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10 févr. 2014

Enfants / Ados / Famille : quels temps d'écrans ?

 Les ados veulent affirmer leurs choix et leur maturité, tandis que les enfants souhaitent savoir ce que ces premiers regardent de si intéressant, et les plus jeunes ne rêvent que de grandir pour avoir accès aux images interdites/censurées , même s'ils se plongent avec plaisir dans celles qui leurs sont autorisées...
Mais comment parvenir à satisfaire un minimum chacun tout en préservant leur croissance et leurs yeux ? Le plaisir, l'apprentissage, la détente et la découverte, bon d'accord, mais ce n'est pas évident de fixer les limites précises et non négociables quand on doit faire le gendarme pour être sûrs qu'ils arriveront à s'endormir calmement le soir venu ou à ne pas s'entre-étriper parce que c'est encore un samedi pluvieux et que papa et maman sont trop occupés aux travaux de la maison ou aux papiers/comptes ou que sais-je encore pour pouvoir faire un jeu de société ensemble par exemple...

AFP

Tablette, télé, mobile, console... Trop d'écran perturbe l'enfant ! Revue de détail des règles établies par l'Académie des sciences, pour chaque âge et petits conseils futés pour les parents.

 Les experts tirent la sonnette d'alarme : les enfants passent trop de temps devant les écrans! Or," à 6 ans, deux heures d'écran par jour augmentent les risques à venir de maladies cardiaques, d'hypertension artérielle et de diabète, sans compter qu'à l'adolescence le surpoids est directement lié au temps d'écran. Plus inquiétant, la lumière bleue émise par les tablettes affecterait la mélatonine, "l'hormone du sommeil", et donc notre horloge biologique. Deux heures d'exposition la font baisser de 22 % et entraînent des troubles du sommeil, des risques de diabète, d'obésité et même de cancer du sein. Face à cette succession d'alertes, les parents s'interrogent : faut-il interdire ou limiter les écrans, lesquels et comment ?" (Conseils de l'Académie des sciences pour Le Point)

J'ai cherché pendant quelques temps des astuces et des règles plus claires pour nous aider à mieux cadrer ces temps d'écrans. Petit tour des bonnes habitudes pour ne pas se faire trop de cheveux blancs:

1. faire le point sur nos habitudes

Tout d'abord, le mieux est de faire le point pour chaque membre de la famille sur leurs/nos habitudes d'écrans et de faire le total par jour puis pour la semaine : cela peut déjà être plus ou moins surprenant voire impressionnant selon les familles (cumulez télévision, ordinateur, consoles, bref tous les temps d'écrans) et en prendre conscience, en tous les cas pour les plus grands, peut aider à les réduire un peu (davantage si l'on compare avec eux aux temps passés avec les copains en dehors des temps scolaires, aux temps passés à jouer à leur activité/sport préféré(s), à lire, faire des gâteaux puis les manger, etc).

Conseils pour réduire le temps passé devant l’écran 

  • Donner l’exemple;
  • Planifier le temps passé devant l’écran;
Établissez et mettez en application des règlements et des restrictions sur le temps passé devant l’écran, comme :
  • Garder la télé éteinte durant les repas, et profiter de ces moments pour bavarder;
  • N’utilisez pas la télé ou l’ordinateur comme une récompense ou une punition;
  • Éliminez la télévision de la chambre de votre enfant. Une télé dans la chambre à coucher amène l’enfant à se désintéresser des activités familiales, le distrait de ses devoirs et de la lecture, et nuit à son sommeil. 

2. lister d'autres activités amusantes ou intéressantes

Ensuite, faire séparément puis ensemble, une liste des activités que l'on peut faire ( ensemble ou seul) à la place des temps d'écrans et l'afficher de façon conviviale et attirante : cela permet d'avoir des « idées » quand ils se remplient par ennui sur les écrans et qu'on est soit trop fatigué pour penser à proposer autre chose soit trop occupé.


3. Partager ou s'intéresser à ce qu'ils font

Pour internet, des règles de bon sens selon les âges et un dialogue régulier et ouvert/bienveillant mais attentif/intéressé sont une bonne habitude. (Non, il n'est pas forcément nécessaire de jouer à tous les jeux qu'ils aiment, personne n'a dit ça, mais en partager un, cela  peut renforcer nos liens car on peut en parler ensemble)

4. Rester vigilants

S'ils n'arrivent pas à éteindre ou à passer à autre chose ou s'énervent de trop, il est peut-être temps de changer d'activité en intervenant directement sans brusquerie mais fermement et en donnant envie (vous les connaissez assez pour trouver ce qui les titillera!). Mais c'est peut-être souvent aussi dur pour nous, n'est-ce pas ?

5. Et les fratries ?

  1.  Et ce n'est pas toujours simple non plus quand on a plusieurs enfants de faire comprendre que selon leur âge ils ne peuvent voir les mêmes images :
    Visiteur : J'ai quatre enfants âgés de 4 à 13 ans. L'ordi-télé est dans la salle pour que je puisse mieux contrôler ce qu'ils font. Mais il est difficile de faire admettre aux plus petits que les grands ont droit à plus de temps. Et il est difficile pour chacun de regarder ou de jouer tranquillement sans avoir tous ses frères qui regardent aussi.
    C'est très vrai. Il est impossible aujourd'hui d'avoir plusieurs enfants et un seul écran familial parce qu'il existe des programmes spécifiques pour chaque tranche d'âge.
    Heureusement, il existe les ordinateurs portables qui peuvent permettre à des enfants de regarder des programmes différents dans des pièces différentes, sur les mêmes tranches horaires. En revanche, il est très important d'expliquer sans cesse à l'enfant que ce qui lui est proposé correspond à son âge et qu'il bénéficiera de ce dont disposent ses frères et soeurs plus grands quand il aura leur âge.
    Ce n'est pas une façon de le punir mais de lui faire comprendre qu'il est engagé dans un processus de croissance et qu'il sait faire plus de choses que quand il était plus petit et qu'il en fera encore plus quand il sera plus grand. C'est l'introduire à la temporalité. (Article Le Monde)
     Certains week-end pluvieux où l'on est épuisés par la semaine, avec une bonne crève par-dessus le marché, on n'a guère envie de faire grand-chose, et même pour moi qui adore lire, parfois si l'on n'a pas de livre nouveau qui nous chatouille l'esprit, alors on n'a pas même l'énergie de faire autre chose que de se laisser porter par des images toute prêtes : reste que même là, il nous faut faire attention à ce que nos enfants regardent avec ou sans nous (selon leur âge).

Les écrans et l'âge des enfants : La règle 3-6-9-12

Ce repérage simple a été proposé par l'Académie américaine de pédiatrie : pas d'écran avant 3 ans, une heure par jour entre 3 et 6 ans, 2 heures entre 6 et 9 ans et 3 heures au-delà. Il s'agit du temps global d'écran : télévision, ordinateur, console, tablette, mobile...

 Entre 3 et 6 ans pas de journal télévisé, et tablette (en faisant le tri intelligemment) toujours accompagné et limité !


Un assez bon article de declikids dans les vendredis intellos lesvendredisintellos.com/faut-il-exposer-les-enfants-de-moins-de-six-ans-aux-ecrans/  nous fait faire face à un dilemme qui nous fait parfois flancher : une émission de c'est pas sorcier ou un jeu éducatif par exemple, ne nous font pas tiquer autant qu'un dessin animé qui nous semble abêtissant, mais comment le leur faire comprendre sans être rabat-joie ? r

Les écrans tout seul : à partir de quand ?

