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31 oct. 2014

Sondage jeunes mamans

Vous avez accouché entre juillet 2013 et avril 2014 ?
Je me fais aujourd'hui le relai d'une sage-femme qui fait une étude sur les effets du maternage sur la vie du couple après la naissance de bébé. Que vous ayez materné ou non, vous pouvez participer à ce sondage.


Bonjour,
Je suis sage-femme et actuellement en formation au Diplôme inter-universitaire de sexologie à la faculté de médecine de Paris Descartes.
Pour valider mon cursus (3ans), j’effectue une étude sur la répercussion des pratiques de maternage sur la sexualité du couple après la naissance.
Pour cela, je diffuse un questionnaire qui va me constituer deux groupes, un maternage et un témoin que je comparerai dans un deuxième temps.

Pour pouvoir répondre à ce questionnaire, il suffit d’avoir accouché entre Juillet 2013 et Avril 2014.

Voici le lien pour participer au sondage : sondage couple après une naissance

Merci de votre aide.
Chloée BL

A bientôt !

6 juin 2012

Bien débuter son allaitement

Allaitement : les débuts

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Ce dossier a été publié dans Allaiter Aujourd'hui n°31, LLL France 1997

Un bon départ pour l'allaitement


Même s'il faut dire et redire qu'en matière d'allaitement, pratiquement rien n'est irrécupérable, qu'on peut, avec une forte motivation, beaucoup de soutien et de bonnes informations, presque "tout" rattraper, il n'en reste pas moins que dans les faits, un mauvais démarrage se conclut trop souvent par un sevrage précoce.
Or ces mauvais démarrages n'ont rien de fatal. Il ne sont le plus souvent que le résultat de mauvais conseils, donnés en toute bonne foi mais qui dénotent une ignorance totale de la physiologie de la lactation.
Aussi avons-nous eu envie de revenir sur le sujet qui faisait le dossier du premier numéro à 'Allaiter aujourd'hui' .
Huit ans après, si l'on en croit les témoignages qui suivent, les choses ne se sont pas beaucoup améliorées, et les trois "règles d'or" ne semblent toujours pas connues ni appliquées dans beaucoup de services de maternité.
Elles sont pourtant - en plus de l'importance de la tétée précoce - le B.A.BA d'un bon démarrage :
- une bonne position du bébé au sein (tout son corps tourné vers la mère, il a en bouche non seulement le mamelon mais une bonne partie de l'aréole, qu'il comprime entre sa langue et son palais), ce qui évite douleurs de mamelons, crevasses (voir AA n° 23), et par une bonne stimulation du sein, apporte au bébé tout le lait dont il a besoin ;
- dès la naissance, un allaitement vraiment à la demande, c'est-à-dire sans limitation ni du nombre ni de la durée des tétées, sans intervalle minimum entre deux prises du sein (les 3 heures fatidiques !), ce qui permet d'éviter les engorgements, de bien mettre en route la lactation et de combler les besoins de nourriture, succion et contact du bébé(l);
- pas de biberons de complément, qui comportent un double danger. D'une part la tétine du biberon (de même que les sucettes et les téterelles) risque d'entraîner chez le bébé
une confusion sein/tétine, qui fait qu'il ne sait plus "bien" téter le sein (voir AA n° 28). D'autre part les compléments (qu'il s'agisse de lait ou d'eau sucrée) perturbent l'établissement de la sécrétion lactée : selon la loi de l'offre et de la demande, plus le bébé tète, plus il y a de lait, moins il tète, moins il y a de lait ; s'il est "calé" par un biberon, il va moins téter, fera fabriquer moins de lait, sera frustré à la tétée suivante, et l'on sera alors tenté de lui donner davantage de complément. Amorce d'un engrenage qui aboutit très vite au sevrage du sein.

Mais plutôt que de détailler ces "il faut, il ne faut pas", nous avons eu envie de publier ici une large partie de l'intervention du Dr Gro Nylander à la Journée internationale de l'allaitement, le 21 mars dernier. La façon dont elle décrit comment l'allaitement démarre quand on ne lui met pas de bâtons dans les roues, nous a semblé tellement simple, belle et naturelle, que nous avons voulu vous la faire partager.
N'oublions pas que Gro Nylander est norvégienne, que les bébés norvégiens sont allaités à 98% à la naissance, qu'ils le sont encore à 60% à 6 mois. Preuve que le démarrage s'est bien passé !
Ce que nous pouvons souhaiter de mieux aux bébés et aux mères de chez nous, c'est de pouvoir vivre eux aussi un démarrage aussi simple.

C.D.J.

(I) Rappelons que toutes les observations de populations primitives, où l'allaitement se rapproche sans doute le plus de ce que la Nature a prévu pour l'espèce humaine, montrent des tétées courtes et très fréquentes (trois ou quatre par heure, jusqu'à une soixantaine par 24 heures !). Voir par exemple Melvin Konner et Carol Worthman, "Nursing Frequency, Gonadal Function, and Birth Spacing Among !Kung Hunter-Galherers", Science, vol. 207, 15 Feb. 1980, pp. 788-91.



Les organisatrices de ce congrès m'ont demandé de parler du bon démarrage de l'allaitement. C'est un point capital, car si le départ est bon, l'essentiel du travail est fait, et la mère allaitera généralement sans gros problèmes.

Le mode de naissance et les analgésiques jouent un rôle.
Un accouchement normal, par voie basse et avec une analgésie réduite au minimum, est ce qu'il y a de mieux. Tous les analgésiques, y compris la péridurale, ont un impact sur le nouveau-né, et affectent négativement la mise au sein pendant plusieurs jours. Ces dernières années, nous avons appris de plus en plus de choses sur les capacités, instincts et réflexes du nouveau-né, qui permettent à la plupart des enfants nés à terme et en bonne santé de trouver le sein, dans la mesure où la mère n'a pas été trop lourdement médicamentée pendant l'accouchement.

