge parfois sur ce que cette naissance à la maison aura transmis à mes enfants ? So, notre sage-femme est née à la maison, comme tous ses frères et sœurs. Cette vocation de devenir sage-femme, d’accompagner les femmes dans la naissance de leur enfant elle la doit en grande partie à ce vécu. Je pense à mes filles, est-ce que cette naissance leur donnera toute confiance en elles, la certitude que mettre au monde un enfant est avant tout naturel. Est-ce que par ce choix je vais leur transmettre cette force que toute femme a et peut trouver en elle ? Et mon garçon dans tout ça qu’en retirera t-il ? 
Vous serez peut-être aussi intéressés par : 

Au chapitre 1, nous avions évoqué ce qui nous avait mené vers l’accouchement à domicile, deux parcours différents : accoucher à domicile - pourquoi ?

Ensuite, au chapitre 2, nous avons parlé de nos préparations à l’accouchement :

Le chapitre 3 , nos récits de naissance : 
Les récits de naissances de Vert Citrouille 


Pour conclure notre témoignage : 
 Nous espérons que vous avez apprécié nous lire comme nous avons pris plaisir à écrire et que ces quatre chapitres vous en auront appris un peu plus sur ce que peut-être un accouchement à domicile. Nous projetons d'écrire prochainement (toujours en coopération) un article sur toutes les questions financières liés à l'AAD (combien cela coûte t-il, assurance des sages-femmes...) et sur la déclaration de naissance après un AAD (comment cela se passe t-il concrètement, est-ce différend de la déclaration de naissance lorsqu'elle a lieu en structure...).

Pour faire un tour sur le blog de Vert Citrouille : vert-citrouille.com

Notre contribution aux Vendredis Intellos