  A partir de quel âge peut-on laisser un enfant en autonomie avec les écrans ? 
A partir du moment où il va devenir capable de mesurer le temps qu'il passe, donc quand il saura repérer les minutes et les heures sur une pendule et, d'autre part, à partir du moment où il se révèlera capable de raconter quelque chose de ce qu'il a vu.
Ces deux conditions permettront à l'enfant d'être introduit à l'autorégulation. Mais le mieux, quel que soit l'âge, est que l'enfant ait toujours un adulte à portée de voix pour l'interpeller s'il se trouve malmené par ce qu'il voit.(Article Le Monde)

Adolescents : des règles claires sur le temps d'Internet et de jeu

L'adolescent a encore besoin des conseils, du dialogue et d'un certain contrôle, car sa maturation cérébrale n'est pas encore achevée. Parler avec lui de ce qu'il aime sur Internet, de ce qu'il voit et fait sur les écrans lui permet de développer un sens critique. À cet âge, bien utilisés, les écrans sont des alliés pour mieux former son esprit et son intelligence, et développer un cerveau plus exploratoire, rapide et déductif. Certains jeux vidéo développent l'attention visuelle, la concentration et la prise de décision rapide. Il faut être attentif aux jeux choisis et à la manière d'y jouer. Si l'adolescent joue avec ses amis, s'il crée par lui-même des images ou des films ou encore s'il désire exercer une profession liée au numérique, alors, sa relation aux écrans est tout à fait positive ! À l'inverse "l'usage trop exclusif d'Internet conduit à une pensée zapping trop rapide, superficielle et excessivement fluide, appauvrissant la mémoire et la capacité de synthèse personnelle". Quant aux réseaux sociaux, les adolescents les utilisent généralement à bon escient et ils peuvent être un vrai espace d'expérimentation, d'innovation et d'exploration tant sociale qu'individuelle. Il faut surtout les sensibiliser sur les dangers des traces laissées sur le réseau (commentaires, états d'âme, vidéos sur YouTube...). Elles les exposent en effet à un grand nombre d'interlocuteurs plus ou moins bien intentionnés. (Article Le Point)


Bref, s'il n'y a guère de règle magique pour toutes les familles, quelques doses de bon sens et des règles simples et claires peuvent être une bonne base. Et limiter (comment ça, il pleut tout le temps? Revenons à la liste d'activités (point 2)!) les journées/week-end glandage devant les écrans nous fera à tous le plus grand bien, et ils seront d'autant plus appréciés. Et dernière astuce : quand ces journées ont lieu, faire une pause-jeu à divers moments 
  • Faites chaque jour de l’activité physique en famille. Si vous rendez l’activité physique amusante, vos enfants voudront en faire plus souvent;
  • Prévoyez chaque jour du temps pour faire une activité physique ensemble;
  • Faites participer toute la famille et choisissez une activité à tour de rôle;

Sources : 
 L'Académie des sciences conseils vus par Le point http://www.lepoint.fr/sante/faut-il-interdire-les-ecrans-aux-enfants

25 janv. 2013

La valse des programmes et des rythmes scolaires ?

Quand les familles se sentent prises pour des imbéciles... ou la réforme qui menace encore une fois d'être une simple remise en forme et rien de bien profond concernant le fonds des nombreuses questions posées tant par les parents que par les enseignants.


Les apprentissages de nos enfants ne devraient pas être bradés ou brassés par les changements successifs de gouvernements voulant montrer bon visage mais accompagnés au plus près de leurs capacités et de leur croissance et rythmes physiologiques !

Source Image Ouest France


De plus en plus de parents se posent la question de savoir ce qu'est en train de devenir la "refondation" :
Parents pensons la reforme des rythmes scolaires ensemble (chez Mauvais Pere)
 "A ce jour, l’information dont nous disposons est parcellaire et contradictoire. Le projet tel qu’envisagé ne nous semble pas à la hauteur des enjeux.
Nous croyons cette réforme nécessaire et en partageons les objectifs, à savoir mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. Depuis 2008, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE et de fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Cette situation est préjudiciable et doit être revue.
Cependant, le projet de réforme qui nous est présenté ne nous semble pas répondre à ces objectifs.(...)"


Les grèves commencent pour dénoncer une trop grande superficialité de la réforme annoncée par Vincent Peillon 
"(...) pour Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, "la priorité à école primaire ne peut pas rester un simple slogan, une loi n'a pas le pouvoir magique de changer l'école".
Il appelle à "une journée d'interpellation du ministre dans tous les départements pour mettre l'accent sur les changements concrets que l'on attend", citant la formation continue, la refonte de l'évaluation des élèves, la révision des programmes, l'avenir des enseignants "Rased" spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire. Mais "aujourd'hui, l'action du ministre est brouillée par la réforme des rythmes scolaires", a-t-il regretté."


Qu'en est-il des besoins réels ? On se trompe encore une fois de débat public, alors que nombreux sont les enjeux et les propositions comme par exemple refonder l'école (sur educavox)
"Rénovation des rythmes scolaires, refonte des programmes, recentrage sur les savoirs fondamentaux, développement de la culture humaniste, de la culture scientifique, du numérique, transformation de la formation, nouvelle approche de la carte scolaire et de l’accueil des enfants de maternelle, création de liens différents entre tous les acteurs du monde éducatif, autant de chantiers s’ouvrent pour la refondation de l’école. Contributions."

La question qui se pose aujourd'hui est : le gouvernement actuel  va-t-il prendre le sujet à bras le corps pour une vraie refonte qui prenne tout son sens auprès de nos enfants et de ceux à venir ?

Ma pensée du jour (de parent) est que s'il faut changer les rythmes familiaux pour mieux accompagner le futur citoyen et adulte qu'est mon enfant (chacun à sa façon unique), alors soit, mais pas juste pour satisfaire une énième réforme superficielle : un changement sera positif s'il est sur le fonds ET la forme, pas juste l'un ou l'autre.

C'était ma participation aux Vendredis Intellos. ;)

22 août 2012

Mon périnée et moi, c'est pour la vie ! De l'adolescence à la femme... découvre ou redécouvre.

Le périnée, on en entend, hélas, rarement parler avant une grossesse, voire avant d'avoir accouché, pour une femme (car bien entendu, le périnée existe tant chez les hommes que chez les femmes), on pourrait le comparer à une orchidée ou une fleur dont les pétales sont toutes aussi délicates et ont chacune leur rôle et leur valeur, toute la vie. J'ai souhaité revenir pour les vacances des VI sur cet article de la Tellectuelle  qui a beaucoup suscité d'intérêt et de réactions  http://lesvendredisintellos.com/2011/12/02/connaitre-et-maitriser-son-perinee-les-retrouvailles-avec-son-corps/  et nous ne parlerons ici que du périnée féminin, car il est sujet à de nombreuses sollicitations, dont celles dues à la grossesse et à l'accouchement. Cet article nous évoque les méthodes les plus connues et répandues de rééducation périnéales, pour décrire une méthode moins connue mais qui respecte davantage l'intimité, le ressenti et le corps de la femme : la méthode “Connaissance et Maitrise du Périnée” (CMP).
Source  image : de cette très féminine  illustratrice Liloo in June