Dans les circonstances normales, tous les bébés nés à terme et en bonne santé sont placés dès la naissance sur le ventre de leur mère, à proximité de ses seins. Le bébé peut pleurer, avoir quelques petits problèmes respiratoires transitoires ou avoir besoin de se reposer. Mais après un moment de repos, pouvant aller de quelques minutes à une ou deux heures au maximum, la plupart des bébés se réveillent et ont un comportement standardisé. Si les yeux du bébé ne sont pas fermés par un œdème, il va regarder avec une grande concentration, et fera preuve d'un intérêt particulier pour le visage de sa mère -surtout ses yeux- et pour le sein et le mamelon.

Il commencera à faire des grimaces avec sa bouche, à bouger les lèvres et la langue. Si l'on touche ses lèvres, il ouvrira grand la bouche. Si on lui touche la joue, il se tournera vers le côté touché.

Il va commencer à ramper, d'abord en remuant les hanches et les jambes, puis en remuant les bras, dans le but de se hisser vers les seins. Il va commencer à porter sa main à sa bouche. Il va étendre et replier les bras, et essayer d'agripper tout ce qui lui passera sous la main, souvent le mamelon s'il le peut.

De même, la plupart des mères agissent de façon similaire, pour peu qu'on les laisse faire tranquillement et qu'on leur assure que tout va bien. Elles vont explorer tendrement le corps de leur bébé du bout des doigts, parcourant tout son corps s'il est nu. Plus tard, elles vont le caresser pour le rassurer, surtout s'il pleure, et garderont sur lui des mains protectrices.

A certains moments, le bébé "appellera" sa mère à l'aide de petits cris aigus : "Eh ! Eh !", et la mère répondra. Elle parlera à son bébé, généralement d'une voix très particulière, d'une tonalité douce mais plus aiguë que la voix normale, la "voix de bébé". Les recherches ont montré que les bébés portaient une attention particulière à ce type de voix, tout particulièrement si elle provient de leur mère. Les bébés sont nettement moins intéressés par les voix masculines de tonalité grave.

(...) Le nouveau-né a aussi un sens de l'odorat bien développé. Si l'un des mamelons est lavé et pas l'autre, la plupart des nourrissons choisiront le sein non lavé. Il vaut donc mieux que la mère ne se soit pas lavée juste avant. Et si plus tard, un bébé est mis en présence d'un coussinet provenant du sein d'une mère allaitante et d'un coussinet provenant du sein de sa propre mère qui ne l'allaite pas, il choisira le coussinet de la mère qui allaite. Le bébé sait qu'il a besoin de ce lait ! De même, la plupart des mères savent, au bout de quelques jours, reconnaître leur bébé à son odeur les yeux fermés.

Le bébé va devenir de plus en plus actif dans sa recherche du mamelon. Il va bouger la tête, la remuer de droite à gauche, quelque chose que nous n'aurions pas cru possible il y a quelques années.

Habituellement, il semble bon d'aider le bébé à prendre le sein quand il montre qu'il est prêt à le faire. Mais si on ne le fait pas, bon nombre de bébés en bonne santé se débrouilleront pour trouver le sein eux-mêmes. Lorsque le mamelon touche sa bouche, le bébé commence à le "chercher", ouvrant grand la bouche, remuant les lèvres, allongeant la langue afin de pouvoir prendre une large bouchée de sein dans sa bouche. Il est nécessaire que le tissu mamelonnaire soit introduit jusqu'au fond du palais dur pour déclencher le réflexe de succion. Il est très important d'attendre que le bébé ait un bon réflexe de fouissement, même si nous souhaitons l'aider, car cela lui rendra plus facile une bonne prise en bouche du sein.

Nous devons faire en sorte que le bébé fasse ses premières expériences de succion sur un sein souple et extensible, et non sur la tétine dure et peu élastique d'un biberon ou d'une sucette, ce qui peut induire une confusion sein/tétine.

Parfois le bébé ne tétera pas correctement au sein les toutes premières fois. Il pourra se contenter de frotter son nez dessus et de goûter un petit peu. Il sera alors important d'expliquer à la mère que c'est une façon comme une autre de commencer, et que cela ne constitue pas un refus du sein.

Il est bon que le bébé reçoive quelques gouttes de colostrum lors de cette première tétée, ce qui aidera au démarrage de ses fonctions digestives et immunitaires. Il est encore plus important de savoir que le fouissement du sein par le bébé induit des taux très élevés d'hormones chez la mère, ce qui fera démarrer en flèche sa sécrétion lactée.

Le nombre des récepteurs pour l'ocytocine est particulièrement élevé dans le tissu mammaire juste après la naissance. Cette hormone, qui est responsable des contractions utérines pendant l'accouchement, est aussi responsable du réflexe d'éjection du lait. Lorsque le bébé tète, un signal est envoyé par le système nerveux depuis les seins de la mère jusqu'à l'hypophyse et l'hypothalamus, lieux de production de l'hormone, qui sera excrétée dans le sang. Elle sera ensuite amenée par la circulation sanguine dans toutes les cellules maternelles, induisant des contractions utérines après la naissance, ainsi que la contraction des petits muscles qui entourent les ascini mammaires, ce qui en fera sortir le lait. Ce circuit du sein au cerveau, du cerveau au sang, avec retour au sein, prendra un certain temps, souvent plusieurs minutes au début. C'est une des raisons pour lesquelles les instructions qui limitent fortement le temps passé au sein par l'enfant sont si néfastes à l'allaitement. Le réflexe d'éjection ne nécessite qu'une faible quantité d'ocytocine, mais sans cette faible quantité, le bébé n'obtiendra pas le lait.

L'ocytocine est aussi produite lorsqu'on caresse la peau, et elle induit un sentiment de bien-être tant chez la mère que chez l'enfant. Après quelques instants, la mère et l'enfant montreront les signes d'une douce somnolence, et pourront même s'endormir ensemble pour peu qu'on les laisse sans les déranger.

(...) Le rôle du père, à ce moment particulier, me semble être celui de protecteur. Très souvent on voit le père suivre tout le processus très attentivement. Au bout d'un moment, lorsque règnent le calme et la paix, quelque chose de drôle arrive : le père commence à ressembler à un lion ! Il pourra entourer de ses bras protecteurs sa femme et son enfant, et si quelqu'un approche, surtout si c'est une personne inconnue, il respirera profondément, soufflera vers la personne en question et lui jettera un regard peu amène.