Démarrer chaque séance par un petit retour (fait par la patiente !) sur les évolutions depuis la dernière séance lui permet d’exprimer ses ressentis et ses interrogations éventuelles. La partie de vérification des exercices est un moment important de validation des ressentis de la patiente.
Je trouve cette écoute primordiale.
J’ai trouvé incroyable qu’on me dise “Non, vous ne ressentez pas cela”. Je suppose qu’il voulait dire que cette impression n’était pas fondée et que cela n’était probablement qu’une question de sensibilité. Mais cette formulation maladroite m’a simplement enfermée dans le rôle de la spectatrice un peu crétine qui ne comprend pas grand chose à ce qu’il se passe.
Ici je pense à toutes celles qui ont déjà ressenti cette impression ou  à celles qui trouvent un peu "froides" les rééducations type biofeedback  : sonde à contrôler par le moyen de ses muscles périnéaux, mais sans vraiment distinguer chaque type de muscle - serrer doux, moyen , fort, moyen, etc... selon un diagramme calculé ou établi par l'ordinateur : pas très glamour, mais pas mal si on ne veut pas trop être tripotée et qu'on ne connait pas la CMP ou l'eutonie, dont on reparle ici aux VI dans un spécial guest sur la rééducation périnéale, en suite de cet article de la Tellectuelle .
J'avais demandé en commentaire à la Tellectuelle quelle est la différence de la CMP avec la méthode manuelle :
Je crois qu’elles sont complémentaire, puisque le thérapeute (SF ou kiné) doit forcément “vérifier” à un moment ou un autre que l’on contracte correctement.
Mais la majorité des exercices se fait sans rien dans le vagin et pour moi, après la période “open-touffe” que sont la grossesse et l’accouchement, c’est un véritable “argument de vente”.
La CMP permet donc à la femme de se connaître, de savoir s'écouter et surtout de faire confiance aux signaux que le corps lui envoie. Avec un corps qui a subi tant de changements (une grossesse et un accouchement, c’est assez phénoménal en si peu de temps), c’est limite si on n’a pas besoin d’une rééducation globale pour réinvestir notre enveloppe corporelle !
"Les premières consultations sont consacrées aux diagnostics détaillés, les suivantes aux traitements et enfin les dernières au bilan et à la mise en place d’une hygiène périnéale." ( la Tellectuelle s'appuie sur le site de l’Institut Naissance et Formation, qui a pour objectif de former les sages femmes et kinesithérapeuthes à la méthode CMP)
L’autre point fort de la méthode est cette éducation à “l’hygiène périnéale”. A la fin de la rééducation, la femme est en parfaite compétence pour rééduquer son propre corps : elle sait, et pour toute sa vie.
Lantoine a décrit dans les commentaires quelques unes des images qui lui ont permis de bien visualiser les exercices à faire pour faire travailler toutes les zones musculaires du périnée :
Les images qu’utilise ma Sage Femme sont très faciles à s’imaginer: Fleurs à 5 pétales (nénuphar), ailes de papillon, cymbales, bec d’oiseau,… Le toucher vaginal qui ait réalisé pendant ses exercices de contractions, aident aussi dans un 1er temps à localiser beaucoup plus facilement chaque groupe de muscles. De plus, au mur du cabinet, il y a 2 schémas où sont représentés les différents groupes de muscles. Ce schéma permet pour moi aussi de mieux localiser les muscles. Et comme la déjà écrit “coco” c’est super de découvrir “des muscles dont j’ignorai l’existence !!” et d’avoir le mode d’emploi pour les faire travailler seule pendant toute sa vie. Je me sens beaucoup plus autonome avec cette méthode et plus efficace.
Dans les commentaires assez riches qui ont suivi cet articles, Coco a repris cette idée que je trouve parmi les plus importantes de ce que m'évoque cet article :
Je trouve que cette rééducation devrait être faite déjà avant d’accoucher !!!
Bien sûr, après ces exercices, on connaît son périnée, mais c’est effectivement tout son corps qu’on apprend à sentir, à écouter. J’ai eu aussi cette sensation d’avoir le “mode d’emploi” de ce qu’on ne voit pas, qu’on ne parle pas, bref qui “n’existe pas” ou presque… Les clés d’une chaîne de muscles dont j’ignorai l’existence !!
Cette maîtrise et connaissance de son périnée devrait être pratiquée durant l'adolescence (avec une personne dont l'ado soit en confiance, sinon cela n'a aucun intérêt évidemment : on est si peu à l'aise la plupart du temps avec son corps changeant en cette période, mais justement cela permettrait d'apprivoiser plus facilement son corps!) et permettrait d'éviter bien des stress, des traumatismes et des soucis durant la vie de femme et même de jeune fille... Parler n'est pas suffisant en ce domaine, même si c'est nécessaire de pouvoir discuter librement, il me semble que connaitre et apprendre à décoder son corps un minimum ne devrait-il pas être une évidence ?!
Bien entendu, cela n’exclurait pas de reprendre la CMP si l'on ne se sent plus très au point durant sa vie d'adulte, qu'on ait accouché ou non, - et permettrait d'éviter la rééducation par biofeedback (sonde) apparemment nécessaire au préalable en cas de gros troubles urinaires- , mais je suis certaine que l'apprivoisement de son corps par la jeune fille puis la femme tout au long de sa vie serait source de confiance en elle, et la mettrait en éveil pour repousser plus facilement des atteintes non désirées à son corps... L'un comme l'autre ne sont-ils pas non négligeables ?
L'article est paru également sur lesvendredisintellos.com/ton-perinee-c-est-pour-la-vie/

29 juin 2012

La méthode d'éducation sans perdant - devenir parents efficaces, partie 3

Les conflits ou les tensions entre parents et enfants ou parents et ados, c'est bien plus fréquent qu'on ne le souhaiterait... C'est pourquoi nous recherchons des techniques et des pistes pour réduire le plus possible ces obstacles à une relation épanouie entre nous, pour un mieux-être de chacun aussi.

Dans la première partie nous avons vu que l'écoute active permet d'éliminer une bonne partie des problèmes de nos enfants, et leur restaure leur confiance en eux car ils sont à même de trouver leurs propres solutions de façon de plus en plus autonome.
Dans la seconde partie, nous avons vu que le message "je" réduit significativement aussi une grande partie des problèmes parentaux (par rapport à la relation parents-enfants).
Dans cette troisième partie d'étude du livre Parents efficaces au quotidien (tome 2) de Thomas Gordon, nous allons voir comment aborder les conflits restants pour nous parents quand le message "je" ne suffit pas, et pour ce faire nous devons employer les méthodes de résolution de conflit, et principalement ce que Thomas Gordon appelle la "méthode sans perdant".

Voici le schéma, tiré du livre, qui montre où nous en sommes.


Attention aux obstacles !

"Le concept 'sans-perdant' est au coeur même de notre méthode et de notre philosophie. Il joue un rôle crucial dans la résolution de conflits qui, sinon, finiraient par endommager la relation parent-enfant et par bloquer chez les enfants le développement de leur autonomie. Et même si les parents ont appris des techniques d'écoute efficaces, il ne trouveront pas beaucoup d'occasions de les employer s'ils continuent à avoir recours à des méthodes où il y a un gagnant et un perdant. (...) Les enfants ne partagent pas volontiers avec des parents qu'ils craignent."

Le dilemme de la discipline

"Dans la pratique, discipliner les enfants par des récompenses et des punitions (...)  comporte pour le parent des embûches, dont certaines sont des plus dangereuses et souvent destructrices pour la relation parent-enfant. En premier lieu, les parents vont inéluctablement voir leur pouvoir se détruire (...) [Q]uand les enfants grandissent (...) [l]es récompenses autrefois goûtées sont maintenant regardées avec indifférence. Face aux punitions, les enfants commencent à résister et à se révolter. (...)
Les parents qui ont lourdement misé sur la discipline quand leurs enfants étaient tout jeunes découvrent avec consternation qu'ils sont désarmés quand leurs enfants atteignent l'adolescence. Ils se rendent compte alors qu'ils ne disposent d'aucun système de rechange pour influencer leurs enfants. C'est pourquoi les années de l'adolescence, dans la plupart des familles, sont vécues dans la frustration, la dépression et les crises.
Les parents voudraient bien, naturellement, voir leurs enfants devenir responsables, respectueux des autres, coopératifs, heureux et pleins de santé."