Parfois le bébé ne tétera pas correctement au sein les toutes premières fois. Il pourra se contenter de frotter son nez dessus et de goûter un petit peu. Il sera alors important d'expliquer à la mère que c'est une façon comme une autre de commencer, et que cela ne constitue pas un refus du sein.

"brouillard de l'allaitement"
Dans mon pays, nous avons une expression, le "brouillard de l'allaitement". Elle rend compte de cette observation, faite depuis bien longtemps, selon laquelle une femme qui allaite, tout particulièrement pendant les premières semaines après l'accouchement, est dans une sorte de flou. Elle est centrée sur elle-même. Elle obtient généralement des scores plus bas aux tests cognitifs. Cela est probablement un judicieux arrangement de la Nature au moment où la mère a besoin de se concentrer sur son bébé et sur leur petit univers commun.

Plusieurs des hormones secrétées lors de l'allaitement ont apparemment cet impact. La prolactine, produite aussi par la glande pituitaire pendant les tétées pour réguler la sécrétion lactée, atteint son plus haut niveau après les tétées nocturnes, ce qui assure ensuite à la mère un bon repos.

Une hormone digestive, la cholécystokinine, sécrétée tant chez la mère que chez l'enfant pendant les tétées, induit un sentiment de détente et de satisfaction. Le contact peau à peau a le même effet. Les bébés qui reçoivent une quantité adéquate de calories mais ne bénéficient pas d'un contact physique, pourront présenter une stagnation staturo-pondérale. La cholécystokinine facilite aussi la mise en place chez l'enfant des systèmes de stockage énergétique.

Il est souvent dit que l'allaitement est épuisant à cause des tétées nocturnes. Toutefois, même pendant le séjour en maternité, les femmes qui n'allaitent pas sont aussi fatiguées que celles qui allaitent et gardent leur bébé avec elles pour l'allaiter la nuit. Toutes les mères auront besoin de siestes pendant la journée. Une des raisons en est probablement que les rythmes de sommeil changent chez la nouvelle mère, sans doute à cause des modifications hormonales induites par l'allaitement. La mère atteindra plus rapidement le stade du sommeil paradoxal, un sommeil particulièrement important, profond et réparateur, le sommeil des rêves.

Ainsi dans l'idéal, nous avons la mère et son enfant en train de se reposer tranquillement ensemble, après avoir vécu cette suite de réflexes qui ont aidé l'enfant dans son voyage depuis le placenta jusqu'au sein. Il est important qu'ils ne soient pas dérangés. Il a été démontré que même une seule minute d'interruption, par exemple pour aspirer le bébé, est suffisante pour retarder le processus et en compromettre le succès.

Néanmoins tout n'est pas perdu si nous ne pouvons pas obtenir ce départ idéal. Les premières heures qui suivent l'accouchement semblent être une période capitale pour le démarrage de l'allaitement et l'établissement du lien mère/enfant, mais grâce à leur cerveau très développé, les humains ont beaucoup d'autres possibilités et occasions d'établir la lactation et les liens mère/enfant. Cela demandera juste davantage d'efforts à la mère et à l'enfant, et davantage de soutien de la part des professionnels de santé.

L'on m'a aussi demandé de dire quelques mots sur les suppléments donnés en maternité, étant donné que cela constitue en France un problème important. Croyez-moi, vous n'êtes pas les seuls ! Il a été difficile de faire accepter le fait qu'un pauvre bébé devait apparemment rester affamé en attendant la montée de lait chez sa mère, même si aucun autre mammifère ne reçoit de suppléments après sa naissance.

Il y a douze ans, j'ai mené une étude sur la supplémentation en Norvège. A cette époque, les laits industriels à base de lait de vache avaient été proscrits, et l'eau glucosée était le supplément donné en routine. Elle était donnée toutes les trois à quatre heures pendant les trois premiers jours, pour prévenir l'hypoglycémie.

Il est apparu que les enfants recevaient en moyenne 600 ml de cette eau sucrée en trois jours. Cela semble peu de chose à première vue, mais cela correspond à quarante canettes de boisson sucrée avalées par un adulte...

Lorsque l'on a abandonné cette pratique, la prévalence de l'hypoglycémie n'a pas augmenté. A leur sortie de maternité, les enfants qui n'avaient reçu que le lait de leur mère avaient une meilleure prise de poids que ceux qui avaient reçu tous ces suppléments.

Aujourd'hui, en Norvège, très peu de bébés nés à terme et en bonne santé reçoivent autre chose que le lait de leur mère. Aucun supplément n'est donné, sauf indication médicale. Bien sûr, il a fallu se battre pour obtenir ce résultat : ce n'est que l'an dernier que nous avons achevé de mettre au point un texte sur les "critères médicaux pour la supplémentation en maternité", texte approuvé par les chefs de service en pédiatrie et auquel tous les services de maternité se sont vus demander de se conformer.

(...) Les maternités constatent que les mères ont plus de lait et plus vite que jamais auparavant, et que les bébés perdent moins de poids maintenant que lorsqu'ils recevaient des suppléments en abondance.
(...) Je vous souhaite bonne chance dans votre travail en France. Il semblerait que vous en ayiez besoin !

Le texte complet de cette intervention et celui de toutes les interventions à la 3° Journée internationale de l'allaitement sont publiés dans un numéro hors-série des Dossiers de l'allaitement.

Gro Nylander

Le texte complet de cette intervention et celui de toutes les interventions à la 3° Journée internationale de l'allaitement sont publiés dans un numéro hors-série des Dossiers de l'allaitement.



Peut être reproduit, imprimé ou diffusé 
à condition de mentionner la provenance de cet article.

4 mai 2012

Le yoga des petits en famille ou en classe

Les enfants, qu'ils soient petits ou grands adorent pour la plupart les massages, mais parfois on ne se sent pas disponibles, les uns comme les autres ; alors on peut quand même prendre au moins cinq petites minutes (ou plus) pour une gym rigolote et toute douce avec les enfants !
Le livre "Le Yoga des petits" est simple, court, et très adapté pour les bambins et les enfants , que l'on ait envie de les initier au yoga ou tout simplement comme moi de passer un moment agréable ensemble , sans impératifs, juste pour le plaisir !
On peut commencer vers deux ans (testé ici) et même les grand(e)s de plus de dix ans apprécient (pas plus de quelques minutes, mais l'essentiel est bien de passer un vrai moment ensemble, non ?)  ; donc de 2 ans /2 ans et demie à 9-12 ans , c'est vraiment chouette, même s'il est d'abord proposé pour les 2-6 ans, le faire ensemble change tout !
Le livre présente une séance complète à suivre, si on le souhaite...

Nos préférés ici : "Petit yogi ... tire la langue comme un lion : "Haaa". Petit yogi ... fait le dos rond comme un chat (...) Petit yogi... se pelotonne comme une souris qui dort." sans oublier la grenouille ...

 «Douce et jolie invitation pour découvrir et initier les tout-petits au yoga. Des postures simples, faciles à imiter grâce aux jolies illustrations pleine page : les postures ayant des noms d'animaux, ceux-ci sont représentés en regard de chaque position. Peut-être des débuts d'histoires à inventer entre l'enfant et l'adulte qui feront ensemble cette expérience. À la fin de l'ouvrage, des conseils aux parents et aux éducateurs sur les bienfaits du yoga sur la concentration, la coordination et l'assurance chez les petits... Calme et détente en toute liberté seront au rendez-vous, au gré des pages de ce petit livre bien agréable à utiliser» ("La Revue des livres pour enfants").

«L'auteur de cet ouvrage, maman de trois jeunes enfants, pratique et enseigne le yoga depuis belle lurette. L'idée de ce livre lui est venue de sa fille
Scarlett qui essayait de l'imiter lorsqu'elle donnait ses cours. Le résultat est un album ludique qui propose dix positions faciles de yoga et des conseils simples aux parents. Ne pas rater la double page de photos à la fin du livre, où l'on admire les petits yogis en action. Aussi irrésistible qu'intelligent» ("Psychologies").

 «Des conseils avisés aux parents et éducateurs ponctuent l'amusante séance illustrée que la description rapide des postures précise avec une simplicité éclairée» ("Top nature").

«Une idée originale et peu traitée» ("ricochet-jeunes.org").

«Inédit!... Cette initiation au yoga est délicieusement illustrée» ("Famille et éducation").
 «Une introduction simple et attrayante au yoga» ("L'École des parents").

«Avec ses adorables dessins, ses conseils simples et judicieux, ses photos précises, cet album est une invitation irrésistible à initier au yoga les tout-petits (et les plus grands), tout en s'amusant» ("Le Journal des professionnels de la santé").


L'éditeur propose également la version pour s'endormir , que je n'ai pas encore testé : et vous?

Le mot de la fin : J'aime ce livre pour se recentrer en famille simplement et sans prétention, avec plaisir et tendresse !

Une petite pause toute douce pour les Vendredis Intellos !

6 avr. 2012

Catalogués dès leur plus jeune âge ! Et si...

Très dur de ne pas cataloguer inconsciemment ou consciemment nos enfants (timide, aventureux, maladroit, pot de colle, colérique  etc...) et je pense que cela doit renforcer ou transformer une réaction d'une période particulière en un trait de caractère... Nous finissons par tout mettre là-dessus, sans du coup voir que ce ne sont que les multiples aspects de leur personnalité ! Notre enfant peut montrer un comportement à un moment donné sans pour autant être déterminé par ce comportement en tant que trait de caractère. Sortir des schémas connus n'est pas toujours évident...
Crédit Image Laëlew Photo blog

La timidité est par exemple inégalement répartie mais présente chez beaucoup d'enfants à des degrés allant d'inaperçu à très marquée, de même que tous les enfants sont aventureux si on ne les empêche pas de vivre leur vie d'enfant, mais à des degrés variables évidemment !

Et je ne crois pas non plus, comme Isabelle Filiozat,  qu'il y ait véritablement d'enfants colériques ou "pleurnichards", juste des périodes plus ou moins sensibles auxquelles ils réagiront différemment et de manière plus ou moins marquée (selon leur vécu, l'accompagnement de leurs chagrins et frustrations effectués par nous, le maternage, la proximité que nous aurons bien voulu leur offrir, tout cela joue son rôle, mais aussi les circonstances, leur fatigue, etc...).
 Dans "J'ai tout essayé" (aux Editions JCLattès ), Isabelle Filiozat , Illustrée par Anouk Dubois, nous explique comment le cerveau de l'enfant et son corps réagissent à ce catalogage (p129) :
"En jugeant votre enfant : maladroit, colérique, timide, pied gauche ou pot de colle... vous déclenchez une réaction de stress dans son organisme.
Face à une situation proche, son amygdale déclenchera l'activation des mêmes circuits neuronaux... et le jugement s'affichera comme un ordre dans le cerveau "nul" , "maladroit" ... inhibant les capacités de l'enfant. Défini par l'insulte, le petit se soumettra à cette définition, il s'y conformera sa vie durant.
Cela s'appelle la réalisation automatique des prédictions, ou effet Pymalion."

Alors soyons plus attentifs à leur laisser faire leurs expériences sans les étiqueter !

Et pour mieux comprendre comment ils réagissent, faisons un tour de ces émotions ou états :

La réaction de timidité

Qui n'a jamais connu un moment d'hésitation à exprimer sans réserve ses pensées devant des inconnus, par peur ou refus du jugement négatif (moqueries, inintérêt, commentaires méprisants...) ou d'être repoussé ? Si l'on y réfléchit un tant soit peu, il s'agit d'un réflexe de préservation. Seulement, ce réflexe de préservation demande une énergie phénoménale : si l'on rougit, par exemple, l'échauffement corporel peut-être très intense, mais d'autres manifestations sont aussi physiques : tremblements, transpiration excessive, bégaiements, sensation d’étouffement, altération de la voix, raideurs musculaires… tout cela demande énormément d'énergie, ce qui permet de comprendre que lorsqu'on a une réaction de "timidité" , on élimine beaucoup de calories : il faut bien récupérer toutes ces calories, et donc manger ou "grignoter" est alors fréquent dans de telles situations-réflexes !
La timidité peut devenir un réflexe défensif très encombrant pouvant aller jusqu'à bloquer les actions nécessaires au quotidien...