Alors que fait la méthode sans perdant ? Eh bien elle ne contraint, pas : "elle 'incite' Elle incite les enfants à modifier un comportement inacceptable. Elle les incite à prendre des engagements et à les respecter."


Le mythe de la douce autorité

"Si bienveillante que soit l'intention, ce ne sont pas les sentiments du dictateur qui sont en question, mais les résultats du pouvoir sur ceux qui les supportent. (...) Dans la méthode autoritaire, l'enfant a peu de raisons d'aimer ses parents. Dans la méthode permissive, les parents ont peu de raisons d'aimer l'enfant."
Cela paraît un peu fort en première lecture, mais si on regarde les conséquences et les relations sur le long terme, il y a du vrai là-dedans.

Se cantonner dans la méthode autoritaire ou la méthode permissive pour résoudre les conflits mène au ressentiment ou à la soumission, alors que dans la méthode sans perdant, "le parent et l'enfant partent ensemble à la recherche d'une solution qui tiendra compte des besoins de chacun d'entre eux."

Les 6 étapes de résolution de problème de la méthode sans-perdant :
  1. e étape : Définir le problème
  2. e étape : Envisager des solutions possibles
  3. e étape : Evaluer les solutions possibles
  4. e étape : Choisir la meilleure solution
  5. e étape : Appliquer la décision
  6. e étape : Evaluer les résultats ultérieurs

L'avantage de cette méthode est aussi qu'elle peut s'appliquer à résoudre les conflits et tensions de la vie de tous les jours : pas seulement en famille, mais aussi dans le couple, au boulot, entre groupes, et même entre pays, soit n'importe quelle relation humaine ! Ce n'est pas moi qui le dit, mais je le crois volontiers : je pense que la coopération, car c'est bien de cela qu'il s'agit finalement, est en effet une voie royale de résolution de problèmes au sens large !


 Contraintes de temps et interruptions

A la difficulté qu'éprouvent beaucoup de parents de trouver le temps d'organiser avec leurs enfants une séance de résolution d'un conflit ou de solution d'un problème, Thomas Gordon répond que cela n'a rien d'étonnant : "En premier lieu, les enfants (et les adultes aussi) goûtent rarement l'idée d'affronter un conflit et de passer par le douloureux processus de la confrontation, de travailler à la recherche d'une solution et de parvenir à un compromis qui modifie leur comportement. La plupart des gens préfèrent éviter la résolution de conflit. Il est plus simple et plus confortable de lire, de regarder la télé, ou encore de différer ou d'éviter le problème, dans l'espoir qu'il va disparaître de lui-même."
"Les parents doivent émettre des messages "je" vigoureux s'ils veulent réussir à entraîner leurs enfants dans une résolution de conflit :
  • J'ai besoin que ce problème soit résolu maintenant parce que je ne veux pas que mes besoins soient ignorés plus longtemps. 
  • Ce problème doit être résolu parce que je suis sacrément malheureuse !
  • Je sais que vous êtes occupés pour l'instant, mais j'aimerais qu'on essaie de trouver dès que possible une solution à ce problème. Quand ?
  • Je sais que vous ne voulez pas parler de ça, mais moi je le veux ! Je ne veux pas que les choses restent comme elles le sont. "
 Des techniques de parents pour éviter les interruptions : débrancher le téléphone, s'assurer que les amis ne vont pas arriver, fixer une heure précise pour le jour suivant, choisir un instant où personne n'a une élission de télé favorite, et ainsi de suite.
La résolution d'un problème 'sans-gagnant' prend du temps, mais "à long terme [elle fait] gagner du temps. Pourquoi? Parce que, quand un problème ou un conflit entre personnes est résolu de sorte que les besoins respectifs de chacun seront satisfaits et que chaque partie accepte la solution, il y a beaucoup moins de chance que le problème resurgisse. Chacun est motivé pour appliquer une solution qui le satisfait."

 Pour tous ceux qui ont l'impression que la méthode ne marchera pas avec leurs enfants, ou qu'ils ont l'impression d'être ridicules, ou qu'ils se sentent souvent trop épuisés pour s'y mettre... Thomas Gordon donne des pistes : 
  1. Expérimenter la méthode sans-perdant quand il n'y a pas de conflit brûlant, "ici et tout de suite", pas d'émotions fortes telles que colère, frustration, ressentiment. (par ex: Comment allons-nous passer toue ensemble le prochain congé? ou Comment pouvons-nous résoudre le problème que j'ai quand je dois vous réveiller trois ou quatre fois le matin pour que vous soyez à l'heure à l'école?) En commençant par une résolution de conflit de ce type de prévention, non seulement la méthode paraît moins complexe, mais les parents auront une chance de voir avec quelle bonne volonté les jeunes sont prêts à accepter les solutions qui aideront leurs parents (pourvu, bien sûr, que leurs propres besoins soient également satisfaits).
  2. Il est préférable de choisir un problème qui rend l'enfant malheureux parce que ses besoins n'ont pas été satisfaits dans le passé. Dans de tels problèmes, l'enfant a vraiment un bénéfice à retirer de la résolution du conflit. (par ex: Tu détestes que nous te rappelions chaque soir qu'il est l'heure d'aller au lit. Essayons de trouver une solution qui soit acceptable pour toi et aussi pour nous. )
  3. Une fois que les enfants ont un petit stock d'expériences dans lesquelles ils ont, eux, retiré un grand avantage de la résolution de conflit, ils seront beaucoup plus disposés à participer à une recherche de solution quand ce sont les parents qui n'obtiennent pas la satisfaction de leurs besoins.
 Quand les enfants s'en vont pendant une résolution de conflit
Les pistes : 
  1. Passer à l'écoute active, pour mieux comprendre pourquoi ils cherchent à esquiver la discussion.
  2. A condition d'être authentiquement disposé à reporter cette conversation, prenez un rendez-vous pour plus tard. 
  3. Sinon, un fort message "je" s'impose alors (ex : Quand j'ai un problème et que vous m'ignorez ou que vous fuyez, je me sens vraiment frustrée et je pense que vous ne vous souciez guère de moi.)
  4. Attention, si on laisse nos enfants fuir une demande de résolution de conflit, il apprendront très vite à esquiver nos tentatives ultérieures par la même réponse évasive ! "C'est à peu près comme dans un mariage : si vous êtes décidée à avoir une bonne relation, cela exige une vigilance permanente. Et il ne faut jamais laisser à la confusion le temps de s'installer, si vous voulez que votre union marche bien. La résolution d'un problème est toujours bénéfique, à moins que quelque chose accroche et qu'il y ait l'un des deux qui ne désire pas que les choses tournent bien."