Pour résorber cela, et parce qu'un tel processus est souvent pratiqué par des enfants, ados ou adultes ayant (ou ayant réussi à conserver) une grande sensibilité , on peut agir de trois façons :
- Cesser de vouloir tout cataloguer notamment sous l'étiquette timide toutes les réactions...
- Renforcer l'estime de soi et la confiance en soi progressivement, l'auto-empathie autant que l'empathie : comprendre ses qualités et pas seulement ses perfectibilités ainsi que celles des autres ...
- Avoir envie/donner envie de rencontrer des enfants/ados/personnes inconnues pour satisfaire une passion
- Développer ou les aider à développer leur sens de l'humour (faire rire les autres est un très bon désamorceur de stress)
- Trouver ou les aider à trouver une activité en groupe qui plaise (théâtre, sport d'équipe ...)
- Prendre soin de son image sans excès : le tout étant d'être à l'aise face aux autres
- Se surpasser petit à petit : dépasser son stress et ensuite voir tout ce qu'on a réussi à accomplir
- Un petit pas à la fois : pour se rendre compte des avantages à ne plus stresser devant les relations aux inconnus, le mieux est souvent de ne procéder qu'à un changement à la fois, et d'en ajouter progressivement
- Se rendre compte qu'on peut se faire des amis au lieu de rester seul sans pouvoir partager ses goûts, idées, activités etc...
- Rester toujours soi-même, pas la peine de vouloir cacher ses émotions ou ses réactions, être fidèle à soi-même est beaucoup plus constructif et riche que de tout garder enfoui, même s'il faut aussi apprendre à écouter les autres et à formuler ce qu'on veut dire pour ne pas être mal compris, mais c'est un apprentissage de la vie, que chacun doit apprendre

Il n'est jamais trop tard pour améliorer son estime de soi et donc réduire non pas son émotivité, mais les effets négatifs inhibants et stressants de la timidité. L'émotivité en soi est un atout dont il faut apprendre à tirer parti.
Et je parle en tant qu'ancienne grande timide! (pas guérie à cent pour cent, mais maintenant co-fondatrice,  co-responsable et animatrice d'une association dont vous lisez le blog ;)  )

La maladresse chez l'enfant ou l'adolescent ?

L'enfant apprend quotidiennement à améliorer ses gestes et leur précision : si nous avons oublié que nous avons nous aussi passé du temps à les apprendre, nous pouvons nous mettre un peu à sa place !
 "On peut décomposer , pour un tout jeune enfant, les gestes de la vie pratique, et lui montrer, à sa hauteur, très lentement (...) Tous ces gestes que nous faisons sans y penser et à toute vitesse, l'enfant ne demande qu'à en faire l'apprentissage avec précision. Cela demande à l'adulte un peu de patience au début et pas mal de méthode. Il faut qu'il ralentisse son rythme pour se mettre à celui de l'enfant. On peut choisir son moment : un jour de congé, une période de vacances... Mais ne pas trop attendre cependant : il vaut mieux qu'il apprenne un geste au moment où celui-ci présente de l'intérêt pour lui.
Chaque objet doit être trouvé toujours à la même place. Il ne faut pas longtemps pour que l'enfant ait appris les gestes, et il pourra les accomplir seul, nous rendant cent fois le temps que nous avons passé à lui montrer comment faire."
(Jeannette Toulemonde : "Le quotidien avec mon enfant", Editions L'Instant Présent)

Pour les enfants plus grands, le souci peut venir du catalogage ou bien elle ne fait qu'empirer une maladresse qui peut, comme le souligne une fois encore Jeannette Toulemonde,  "venir du corps : manque d'indépendance de la main, de souplesse des doigts, mauvaise santé, nervosité, faiblesse de la vue, enfant gaucher" que l'on contraint à utiliser des objets pour droitiers (il suffit alors de trouver des objets adaptés aux gauchers, comme les ciseaux que l'on trouve maintenant facilement...). "Elle devient plus grande encore par les difficultés morales qu'elle amène : l'enfant n'a plus le goût d'être actif, il manque de confiance en lui, il craint le ridicule et les observations. Je dirais plus : il est sûr de ne pas réussir."
Alors que faire ?
- Etre patients et ne pas se lasser de montrer, d'expliquer, en détachant chaque étape...
- Réveiller sa curiosité si elle s'est éteinte, lui redonner l'envie du travail en trouvant un but intéressant
- Lui donner confiance en lui, en ses capacités
- Ne pas exiger de résultat parfait du premier coup
- Lui donner l'occasion de réussir, un petite tâche à accomplir, mais , "chose très importante : le laisser se donner du mal, et le laisser faire beaucoup moins bien que nous, sans lui arracher le travail des main"s pour faire à sa place et aller plus vite
- Lui faire confiance devant les autres : il en sera réconforté et il réussira, sinon tout de suite, du moins de plus en plus!
-et j'ajouterai bien sûr aux recommandations de Jeannette Toulemonde, ne pas cataloguer les gestes de "maladroits" ou "empotés" etc...
- et enfin, pour ne pas oublier les ados, ils sont en plein changement, leur corps et leurs réactions les laissent parfois/souvent étonnés ou gênés... en prendre conscience ou le garder à l'esprit permet de mieux comprendre ce qui leur arrive de temps en temps ou régulièrement...

Pot de colle ?

Le maternage nous montre qu'il n'y a pas à proprement parler d'enfant "pot de colle" mais des besoins à combler à des degrés divers et plus ou moins marqués chez certains enfants aussi : ces derniers sont appelés des babi (bébés aux besoins intenses) leblogdesbabi
Pour les autres, ceux qu'on ne peut qualifier de babi, la plupart donc, les besoins sont tout de même très importants, car c'est de cette période de bébé nouveau-né et durant la petite enfance que dépendent une bonne partie de la solidité de l'estime de soi et de la confiance en ses propres capacités à découvrir le monde et donc sa future autonomie, cette autonomie si chère aux parents et à toute la société actuelle. Pour devenir de plus en plus autonome, l'enfant doit d'abord avoir tissé des liens avec ses parents et ses frères;,, et soeurs comme nous le rappelle cet article des Vendredis Intellos un-enfant-une-chambre?

L'enfant qui vient (souvent ou non) vers vous alors que vous n'êtes pas disponible,a juste besoin de vous, pour remplir ses réservoirs affectifs ! Une fois remplis, il sera de nouveau prêt à découvrir le monde ... jusqu'à la prochaine fois. Nous-même, lorsque nos réservoirs affectifs ne sont pas comblés, sommes "collants" avec nos proches, et si ceux-ci ne le comprennent pas et ne participent pas à remplir nos besoins, nous devenons irritables : c'est pareil pour nos enfants ! Alors, un petit câlin, une séance de jeux ensemble, un massage, un moment à rire ensemble, lire une histoire votre enfant sur vos genoux, et chacun se sentira mieux et plus enclin à vaquer à ses propres occupations.


Colérique ?

Souvent, les tout-petits "piquent des colères" pour exprimer simplement leur frustration énorme à ne pas pouvoir faire tourner les choses comme ils ont besoin ou à les comprendre ! Dans "J'ai tout essayé !" d'Isabelle Filiozat, on comprend que des petites choses qui nous paraissent évidentes ne le sont pas toujours pour eux qui sont en pleine construction mentale, et en pleine croissance physique et physiologique.

D'ailleurs les adolescents peuvent aussi se retrouver mal à l'aise par moments dans un corps qui change et qui les étonne, causant des maladresses parfois... Un corps qui change, c'est quelque chose de déroutant, et nos enfants ne font que grandir et évoluer !

Et sinon, pour eux comme pour les plus grands, comme parfois même pour nous, les colères sont l'expression de réservoirs affectifs très bas : fatigue intense, manque de contacts ou d'interactions affectives... et du coup au final parfois aussi des réservoirs affectifs si vide que la mésestime de soi est terrible : "si maman et papa ne me font presque jamais de câlins ou ne jouent pas ou ne rient pas avec moi, c'est peut-être parce que je ne suis pas assez bien, je fait mal et je ne mérite pas d'être aimé " Ca peut vous faire sourire... Mais nos enfants ont pourtant réellement besoin régulièrement qu'on soit vraiment présent avec eux quand nous interagissons avec eux, pas juste d'être à côté de nous, ça ça suffit quand leurs réservoirs affectifs sont pleins.


Aventureux, casse-cou ?

Que dire d'autre sinon que tous les enfants, si on leur permet de faire leurs propres découvertes, de vivre, de jouer (si tant est qu'on puisse séparer les trois), tous ont l'esprit d'aventure, de découvrir le monde physiquement et pas seulement mentalement. Filles, garçons, petits, grands, ados, pas un qui ne souhaite voir plus loin, plus haut, plus fort... Le sens du risque ne s'acquiert qu'en expérimentant le danger et en ayant quelques mésaventures : nous aurons beau vouloir les protéger de tous les dangers en leur expliquant en long en large et en travers combien c'est dangereux, s'ils n'ont pas un jour vécu ne serait-ce qu'un petit échantillon d'accident ou de conséquence des risques encourus, ils ne pourront réellement le comprendre. (Voir les apprentissages autonomes)
De là à leur permettre de faire n'importe quoi, il y a un monde : nous ne pouvons que les accompagner dans leur désir de découverte en leur donnant les moyens d'expérimenter sous notre oeil prudent et connaisseur, et quand le danger va trop loin, notre rôle selon leur âge est de leur raconter pourquoi nous avons peur pour eux, et quand c'est vital, bien sûr de les en retirer physiquement (on ne va pas expliquer les dangers du feu si la maison brûle (!) , mais on peut le faire s'ils veulent allumer une bougie, à laquelle les risques de se brûler seront de moindre importance)... Comme le recommande Isabelle Filiozat, donner des consignes plutôt qu'interdire est une bonne solution dans ces cas-là : on va à l'essentiel.

Parfois il n'est pas évident pour nous de savoir où commence notre devoir d'intervenir et où s'arrête leur droit à la libre découverte du monde pour devenir des adultes équilibrés et ouverts : être parent est merveilleux mais rarement très facile.


Conclusion

Poser des étiquettes sur les comportements de nos enfants est lourd de conséquences, et se mettre à leur place permet de faciliter les relations pour eux comme pour nous parents, et de leur donner les clés pour grandir et évoluer bien dans leur peau et dans leur tête, ouverts sur le monde extérieur sans peur ni méfiance, avec empathie ( à ce propos vous pouvez lire ou relire l'article de Laetibidule  sur l'empathie et les enfants) et esprit critique...

Pour réfléchir aussi aux étiquettes des talents que l'on attribue à nos enfants/adolescents vous pouvez lire l'article de Flolasouricette :  ces-roles-quon-attribue-aux-freres-et-soeurs

Voilà pour ma contribution de la semaine aux Vendredis Intellos !

8 févr. 2012

Le CIANE dénonce les dangers de l'utilisation d'ocytocine de synthèse durant l'accouchement (Communiqué de presse)

Communiqué de presse du CIANE 7 Février 2012
Etude INSERM : l’ocytocine pendant l’accouchement est un facteur de risque indépendant d’hémorragie grave

Avertissement : un communiqué légèrement différent a été envoyé à un certain nombre de correspondants du CIANE lundi 6 février. Nous avons souhaité apporter quelques modifications afin de clarifier notre propos, mais cela ne change en rien le fond de notre position. Merci de faire référence plutôt à cette dernière version.

Les hémorragies graves du post partum ont causé 61 décès maternels en France entre 2001-2006. [1]
Une étude menée par l’INSERM [2] pendant 2 ans en 2004-2006 dans plus de 100 hôpitaux français, a mis en évidence une augmentation significative des hémorragies du post-partum (HPP) graves lorsqu’on administre pendant l’accouchement de l’ocytocine (ou oxytocine, hormone dont la forme de synthèse est le Syntocinon®)
Le risque d’HPP grave est pratiquement doublé en cas d’administration d’ocytocine (X 1,8), il est de surcroît proportionnel à la quantité administrée : quintuplé (X 5,7) pour les plus hautes doses, c’est à dire celle observées dans 10% des accouchements avec ocytocine. [3]
Cependant, l’administration préventive d’ocytocine juste après l’accouchement permet de réduire le risque d’HPP grave et donc de compenser dans une certaine mesure l’augmentation de risque liée à l’administration d’ocytocine pendant le travail, sauf quand les doses administrées pendant l’accouchement sont fortes.