Quand les enfants ne s'en tiennent pas à leurs engagements 

[Si l]a méthode sans-perdant accroît grandement la probabilité de voir les enfants tenir leurs engagements, mais elle ne le garantit certainement pas (...) [,] particulièrement avec les jeunes enfants.
Alors : 
  • Quand l'enfant qui était d'accord pour tenir un engagement ne s'y est pas tenu, ne pas le faire à sa place, sinon on lui enseigne qu'il n'est pas tenu de respecter une décision et de tenir un engagement, puisque éventuellement quelqu'un l'exécuterait à sa place.  
  •  Adresser un vigoureux message "je" exprimant vivement ce qu'on ressent en voyant son enfant ou ses enfants négliger ses/leur(s) engagement(s) . (par ex : Quand nous faisons un marché et que vous ne le respectez pas, je n'obtiens pas l'aide dont j'ai besoin, et je le supporte très mal.)
  •  Ne pas tomber dans le piège de la méthode autoritaire, sinon cela brise toute la démarche et la confiance, et empêche alors d'obtenir des enfants qu'ils soient plus responsables et autodisciplinés.
  •  "Devenir responsable et digne de confiance ne s'obtient pas en une seule leçon ; il y faut de la pratique, tout comme pour apprendre à jouer du piano ou au tennis."
Les moyens d'accélérer ce processus d'apprentissage : 
  1. Emettre un message "je"
  2. Passser à l'écoute active
  3. Emettre un message "je" plus vigoureux
  4. Revenir à la résolution de problème pour voir si une meilleure solution peut être trouvée
  5. Mettre en résolution de problème la difficulté pour l'enfant de respecter son engagement.

Les solutions irréalistes que proposent les enfants

  •  Se souvenir que les jeunes enfants se représentent mal la facilité ou la difficulté d'une tâche, et ne pas les obliger à s'en tenir rigoureusement à leurs premiers engagements (autrement dit on vient à la 6e étape : évaluer les résultats ultérieurs et on cherche ensemble ou laisse au jeune enfant trouver une autre "meilleure" solution)
  • Pour un enfant qui a du mal à s'affirmer lui-même et qui par désir excessif de plaire aux autres, en arrive à renier ses propres besoins, vérifier avec lui s'il ne révèle pas un excès de soumission ou un manque d'affirmation de soi.
Préparer le terrain avec les enfants pour mieux réussir ensemble.

"[L]es parents qui réussissent le mieux à introduire la méthode sans-perdant dans leur famille (en particulier quand les enfants sont déjà grands, et par conséquent accoutumés aux méthodes autoritaire et permissive) sont ceux qui ont fait l'effort d'expliquer la méthode nouvelle avant de commencer à l'utiliser."
Quand les besoins sont clairs, les solutions apparaissent.


Des séances de résolution de problèmes prévues régulièrement

J'en ai envie depuis longtemps, mais les quelques unes que j'ai tentées ces dernières années n'ont pas été très concluantes, sauf que je n'avais pas entre les mains la méthode Gordon : A nous enfin les cercles de famille !
"Certaines familles établissent un programme de séances familiales de résolutions de problèmes qui ressemblent à celles d'un comité d'entreprise. Les avantages de cette technique sont évidents. Voici quelques recommandations pour les rendre plus efficaces :
  1. Ne les faites pas durer trop longtemps. Souvenez-vous que les enfants se fatiguent et se lassent vite.
  2. Certains conflits exigent une résolution immédiate, donc les séances régulières ne remplacent pas celles où l'on aborde les problèmes qui ont un besoin urgent d'être résolus.
  3. N'ayez recours aux séances familial que quand les objectifs impliquent l'ensemble des enfants. Les autres enfants s'ennuient si l'on passe beaucoup de temps sur des conflits qui concernent un seul enfant et un seul parent.
  4. Quand la liste des problèmes est longue, décidez en famille de ceux qui auront la priorité. Les questions de moindre importance pourront être remises à la séance suivante.

Conclusion 

D'autres astuces et pistes sont évoquées dans le livre de Thomas Gordon, Parents efficaces au quotidien (tome 2) , et de nombreux exemples et témoignages enrichissent la méthode , c'est pourquoi le lire apporte réellement, même si mon article en trois parties est assez important pour en retracer les lignes majeures de façon suffisamment fidèle, j'espère. Ces exemples donnent vraiment de l'eau au moulin, comme on dit ;  ça en vaut le coup !
J'applique depuis peu les techniques de ce livre, petit à petit, et on voit vraiment des résultats dans les comportements des enfants comme dans les miens, malgré mon épuisement actuel, alors imaginez quand on est en pleine forme ! Cela ne se fait pas en un jour, bien sûr, mais cela apporte un réel réconfort : enfin des méthodes applicables pour tous les âges et pas seulement les bambins et petits, et pas juste de la théorie ! Car vouloir bien faire ne suffit malheureusement pas, alors au boulot !

Ceci était la troisième et dernière partie de mon article Devenir Parents efficaces au quotidien - la méthode Gordon expérimentée et vécue , pour les Vendredis Intellos.




9 juin 2012

L'écoute active, l'écoute de soi et apprendre à communiquer vraiment avec ses enfants et ados - partie 2 (devenir parents efficaces)

Cette semaine pour les Vendredis Intellos , je vous propose de poursuivre notre petit tour au sein de la méthode sans perdant de Thomas Gordon, psychologue qui permet aux parents de communiquer avec leurs enfants pour la résolution de conflits et de difficultés , méthode expliquée et commentée grâce au vécu de nombreuses familles dans son livre "Parents efficaces au quotidien - La méthode expérimentée et vécue " de Thomas Gordon (tome 2, qui peut se lire indépendamment du tome 1).


Pour lire la première partie, c'est par ici : devenir-parents-efficaces-au-quotidien avec nos enfants et nos ados - partie 1 .

Ce qui change dans la famille quand les parents savent écouter

Si un enfant dit "je te déteste", il utilise un code pour exprimer sa colère ou sa frustration ou sa déception. Une fois qu'on aura utilisé l'écoute active pour répondre à ces sentiments plutôt qu'à ce code, l'enfant se sent compris et peut le plus souvent passer à autre chose et n'a pas à se sentir honteux.
Aider les enfants à accepter la réalité et les limites :  "tu dois être terriblement déçu... Je suis sûr(e) que d'une manière ou d'une autre, tu t'en sortiras! Dès que tu seras d'attaque, si tu as envie tu pourras venir m'aider à bêcher dans le jardin."
S'attaquer au vrai problème : l'écoute active favorise le passage du problème apparent au problème fondamental (p106 à 110)

Développer la responsabilité des enfants
" Une écoute empathique et attentive transmet à l'enfant plusieurs attitudes d'esprit :  
  •  Je n'ai pas l'intention de prendre en charge ton problème
  • Mais je vais t'aider à trouver ta solution. 
  • J'ai grande confiance en ta capacité de prendre en main ce problème de façon constructive.                                                                                                                              
  • Je ne t'aime pas moins parce que tu as des problèmes. Ils font partie de notre vie à tous!               
Ces attitudes paraissent exercer une influence puissante sur les enfants et les encouragent à assumer la responsabilité d'affronter leurs propres problèmes au lieu de demeurer dépendants de leurs parents."

Dépasser le quotidien pour leur rappeler ce qu'on souhaite vraiment pour eux : " Tout ce que je souhaite, c'est que tu soies content(e) pour toi. Peu importe ton classement [ à l'école, au sport, en rangement etc...] Je t'aime de toutes façons."

Je trouve qu'exprimer ces intentions ou ressentis avec nos propres mots sans rajouter autre chose n'est pas évident, mais c'est important. Ils ressentent nos espoirs et nos exigences comme des devoirs, si nous les rassurons sur l'amour que nous leur portons, quels que soient leurs résultats, ils se mettent à travailler pour eux, et non plus pour nous.