Les maternités doivent en tirer des leçons sans attendre
La volonté des praticiens de contrôler le déroulement de l'accouchement s'est traduite par un recours croissant à un certain nombre de pratiques (déclenchement, accélération du travail) dont l'administration d'ocytocine est une composante essentielle: ceci permet de comprendre que, comme le montre l’étude INSERM, elle soit devenue aujourd'hui une pratique de routine en France concernant ⅔ des accouchements par voie basse.
Compte tenu des risques associés à l’administration d’ocytocine, nous demandons aux professionnels de santé de remettre en question sans tarder les protocoles d’accélération du travail et de réserver les interventions aux situations dans lesquelles elles ont une indication précise et validée. La même modération devrait s’appliquer concernant les déclenchements: en particulier, nous espérons la prise en compte des recommandations du Collège national des gynécologues et obstétriciens français qui font le point sur les plages de déclenchement pour les grossesses prolongées [4].

Eradiquer l’obstétrique du pompier-pyromane
Le mérite de cette étude de l’INSERM a été d’émettre et de tester l’hypothèse, difficilement audible quand l’étude a été lancée en 2005 [5], que des accidents graves pouvaient être causés par les pratiques de ceux-là mêmes qui, ensuite, tentaient de sauver les femmes.
Nous ne doutons pas que les professionnels aient agi en toute bonne foi, suivant le credo de l’obstétrique “plus on intervient, plus c’est sûr”. Cette attitude doit appartenir définitivement à l’histoire et faire place au principe du “primum non nocere”, autrement dit : sur une femme qui va bien, on ne prend pas le risque d’intervenir sans savoir si, vraiment, c’est mieux.

Il faut agir : appel aux agences de santé, sociétés professionnelles, et pouvoirs publics
En coordination avec le collectif des associations et syndicats de sages-femmes, nous avons présenté en juin 2011 un dossier de demande de travaux à la Haute autorité de santé (HAS) sur l’évaluation des interventions et des modalités de surveillance au cours d’un accouchement à bas risque. Nous serons vigilants à ce qu’il y soit donné suite.
Parallèlement, les résultats de l’étude INSERM plaident pour un réexamen sans délai des recommandations sur l'hémorragie du post-partum, élaborées par le CNGOF et validées par la HAS en 2004. Nous déposerons une saisine en ce sens auprès de la HAS.
Le CIANE en appelle aux sociétés savantes - Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Collège national des sages-femmes - pour qu'elles attirent dès maintenant l'attention des praticiens sur les risques induits par l'utilisation de l'ocytocine et soutiennent les démarches de révision des recommandations de pratique professionnelle.
Les pouvoirs publics ne peuvent rester inactifs face aux résultats de ces études qui révèlent que des procédures lourdes pour sauver des femmes (transfusions, hystérectomies, admissions en réanimation...) ainsi que les traumatismes et séquelles associées – voire peut-être des décès – sont pour partie la conséquence de pratiques obstétricales utilisées en routine.
Le Collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE) est un collectif d'associations agréé pour la représentation des usagers dans le système de santé. Il réunit une quarantaine d’associations françaises d’usagers de la santé concernés par les questions relatives à la grossesse, à la naissance et aux premiers jours de la vie.
Le CIANE a développé une expertise collective appuyée sur l’expérience des associations, valorisée dans des partenariats avec des professionnels (HAS, CNGOF).
Il milite auprès des pouvoirs publics pour le respect des parents, de leurs droits et de leurs choix, et réclame une information complète et loyale sur les choix qui se présentent aux parents.

http://ciane.net/blog/

CIANE, 9 rue Boulitte, 75014 Paris
Contact : Chantal Ducroux-Schouwey, 06 77 00 57 61
presse@ciane.net

Références

[1] Rapport du comité national d’experts sur la mortalité maternelle (CNEMM) 2001-2006.
http://www.invs.sante.fr/publications/2010/mortalite_maternelle/rapport_mortalite_maternelle.pdf Sur 61
décès pour hémorragie du post-partum en 2001-2006, 33 ont été expertisés, parmi lesquels 17 font
suite à un accouchement par voie basse. Dans 9 cas, il y a eu déclenchement sans indication précise
et parfois sans indication du score de Bishop. Analyse clinique pp 23-26
[2] Oxytocin during labour and risk of severe postpartum haemorrhage: a population-based, cohortnested case–control study. Belghiti J et coll. BMJ Open 2011;1:e000514 doi:10.1136/bmjopen-2011- 000514 http://dx.doi.org/10.1136/bmjopen-2011-000514 (texte intégral en accès libre)
[3] Il s’agit des risques ajustés. Les autres variables prises en compte : âge maternel, indice de masse corporelle avant la grossesse, antécédent d’hémorragie post-partum, antécédent de curetage de l’utérus, primiparité, déclenchement du travail, fièvre > 38°C pendant le travail, analgésie péridurale, durée de la phase active du travail, durée des efforts expulsifs, âge gestationnel, extraction instrumentale, épisiotomie, déchirure périnéale, poids de naissance. La population exclut les femmes ayant un antécédent de chirurgie utérine dont la césarienne, les grossesses multiples, les morts foetales, les accouchements avant 37 semaines de gestation, les accouchements par césarienne, les femmes ayant des problèmes de santé et des maladies obstétricales (pre-existing conditions, obstetric disease)
[4] J Gynecol Obstet Biol Reprod 2011;40:693-962. Texte court sur le site du CNGOF
http://www.cngof.asso.fr/D_TELE/RPC_gr_prolongee_2011.pdf
[5] http://ciane.net/Ciane/DossierHPP

17 janv. 2012

Le cododo, quelles limites et jusqu'à quand ? - cosleeping : how to and drawing the line