"Je voudrais être mort" (p119, 120)
Aucun récit n'illustre avec autant d'évidence les effets spectaculaires de l'écoute active que celui-ci, qu'une mère nous a relaté :
" L'histoire est simple. Je suivais la formation Parents efficaces quand mon fils aîné, alors âgé de huit ans, s'est mis à faire des remarques fréquentes sur sa vie qui était vraiment fichue, qu'il ferait mieux de mourir. Il émettait des jugements désespérés qui m'inquiétaient profondément. En élevant mes enfants, je m'étais fixé un but clair et invariable : qu'ils aient un sentiment positif d'eux-même et qu'ils puissent s'éveiller chaque matin en trouvant qu'il fait bon vivre. Et voilà que mon aîné, mon unique garçon, qui semblait vivre exactement le contraire de ce que j'avais si ardemment souhaité et fait tout mon possible pour qu'il éprouve.
J'avais déjà expérimenté l'écoute active auprès de mes camarades de cours, mais je ne voyais pas que deux et deux font quatre. La solution était sous mes yeux, et je ne la voyais pas.
Quelques semaines plus tard, mon fils est entré, l'air abattu, dans la cuisine où je préparais le dîner, et il a tenu un de ses propos dépressifs. Je n'étais guère experte en écoute active et mes quelques tentatives précédentes avaient sonné bien faux, mais j'ai décidé de faire un nouvel essai. Il venait de dire quelque chose comme : "Sûr que je n'aime pas beaucoup ma vie..." et ça tournoyait dans ma tête pour essayer de trouver une formule qui lui renvoie ça, et tout ce que j'ai trouvé, ç'a été quelque chose qui m'a paru complètement inadapté et dépourvu d'imagination, du genre : " On dirait que tu te sens déprimé." Il ne parut pas remarquer mon incompétence et poursuivit par un "Personne ne prend soin de moi", suivi d'un "Toi et papa faites toujours des choses avec Judith et Rebecca (ses soeurs)..." et ainsi de suite. Je me disais : " Je n'ai jamais vu d'enfant plus déprimé", je me suis sentie tour à tour coupable, irritée, déçue, mais j'ai continué à dire "Mmm Mmm", "Tu es vraiment très triste à cause de ça" ou "Tu penses que nous les aimons plus que toi". Tout cela me paraissait laborieux et artificiel et je ne pensais pas que nous ayons une grande chance d'aboutir à l'une de ces "fins heureuses" paradisiaques du bouquin. Il ne montrait aucun de ces indices-d'une-évolution-vers-une-solution dont le livre est rempli. Il continuait simplement à accumuler des situations de plus en plus déprimantes, remontant jusqu'à des événements qu'il avait vécus à l'âge d'environ trois ans !
Au bout de trois quarts d'heure, je lui ai dit que j'aurais bien voulu continuer, mais que le dîner était déjà en retard et que s'il voulait, nous pouvions fixer un moment pour revenir à notre entretien. Il a dit d'accord, qu'il avait terminé, et il a bondi de sa chaise et il est sorti en sifflotant! J'étais abasourdie. Et, enfin! une chose m'a frappée : c'est que jamais je n'avais permis à cet enfant d'avoir une bonne raison pour arranger la situation, sans jamais lui manifester la simple sympathie d'humain à humain qui lui aurait permis d'éliminer ses problèmes en les affrontant !
C'était il y a un an : depuis, aucun signe de dépression n'a reparu. Il y a eu des incidents désagréables ou décourageants. Jamsi plus je n'ai cherché à les justifier par des explications ou à offrir des solutions. Je pratique l'écoute active du mieux que je peux. La vie n'est pas tout entière glorieuse et rose. Tous les problèmes ne sont pas immédiatement résolus. Il y a des jours où tout semble aller de travers. C'est la vie."

 Nouveaux aperçus pour aider les parents à satisfaire leurs besoins

"Vivre avec un enfant signifie inévitablement que certains comportements vous sembleront parfois inacceptables parce qu'ils contrarient ce que vous voulez faire, qu'ils vous empêchent de vous épanouir ou qu'ils créent en vous un sentiment de frustration ou de vive colère. Beaucoup de parents ne savent pas assez s'affirmer, et leur permissivité encourage leurs enfants à les bousculer sans cesse. D'autres tentent de s'affirmer, mais par des moyens si agressifs que la relation avec leurs enfants en est brisée et qu'ils nuisent à l'estime que les enfants doivent se porter.
Notre approche encourage explicitement les parents à s'affirmer lorsque la conduite de leurs enfants leur crée un problème, mais elle propose à cet effet des techniques précises, nouvelles pour la plupart des parents, et qui les aideront à s'affirmer d'une manière bien plus efficace et constructive."

La majorité des comportements types des parents confrontés à une conduite jugée inacceptable de leur enfants fait partie de la catégorie des "obstacles à la communication" :
"1. Ordonner, commander, exiger
Va dans ta chambre.
Arrête de aire tout ce bruit.

2. Menacer, avertir, mettre en garde
Si tu n'arrêtes pas, tu auras la fessée.
Débarrasse le plancher ou je me mets en colère.

3. Moraliser, sermonner
On ne coupe pas la parole à quelqu'un.
Il faut toujours dire merci.

4. Conseiller, donner des solutions
Pourquoi n'irais-tu pas jouer avec tes copains ?
Ne pourrais-tu mettre tes vêtements autre part ?

5. Argumenter, persuader par la logique, faire la leçon
Il n'est pas correct d'utiliser ton couteau comme tu le fais.
Les livres sont faits pour être lus et non pour être jetés.

6. Juger, critiquer, blâmer
Tu n'es pas soigneuse.
Tu es un mauvais garçon.

7. Complimenter, approuver, louanger
Toi qui es si gentil avec tes camarades !
Ce n'est pas ton genre d'être aussi insouciant.

8. Humilier, ridiculiser, étiqueter
Tu es la mouche du coche.
Tu devrais être honteux de ta conduite.

9. Interpréter, psychanalyser, diagnostiquer
Tu es simplement un peu jaloux de ton frère.
Tu veux toujours m'embêter quand je suis fatigué.

10. Rassurer, sympathiser, consoler
Ne t'inquiètes pas pour ce que je ressens.
Le bruit ne me dérange pas vraiment.
Je comprends pourquoi tu tapes sur ton petit frère.
Allez, tout va bien!

11. Enquêter, questionner
Pourquoi as-tu fais une chose pareille?
Es-tu conscient de ce que tu viens de dire?
Pourquoi faut-il que tu fasses hurler la radio?
Qui t'a appris ça?

12. Dévier, blaguer, esquiver
Ne veux-tu pas lire plutôt que de regarder cette niaiserie à la télé?
Regarde comme il fait beau, va jouer dehors.
Je suis si heureuse d'avoir des enfants aussi sages et aussi gentils.
Tu n'as pas peur de te crever les tympans ?"

Ces messages "tu" sur les enfants produisent le plus souvent un ou plusieurs effets suivants :
1. Les enfants résistent quand on leur ordonne de faire quelque chose ou quand on les menace.
2. Les enfants se détournent des parents qui moralisent, sermonnent ou font la leçon.
3. Les messages "tu" font savoir : "Je ne te fais pas confiance pour trouver un moyen de m'aider."
4. Les messages "tu" refusent à l'enfant la chance qu'ils trouvent d'eux-même un comportement qui tient compte des besoins des parents.
5. Les enfants qui encaissent des blâmes ou des insultes se sentent coupables.
6. Blâmes et insultes réduisent l'estime que l'enfant a de lui-même.
7. Les enfants se sentent rejetés et mal aimés quand ils reçoivent des messages qui les informent qu'ils sont "méchants" , "idiots", "irréfléchis", "insouciants".
8. Les messages "tu" suscitent des réponses-boomerangs qui humilient le parent : "Tu es toujours fatigué", "Toi aussi tu laisses traîner tes affaires", "Tu es un gros grognon", "Tu n'es jamais contente"...

"Les messages qui font comprendre à l'enfant les conséquences que son comportement entraîne pour votre vie ont beaucoup moins de chances de produire des effets semblables :
- Je ne peux pas faire la sieste avec tout ce bruit dans la maison.
- Ca me démoralise complètement de retrouver dans un tel état la cuisine que je viens de nettoyer.
- A cause du bruit que vous faites, je n'entends plus rien au téléphone et ça me contrarie."
L'utilisation du "je" change beaucoup de chose : le code est clair !

Se poser la question : "Quels sont mes sentiments réels?"
En employant le message"je" , on est obligé de se mettre à l'écoute de ses sentiments.
Ce qui peut aider  :
1. Faire une liste
2. Inscrire dans un tableau :
  • Une dizaine de comportements de votre enfant qui vous sont généralement inacceptables (1e colonne)
  • chercher en quoi ils entravent pour vous un besoin ou un désir.
  • dans une seconde colonne, à la suite de chacun des comportements, écrire les mots "j'ai peur"
  • dans la 3e colonne écrire les mots qui complètent de façon appropriée la peur suscitée...
3. Chercher le sentiment, l'impression de base (pas besoin de trouver des mots élégants ou le plus précis possible).

Définir ce qui nous rend soucieux ou anxieux ou fâché n'est pas si facile, mais le mettre en mots permet d'ôter à l'enfant le sentiments de culpabilité flou et anxiogène qu'il ressent la plupart du temps lorsque nous disons juste que nous sommes fâchés ou en colère...Thomas Gordon nomme cela le "sentiment premier" : celui qui entraîne nos réactions. En trouvant le sentiment premier, puis en le communiquant, le parent réalise dans la plupart des cas que son propos est en fait d'amener son enfant à changer de conduite : la colère n'a souvent rien à voir...

Emettre un message "je" complet et clair est important :
1.Décrire le comportement inacceptable, 
2. puis exprimer le sentiment premier vécu, 
3. et enfin expliquer l'effet concret et tangible que cela provoque en nous.

En expliquant l'effet concret (le pourquoi) provoqué par leur comportement que nous jugeons inacceptable, nous leur donnons une bonne raison pour renoncer à un comportement qui leur convient. "Ne pas communiquer cela à l'enfant [le pourquoi], c'est le laisser sans raison de changer."

Cela peut amener à des solutions qui se dégagent presque d'elles-même... (voir p137, 138)


Quand les enfants ignorent notre message "je" :

Si "un message "je" est simplement le meilleur moyen (...) pour informer quelqu'un que sa conduite vous fait problème. Il réduit aussi les risques de provoquer chez l'autre personne un sentiment de culpabilité, d'humiliation et de rancune. Mais [ça ne] garantit jamais que l'autre personne va immédiatement, spontanément, modifier son comportement en considération de vos besoins.
Si vous avez communiqué votre sentiment premier et l'effet tangible engendré, il existe d'autres facteurs qui ont une influence sur le succès ou l'échec de votre message :
"Ecoutez-vous quand c'est votre enfant qui a des problèmes?" "Le désir d'aide doit être réciproque. Il ne peut être à sens unique, en tous cas pas pour longtemps. Si vous écoutez bien vos enfants quand ils vivent des problèmes , vous allez augmenter les chances de les voir répondre de façon constructive à vos messages quand c'est vous qui avez le problème."
"L'importance de savoir changer de position et passer à l'écoute active" quand c'est nécessaire. Dans ce cas, l'écoute active va aider à réduire les réactions émotives de l'enfant devant notre tentative de satisfaire nos besoins.
"Les messages de solution ne sont pas des messages "je"" .
Exemple : "Quand la table est encombrée de papiers, je ne peux pas mettre le couvert pour le dîner, et je n'ai pas envie de la débarrasser moi-même." plutôt que "je veux que vous rentriez débarrasser la table" qui est une solution et un ordre... et sera généralement inefficace.
"Le recours au pouvoir et à l'autorité" après un message "je" est totalement inefficace à long terme : cela "équivaut à dire à l'enfant : "J'ai un problème et j'aimerais que tu m'aides, mais si tu ne le fais pas, je t'y forcerai!" Ce n'est pas le genre de message qui fortifie chez l'enfant le désir de prendre en considération les besoins de ses parents, n'est-ce pas?"


Bienfaits des messages "je" pour les parents et la vie familiale

Un père rappelle à sa femme le succès d'un message "je" : "Un soir, tu nous as annoncé que le dîner était prêt, et personne n'est venu. Tu as alors fait un très bon message "je" : "Je suis frustrée, j'ai passé beaucoup de temps à préparer un bon dîner et ça m'embête que tout soit en train de refroidir." C'a été dit si spontanément que ça devait marcher. J'ai observé les enfants : ils ont senti le bien-fondé du message et ils sont arrivés. J'envie cette capacité que tu as d'exprimer des messages "je" aussi bien construits. La plupart du temps, elle fait ça sans même s'en rendre compte."

L'écoute active libère les enfants, le message "je" libère les parents.
Les messages "je" ont aussi un effet de libérateur, en plus d'être le plus souvent efficaces. "Ils aident les parents à exprimer leurs sentiments au lieu de les garder enfermés en eux." 


Nouvelles applications des messages "je" :

Le message "je" aux tout-petits et aux nourrissons a été l'objet d'un article par Mille Bulles pour les VI

Le message "je" d'appréciation peut servir à mettre en relief ce que l'on ressent de positif et pourquoi (toujours les 3 parties) . Un exemple :
"Tu t'habilles toute seule maintenant, j'aime bien car ça nous laisse plus de temps pour bavarder et nous amuser ensemble." Et [Caroline] rayonne.
Le plus dur alors est de ne pas émettre de jugement ni évaluation : les compliments peuvent être perçus comme un contrôle, comme une tentative de "renforcer" leur "bon" comportement.(pour mieux comprendre les nuances, lire pages 171 à 178)

Le message "je" de prévention : on prévient à l'avance.
"Ces messages d'affirmation n'obtiennent naturellement pas toujours le résultat exactement escompté par les parents mais il est infiniement préférable que vos enfants sachent à l'avance ce que vous avez en tête, plutôt que d'attendre que, dans l'ignorance de vos besoins, ils se conduisent de façon inacceptable. Un message "je veux" émis à temps vous évitera dix confrontations."

Comment les messages "je" aident à la résolution des problèmes
"Quand un message "je" échoue à produire un changement immédiat dans un comportement d'enfant, il y a des parents qui abandonnent, déçus, pleins de ressentiment. Ils oublient que les messages "je" ne sont souvent qu'un prélude à la résolution d'un problème ou d'un conflit."
"Quand les messages "je" n'ont pas suffi, les parents doivent partir à la recherche d'une solution jusqu'à ce qu'ils en aient trouvé une qui répondra à leurs besoins comme à ceux de leurs enfants."


Pour conclure cette seconde partie :
"La plupart des parents comprennent vite qu'en apprenant à mieux écouter, ils ont tout à gagner et rien à perdre." Les parents sont aussi très réceptifs au message "je" qui est facile à mettre en place. Reste à aborder la méthode sans perdant proprement dite, ce que nous ferons lors de la 3e et dernière partie, les deux premières techniques étant un préalable nécessaire à la troisième pour que l'ensemble soit authentique, bénéfique et efficace !