Le cododo est tellement simple si on respecte les conseils de base !
Le sommeil partagé ou cosleeping est une évidence dans beaucoup de cultures, la mère pouvant ainsi beaucoup plus facilement se reposer et en même temps répondre aux besoins de son bébé.
Par contre, dans les conseils fréquents, il n’est pas très recommandé que le bébé dorme entre ses deux parents, car le papa n’a pas le sommeil physiologiquement aussi léger que la maman dans notre société où le cododo n’est pas la norme (au Japon, par exemple, les parents pratiquent le cododo de façon traditionnelle, et là le bébé est entre les deux parents)… Quoique vous décidiez, le papa doit savoir que bébé est dans le lit... Une autre solution, si vous allaitez, que j'ai testée, est par exemple de mettre votre enfant entre vous et votre compagnon durant la tétée alors que vous êtes éveillée (et un bras le long du corps de votre enfant entre celui-ci et son papa, par précaution), puis de le placer pour l'autre sein ou pour la tétée suivante de votre seul côté, ce côté sécurisé pour pour que bébé ne puisse en aucun cas tomber, ni s'étouffer ou être coincé. Suivre quelques conseils et un peu de bon sens devraient suffire à vous rassurer !




Source image : UNICEF
Je ne prends pas les mêmes précautions avec un nouveau-né jusqu’à un an qu’après un an par contre … mais c’est mon avis personnel, ma pratique, à vous de décider pour vous-même, votre famille.

Le cododo n'est pas fixe, on peut cododoter un temps, puis quand un de nos enfants est malade pratiquer de nouveau ce sommeil partagé pour veiller sur l'enfant malade ou simplement le rassurer... de même quand un de nos enfants peut vivre une période apparemment difficile et pleine de sommeil difficile, quel que soit son âge : cela ne veut pas dire qu'il ou elle restera forcément longtemps, juste qu'il/elle a besoin d'un temps particulier pour se redonner confiance... et repartir plus serein et plus autonome!
Si on sait où sont nos limites et fixer celles de nos enfants, tout le monde reste serein !
Et on n'a jamais vu d'ado rester dormir des années avec ses parents ! 
Alors pas de panique ;)

Voici les recommandations de l'UNICEF :
 "Il est recommandé que votre bébé soit dans la même pièce que vous, au moins pendant les six premiers mois, car ceci facilite l'allaitement et protège contre la mort subite du nourrisson.
Prendre votre bébé dans votre lit est une façon d'allaiter confortablement.
C'est peut-être la raison pour laquelle les mères qui partagent le lit avec leur bébé ont tendance à allaiter plus longtemps que celles qui ne le font pas.
Comme il est facile de s'endormir pendant une tétée, particulièrement en position allongée, certains points sont importants à considérer avant de prendre votre bébé dans votre lit."

" Plus vous allaitez longtemps, plus les bénéfices santé seront grands pour vous deux."

" Les lits pour adultes ne sont pas conçus pour les bébés. Afin d'éviter que votre bébé ait trop chaud, s'étouffe ou soit coincé :
- Le matelas doit être ferme et plat - les matelas d'eau, les matelas trop mous (rempli de granulés de polystyrène qui s'adaptent à chaque position du corps) ou défoncés ne sont pas adaptés.
- Assurez-vous que votre bébé ne peut pas tomber du lit ou se retrouver coincé entre le matelas et le mur.
_ La pièce ne doit pas être trop chaude, 16 à 18 degrés Celsius est idéal.
- Votre bébé ne devrait pas être trop habillé - il ne devrait pas porter plus de vêtements que vous n'en portez vous-même dans le lit.
- Le drap ou la couverture ne doivent pas recouvrir la tête du bébé ou lui donner trop chaud.
- Ne laissez pas votre bébé seul dans ou sur le lit - même un très jeune bébé peut gigoter et se mettre dans une position dangereuse.
- Votre compagnon doit savoir que votre bébé est dans le lit.
- Si un enfant plus âgé partage aussi votre lit, vous ou votre compagnon devriez dormir entre l'enfant et le bébé.
- Ne laissez pas les animaux de compagnie partager le lit avec votre bébé.

Si vous avez des questions, votre sage-femme ou puéricultrice pourra vous conseiller. "

Attention : 
" Fumer augmente le risque de mort subite du nourrisson. Vous devez être sûre de ne pas vous endormir avec votre bébé dans le lit si vous (ou n'importe quelle autre personne dans le lit) êtes fumeuse, même si vous ne fumez jamais au lit.
Ne dormez jamais sur un canapé ou un fauteuil avec votre bébé.
Dormir avec votre bébé " (sous-entendu, dans le même lit) " est dangereux si vous (ou n'importe quelle autre personne dans le lit) trouvez qu'il est difficile de répondre aux besoins du bébé.

Par exemple si vous :
- avez consommé de l'alcool
- avez pris de la drogue ou un médicament qui pourrait vous rendre très somnolente
- avez une maladie qui affecte votre attention à votre bébé
- êtes anormalement fatiguée, à tel point qu'il vous est difficile de répondre à votre bébé.
Il est aussi plus sûr de ne pas partager le lit les premiers mois si votre bébé est né prématurément ou de petit poids, ou s'il a de la fièvre. "



 " If you decide to share a bed with your baby:
Keep your baby away from the pillows
Make sure your baby cannot fall out of bed or become trapped between the mattress and wall
Make sure the bedclothes cannot cover your baby’s face
Don’t leave your baby alone in the bed, as even very young babies can wriggle into a dangerous position
It is not safe to bed-share in the early months if your baby was born very small or pre-term "
 
" WAR NING
- The safest place for your baby to sleep is in a cot by the side of your bed
- Do not sleep with your baby when you have been drinking any alcohol or taking drugs (legal or illegal)
- Do not sleep with your baby if you or anyone else in the bed is a smoker
- Do not put yourself in the position where you could doze off with your baby on a sofa or armchair "



Je vous ai déjà parlé du cododo - cosleeping en vous expliquant qu'il y a plusieurs façons de le pratiquer... pour en savoir plus aller ici cododo selon les saisons et là sommeil-des-bebes-et-cododo-cosleeping


Bien entendu, la liste n'est pas exhaustive : à vous de trouver votre solution, tout en étant attentifs à la sécurité et au bien-être de bébé (et aussi aux vôtres!) !

Sur ce, dormez-bien ! 

So, have a good sleep !