Pour aller plus loin en attendant la troisième partie :
ce-que-tous-les-parents-devraient-savoir par Sandrine S CommC aux VI

2 juin 2012

être parent d'ado autrement

L'article de Kiki the Mum m'a interpellé et permis d'écrire enfin cet article qui mijotait sur l'adolescence et son accompagnement... je ne vous propose ici qu'un avant-goût, mais il est déjà intéressant à faire mûrir !

La puberté est une réalité physiologique, l'adolescence est ce qu'on a nommé (ce n'est pas moi qui le dit, mais à ce propos lisez l'article de Kiki the Mum pour les Vendredis Intellos que j'ai mis en lien plus haut)  bien pratiquement pour imposer aux adultes en mutation de ne pas entrer trop vite dans le pouvoir que donne le rôle d'adulte , mais aussi ses responsabilités et ses devoirs... Alors entre droits et devoirs, la limite est compliquée : non, le travail des enfants n'a pas sa place, mais de quel droit interdirait-on aux "jeunes" de prendre des responsabilités : combien créent des associations ou apprennent un métier avec un proche, sans pour autant avoir le respect qui serait accordé dans les mêmes situations à des adultes d'âge plus avancé... Si peu parce qu'on ne leur en donne pas l'occasion, ni même ne leur permet d'en faire naître l'idée bien souvent : ils sont en effet presque toujours l'objet de sarcasmes plus ou moins appuyés, de sourires en coins : " l'âge bête" etc... On oublie trop souvent qu'ils sont en train de se chercher, et qu'en plus ils sont en mutation physiologique, comme on oublie la même chose au sujet de la ménopause et de l'andropause, passés dans le silence et l'oubli bien commodes... et aussi forts semble-t'il (ben oui, je n'ai pas encore "testé" :D ) On mets de cases et puis c'est fini ? Non, toute la vie de l'être humain est une mutation mentale et physique, pour autant faut-il stigmatiser les périodes charnières alors qu'elles sont déjà assez complexes (pas forcément compliquées) à vivre !?
Pour moi, ce qu'on a commodément nommé adolescence est une de ces 2 périodes charnières qui entourent la période "royale" socialement parlant (et aussi au niveau de l'espèce humaine) qu'est la période de reproduction, rien que ça !! Alors quoi, l'adolescent est en pleine demande de reconnaissance sociale et humaine, personnelle, et la société ne lui octroie que peu de droits, beaucoup d'obligations, la famille la première, bien entourée qu'elle est pour ne pas dévier... Eh bien je crois pour l'avoir vu qu'on peut accompagner nos "adolescents" autrement. 

Le livre de Catherine Dumonteil-Kremer "L'adolescence autrement Faire confiance aux ados, faire confiance à la vie!" (éditions Jouvence) est riche pour nous donner confiance en nous et surtout en eux : 
"Lorsque ma dernière fille a dépassé sa dixième année, j'ai senti une forme d'urgence qui m'a poussée à me dépasser. (...) Des questions nouvelles se posaient chaque jour qui engageaient ma responsabilité, l'avenir de mes enfants ! Les limites ont-elles encore du sens à cet âge-là ? Comment maintenir le lien, la communication avec eux ? Comment soutenir leurs apprentissages ? Comment donner une information sur la sexualité ? Quelle attitude adopter face à internet, aux jeux vidéo, aux expériences qu'ils font avec l'alcool, les drogues, etc. ? Et quel accompagnement leur donner pour que leur existence ait du sens? (...)                                Je vous propose un partage d'idées, d'expériences, de connaissances. (...) un grand voyage, qui va vous conduire à l'autonomie, celle de vos enfants mais aussi la vôtre." (extrait de l'introduction)
Et pour avoir vu certains jeunes adultes ayant été accompagnés au moins en partie avec respect de leur personnalité et de leurs besoins, j'espère m'en tirer au moins aussi bien et voir mes enfants devenir aussi équilibrés, rayonnants et pleins de vitalité, de confiance et de volonté... Les aider à non pas trouver leur route (car quand peut-on dire qu'on l'a trouvée pour de bon? Nous la construisons toute notre vie!) mais à la forger par eux-même. Qui peut dire quelle sera la route? Elle a déjà commencé pour une ou deux de mes filles, tout juste entamée, et ne pas se jeter sur eux quand on voit des réactions "typiques d'ados" n'est pas toujours facile, mais continuer à les accompagner en respectant encore plus et de plus en plus leur propre vision du monde (en mutation comme l'est toujours la nôtre d'ailleurs!!) mais sans oublier bien sûr que chaque membre de la famille participe à la vie de cette famille... Chacun des membres d'une famille a ses priorités bien sûr, grandir, jouer et apprendre (souvent les deux à la fois), travailler, rêver, réfléchir, philosopher, créer... mais le plus dur dans tout ça est de rallier tout ce petit monde pour que le quotidien et la maison soient vivables pour tous (rangement, propreté, repas, etc) qui ne sont pas du même rang d'importance pour chacun, mais nécessaires malgré tout... Et qui laissent aussi un peu de temps pour des activités tous ensemble ou par groupes selon les envies... La famille c'est tout ça, et l'adolescence est à mon avis davantage une création de liens qui partent de l'adolescent plutôt qu'un détachement des liens forgés par les parents, cela ne veut pas forcément dire que les liens seront brisés dans le processus ! Ils pourront l'être si nous parents nous oublions que nous avons été dans cette création de nouveaux liens (et de quête de nous-même, mais la quête de soi n'est jamais finie ensuite), ou bien ils seront différents mais tressés de confiance et de respect mutuel si nous réussissons à les écouter et les respecter sans être trop bloqués par notre peur de les voir se faire du mal, qui est somme toute la principale cause de soucis et de discordes durant cette période...

" Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, le voyage fait partie des rituels de passage à l'âge adulte. Il est aussi un moyen d'apprendre à se connaître et à se développer. Les contrées que nous allons traverser [dans ce livre et/ou dans ce que vont vivre nos adolescents], vous les connaissez déjà. Vous vous souviendrez peut-être des paysages que vous avez parourus il y a longtemps. Cette période est tout simplement exaltante.                                                            Energie, enthousiasme, plaisir de découvrir, de prendre des risques, loyauté, joie d'être autonome, ce sont les mots qui me viennent lorsque je regarde certains adolescents. Je rêve d'une société où ils prendraient un grand plaisir à vivre.                                                          Et pourtant, aujourd'hui, un nombre alarmant de jeunes montrent des signes de mal-être. ennui, manque de motivation, tristesse, rupture, confusion, sentiment d'incompréhension, c'est ce dont j'entends le plus parler lorsqu'il est question d'adolescence autour de moi... et c'est aussi ce qui revient dans mes propres souvenirs. Qu'est-ce que je me suis ennuyée! Au collège, je passais presque tout mon temps à regarder ma montre dans l'espoir que le temps passe plus vite. Ma routine de vie était sans intérêt, et vous ? Lorsque vous pensez à cette période, qu'est-ce qui vous revient en mémoire ?                                                                                                   Que pouvons-nous faire pour nos enfants ? Que peuvent-ils nous apprendre? Comment changer notre regard sur l'adolescence ? Comment faire face ensemble aux grands changements que la vie nous réserve ? Comment les aider à vivre dans un monde en pleine mutation qui a bien plus besoin de solidarité que de compétition?                                                                                                                  Toutes ces questions sont encore pour nous des opportunités de croissance personnelles à saisir à pleines mains!                                                                                                       Êtes-vous prêts à m'accompagner ? N'oubliez pas votre sens de l'humour, vous pourriez en avoir grand besoin !" (extrait de l'introduction)

C'était ma contribution de la semaine aux Vendredis Intellos ;)